SCULPTURE
La sculpture, née de l'architecture, a le même but sinon la même apparence ; s'attachant spécialement à la forme individuelle, elle imite le corps humain dans ses plus nobles contours, dans ses poses les plus vraies et les plus naturelles. Le sculpteur comme l'architecte doit donner à son ouvrage l'expression sensible de sentiments quelconques, selon la nature et la grandeur du sujet il peut rendre la douceur, la tendresse, l'amour, la terreur, le dédain, la grandeur, la puissance et la sublimité et tout cela, avec une force et une sûreté de ciseau et une poésie des plus frémissantes.
Le siècle de Louis XIV a produit, dans cet art divin, plusieurs génies dont les sublimes ouvrages font de nos jours encore l'admiration de tous. Les sculpteurs de ce temps glorieux furent en même temps des architectes distingués ou au moins, coopèrent ensemble à la construction de ces palais immenses, dus à la munificence du grand roi.
Sarrazin, Pujet, Girardon et bien d'autres donnèrent de véritables chefs-d'œuvre.
Le premier, après avoir étudié à Rome et visité les principales villes de l'Europe travailla sans relâche aux églises de Paris. •
On admirait dans ses oeuvres une grande originalité et une véritable finesse de ciseau. Son chef-d'œuvre est le groupe célèbre de Romulus et Rémus, situés dans les jardins immenses et somptueux de Versailles.
Girardon, né en 1630, eût plus de réputation que le précédent. Possédant à un très haut degré le génie de son art, ce fameux sculpteur, donna dans l'ornementation des maisons royales, la preuve la plus éclatante de la grandeur de son talent.
Le tombeau du cardinal de Richelieu, à la Sorbonne, est un chefd'œuvre du genre ; grand et sublime dans son ensemble, il a suffit pour immortaliser son auteur.
Girardon fit encore quelques morceaux de sculpture, justement admirés, pour les bains d'Apollon, de Versailles.
Pujet, le plus remarquable sculpteur du XVIIe siècle, naquit en 1622. Il fut à la fois peintre, sculpteur et architecte. Encore adolescent, il construisit une galerie, montrant ainsi de bonne heure d'heureuses dispositions pour l'architecture ; mais pour des raisons de santé il se livra à la sculpture et partit pour Rome, la patrie des artistes.
Génie brillant et facile, il étonna tout le monde de ses belles pro-
ductions. Mandé à Gênes par le duc de Mantoue, il fit pour ce haut personnage, ce bas-relief de l'Assomption, qui eût alors un grand retentissement, comme ouvrage des plus parfaits.
Cependant ses deux principaux chefs-d'œuvre furent les groupes de Milan de Crotone, de Persée et d'Andromède, qu'on admire dans les galeries du Louvre.
« Ses morceaux de sculpture, dit Feller, pourraient être comparés à ceux de l'antiquité, pour le grand goût et la correction du dessin, pour la noblesse et l'expression de ses caractères, pour la beauté de ses idées et l'heureuse fécondité de son génie. »
Il mourut en 1695.
(à suivre) Paul Durand.
SOUVENIR DE FÊTE (i]