A UNE AMIE
Ce soir là, vous savez, c'était fête au village.
Nous dansions tous les deux... Vous aviez prés du cœur
Une rose nouvelle ornant votre corsage ;
Je l'ai prise et j'écris : Merci pour votre fleur !...
Elle est auprès de moi, je la respire encore... J'appelle son parfum le parfum des amours... Et me parlant de vous, la rose de l'aurore Tendrement me rappelle un de mes plus beaux jours !...
Elle disait tout bas : (i Je suis à peine éclose,
« Oh ! ne m'effeuille pas ! Ne me fais pas mourir !
« Et je serai bien plus qu'une modeste rose,
(( Car je serai pour toi la fleur d'un souvenir !... »
C'est pourquoi fraîche encore, encore toute blanche, Je veux la conserver, la conserver longtemps ; Celle qui la portait était une pervenche, Elle était le bonheur, elle était le printemps...
Ce soir là, vous savez, c'était fête au village,
Nous dansions tous les deux... Vous aviez prés du cœur
Une rose nouvelle ornant votre corsage ;
Je l'ai prise et j'écris : Merci pour votre fleur !...
Victor Compas.
(1) Extrait de Feuilles Mortes 1 — Ce volume est en vente chez l'auteur à Moutty- St-Pierre (Ardennes) France, ou aux AwimUs Gauloises, 17 rue du Commandeur, Paris. Prix. 3 francs. •