CHAPITRE PREMIER
Analyse du compte et des pièces qui l’accompagnent
Un compte peut être établi de deux manières différentes; on peut grouper les recettes et les dépenses effectuées, pour le recouvrement des produits ou pour l’acquittement de charges d’un budget pendant la période ouverte pour l’exécution des services : le compte est alors dressé par «exercice». Si, au contraire, on y rassemble les opérations matérielles effectuées pendant un laps de temps déterminé, pour exécution du budget ou pour le fonctionnement des services de trésorerie, on le présente par «gestion».
L'exercice relate la situation vraie d’un budget déterminé; il le personnalise en le considérant dans ses charges et ses droits. Mais il peut prêter à de
fausses imputations; les opérations de plusieurs
exercices sont, en effet, susceptibles d’être effectuées à une même époque puisqu'elles sont caractérisées, non par la date où elles ont lieu, mais par la date de la naissance de la dette ou de la créance qu’elles concernent; ces erreurs possibles dénaturent la physionomie des services que l'exercice se propose au contraire de présenter avec une rigoureuse exactitude.
En outre, le système entraîne des retards dans l'établissement des comptes; ceux-ci ne peuvent en effet être dressés qu'après l’achèvement complet de toutes les opérations dépendant du budget; aussi a-t-on décidé qu'après certaines dates, les recettes et dépenses appartenant par leur origine à un exercice déterminé cesseraient d'y être affectées pour appartenir à l’exercice en cours; Œn dit alors que l'exercice est clos; la période qui s’étend de la fin de l’année à la clôture de l’exercice, est dite période complémentaire. La fixation de date pour la clôture des exercices réduit sensiblement les inconvénients pouvant résulter du chevauchement des exercices. Les ordonnateurs dressent leurs comptes par exercice, car il importe avant toutes choses, qu'ils présentent la situation d'ensemble de leurs services personnalisés.
Le système de la gestion convient, au contraire, mieux aux comptables; ceux-ci ont, en effet, une caisse qu'ils doivent faire concorder avec leurs écritures; ce rapprochement n’est possible que si tous les services
dont ils sont chargés sont arrêtés à une même date
sans chevauchement d’exercice. De plus, leur responsabilité à forme pécuniaire, implique qu’en cas de mutation, le comptable entrant et le comptable sortant rendent compte des recettes et des dépenses qu'ils ont respectivement effectuées; l'exercice ne se prête pas à une telle séparation. La gestion, au contraire, est réduite aisément à la durée où le comptable
est resté titulaire de son emploi.