‹ Le réflexe cutané plantaire dans la première enfance: Ses complexités et ses mutationsChapitre 16 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Technique.

Nos recherches ont été faites sur un ensemble de 450 enfants, 50 d'entre eux ant été suivis pendant plusieurs mois. Au cours des 2 années que nous y avons consacrées, notre technique s'est peu à peu précisée et simplifiée. Soyé, après d’autres, écrit qu’ a fait table rase d’un assez grand nombre de documents recueillis au cours de ses premières observations, alors que sa technique était encore incertaine, Nous avons nousmême laissé de côté les résultats relatés dans une centaine de nos premières fiches.

Nos études ne se sont pas étendues sur les nouveaunés, les formes de flexion qui répondent habituellement chez ceux-ci à l’excitation plantaire ayant une signification toute particulière.

G Intégrées dans nos statistiques, elles auraient inutilement augmenté le nombre des réactions étiquetées flexions risquant ainsi d'en fausser le sens.

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Nous n'avons pas utilisé d'enfants endormis, les réaclions d'extension s’observant au cours du sommeil jusqu'à un âge plus élevé; et, au point de vue utilitaire, provoquées dans ces conditions elles n'auraient plus été comparables aux réflexes obtenus au cours d'un examen clinique, qui, pratiquement, se réalise toujours sur un enfant éveillé.

En raison de la difficulté de l'examen chez les petits enfants, 1] nous a semblé utile de l'accomplir, non seulement par des manœuvres toujours identiques, mais encore dans les mêmes conditions générales d’observaon. k

C'est ainsi que nous ont paru revêtir une certaine Importance quelques facteurs qui concourrent à exalter ou atténuer l'agitation des nourrissons.

Les journées chaudes, le vent du‘Midi se sont montrés à ce point de vue particulièrement défavorables : les mouvements incessants des membres délangés rendant alors les manœuvres presque Impraticables. C’est pour des raisons du même ordre, qu'il nous à paru préférable d'examiner les enfants peu de temps après leur repas. dans une pièce de température moyenne (20°).

À la clinique de la rue Flachet, les enfants à leur entrée séjournaient dans une pièce lièCe, y prenaient généralement leur repas, arrivaient les membres inférieurs complètement délangés, calmes, et réchauftés, dans des conditions idéales ; ils étaient alors étendus précautionneusement sur une table « en évitant les heurts et les cris » et éventuellement munis d'un jouet.

La position oplima que Déjerme et Thomas conseillent de donner aux membres inférieurs, c’est-à-dire : sujet

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couché sur le dos, jambe légèrement fléchie sur la cuisse (relâchement musculaire), membre inférieur «en rotation interne, ne fut pas loujours intégralement réalisable chez ces enfants, Celle qu'indiquent Boveri, Guillain «et Barré et qui favoriserait au maximum l'apparition du signe de Babinski : position ventrale, pied et jambe fléchis, füt plus difficile encore à faire adopter aux nourrisSOns sans provoquer l'agitation et les cris. Pour Mlle Lotta Wolf, 11 faut toucher les jambes le moins possible avant et pendant l'examen et noter seulement, suivant l'avis de Babinski, la réaction à la première excitation. Nous avons eu la preuve, par des séries comparées, qu'il n'y avait pas d'inconvénient à soutenir sans la serrer la jambe de l'enfant avec la main ouverte placée en arrière de la région malléolaire ; cette précaution, qui peut faciliter d'ailleurs l'examen d'un clinicien non exercé, limite le retrait en triple flexion qui peut être l'origme de mouvements incessants. Nous crovons aussi, et nous justifierons cette opinion en commentant nos observations, que l'on peut répéter 2 ou 3 fois la stimulation si la première n'a pas déterminé de réponse caractéristique. Les phases d'immobilité du pied de l'enfant délangé sont en effet assez éphémères; de plus, un mouvement athétosiforme s'’amorce parfois au moment même où l’on déclanche le frottement et l'aspect de la réponse peut en être altéré.

