‹ Le Recueil littéraire (volume 2)Chapitre 39 sur 100 · DEUX CHASSEURS DÉVORÉS PAR DES OURS DETAILS COMPLETS · texte numérisé non relu

DEUX CHASSEURS DÉVORÉS PAR DES OURS DETAILS COMPLETS

On nous informe qu'un nommé Alfred Lavoie, âgé de 40 ans, demeurant à l'Orignal, PO., était parti ces jours derniers pour la chasse en compagnie d'un de ses fils, Adélard, âgé de 12 ans; comme i'.s ne devaient s'absenter que pour deux jours et que la troisième journée s'était écoulée sans qu'ils fussent de retour, des cultivateurs ses voisins, s'émurent de cette disparition qui leur semblait étrange, vu les habitudes régulières de Lavoie, et organisèrent des partis de recherches pour faire des battues dans les endroits du bois où l'on supposait que les malheureux avaient pu passer.

Enfin mercredi dernier, on a retrouvé les restes des cadavres des deux infortunés en partie dévorés par les fauves.

Le sol aux alentours paraissait fortement piétiné et de nombreuses traces d'ours s'y remarquaient, tout indiquait qu'une lutte terrible avait dû s'engager.

Les deux cadavres se trouvaient à une distance de 8 pieds l'un de l'autre.

Non loin de là on a retrouvé le fusil brisé de Lavoie, quant au reste de l'équipement des chasseurs, il avait disparu.

Comme cette partie du bois est infesté par les ours, on suppose que c'est en se défendant contre eux que les malheureuses victimes ont trouvé la mort.

Le défunt, M. Lavoie, cultivateur aisé, était très aimé et estimé de tous. Il laisse une femme et quatre enfants, dans la plus profonde désolation.

La population est péniblement impressionnée de ce double malheur.

Une enquête doit avoir lieu sur cette triste et déplorable affaire.

C'était pas plus malin que ça.

Le lundi tous les journaux, comme c'est l'habilade, quand un confrère a une primeur, copièrent le récit litiéralement. Il tit le tour de la presse. C'est pourquoi je ne doute pas que vous l'aviez déjà lu. Le plus comique, c'est qu'un journal hebdomadaire publié à quatre ou cinq lieues de l'endroit mentionné, goba la chose comme les autres et publia le tout.

Depuis lors, j'ai bien souvent tué

En guerre n'est-ce pas, on s'est habitué !

Aujourd'hui je ne suis plus reporter et je lis très rarement les nouvelles a sensation. Je suis blasé.

Edouard de Saint-Luc.

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