INSTRUMENT EMPLOYÉ Divers instruments ont été employés : manche d'un porte-plume, tête en verre d'une épingle, ongle du doigt, poinçon, etc. ; c'est le poinçon passe-atlache, en os, que

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nous avons adopté, l'utilisation au choix de sa tête arrondie ou de sa pointe légèrement émoussée nous a toujours permis d'éviter les cris.

MM. Waggoner el Fergusson avaient mis au point un instrument perfectionné, essentiellement formé d'une lame de ressort, qui, grâce à un bloc de cire, laissait sa trace sur le pied, marquant la zone exacte où avait porté la stimulation, Monté sur un manche curseur, ils pouvaient à volonté intensifier la tension et par conséquent la pression qu'ils désiraïent obtenir pendant l'appui sur la plante du pied ; la puissance du stimulus était ainsi graduée, Nous relevons, parmi les conclusions de ces auteurs, que l'extension du gros orteil était habituellement obtenue chez les enfants en bas âge (1-2-3 mois) par la stimulation la plus faible et que, au contraire, une stimulation plus intense augmentait de beaucoup la proportion des flexions. Ainsi était démontrée la laison entre la force d'excitation et la forme de la réponse. D'autre part, 4 zones réflexogènes (4 quadrants antéro-interne el externe, postéro-interne et externe) furent sollicitées : la proportion relative des réponses en flexion et extension resta à peu près la même dans chacune d'elles, Nos propres recherches nous ont apporté la preuve que l’intensité de l'appui pendant la fricion avail en effet une grande importance. Mais à notre sens, alors que chez certains enfants, 1l faut des stimuli lort différents pour appeler un réflexe d'extension ou, au contraire, un réflexe préhensif, 1l suffit, chez d’autres, de quelque modification du trajet du frottement, d'un appui plus où moins Intense, plus ou moins fugace, au

passage dans la région médio-plantaire, pour « réali-

ser » lour à tour les 2 formes opposées, Chaque manœuvre de friction de la plante du pied met en œuvre dans sa grossièreté une telle sommation d’excitations que 2 stimulations successives (étude de Marinesco, Radovici, Ranascu) ne représentent peut-être pas, même à graduation égale, des « totaux » comparables ; il nous semble que seule l'épreuve expérimentale peut déceler chez un enfant donné la zone réflexogène optima, la durée et l'intensité de l'appui qu'il faut employer, la ligne du trajet qu'il faut parcourir pour obtenir au choix un réflexe en griffe, en flexion préhensive, ou une réaction type Babinski.

En d’autres termes le réglage de l'instrument de Waggoner et Fergusson, malgré le souci de précision qui a inspiré son emploi, reste, nous semble-t-il, encore trop sommaire pour distinguer, dans tous les cas, «entre les diverses modalités d’excitations, subtilement variées, celles qui donnent sélectivement naissance aux réflexes « de Babinski » d'une part, aux réflexes « en griffe » d'autre part. Les 2 figures schématiques ci-contre montrent les 2 types de manœuvres qui nous ont paru les plus propres à évoquer l’un ou l’autre de ces réflexes. Nous avons donc, de préférence, utilisé dans la recherche du réflexe plantaire la tête mousse du poinçon passeattache dans un frottement léger de la région contiguë au bord externe du pied, depuis le talon jusqu'à la base du petit orteil : la jambe de l'enfant soutenu au-dessous des malléoles par la main ouverte.

Nous avons, au contraire, utilisé les 2 côtés du poincon pour mettre en évidence le réflexe en grifle par une friction plus appuyée, suivant une ligne qui par-

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tant du bord externe du pied, au point ci-contre indiqué, s'arrêtait au milieu de la zone plantaire où s’accentuait la pression (1).

Quant au réflexe de préhension (suivant le terme de Galant), nous l'avons déclenché par 2 procédés de stimulation :

1° La manœuvre classique : « Lorsque l'observateur place transversalement son index sur la plante du pied du nourrisson, celui-ci amorce un mouvement de flexion très fort comme s'il voulait entourer le doigt avec son orteil » (Galant).

2° En pressant la plante du pied en son milieu, avec la tête arrondie du poinçon.

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