‹ Le réflexe cutané plantaire dans la première enfance: Ses complexités et ses mutationsChapitre 28 sur 32 · MES · texte numérisé non relu

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Ces facteurs de variation, en effet, furent connus et, cependant, ce sont les ouvrages les plus récents, d’auteurs avertis qui s’écartent le plus par leurs résultats et leurs interprétations des acquisitions classiquement validées.

Par contre, les causes de divergences essentielles nous ont paru résider dans la diversité des stimulations employées et plus encore dans la valeur grande ou faible qui fut arbitrairement accordée aux formes de flexion. On a insisté beaucoup sur l'importance des zones réilexogènes sollicitées (Marinesco, Dejerine et Thomas, Warkom), sur l'intérêt d'une pression graduée (Van Warkom, Marinesco, — seuils électriques de Barré et Morin). à

MM. Wagooner et Fergusson ont essayé de déterminer avec précision, à ce point de vue, l'intensité de l'appui, la localisation et la longueur du trajet de frottement les plus aptes à provoquer l'apparition d’un type donné de réponse. Nous avons longuement commenté leurs conclusions au chapitre Technique. Chacun de ces éléments de la stimulation (longueur du trajet, intensité, localisation de l'excitation) intervient dans chaque cas particulier pour une proportion « indosable ».

Nous croyons, avec M. Tournay, qu'il est presque toujours possible de faire naître chez les enfants de moins de 6 mois un réflexe de Babinski par l'excitation adéquate, mais nous croyons aussi que les expériences répétées donnent seules, pour chaque cas, la mesure de celle excitation.

Il est asse2 souvent possible de provoquer chez les mêmes enfants par un stimulus peu différent, précisé

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après lâlonnement, une réponse en flexion. Ces considérations incitent à penser que les divers auteurs, ayant mis en œuvre, par des stimulalions peu comparables, des « sommes » d’excitations inégales, ont pu appeler tour à tour des réponses opposées, et que les formes

de flexion furent validées par les uns et discréditées par les autres, selon leur « sens individuél » (Boyé).

Dans les travaux modernes, c'est là, croyons-nous, la cause essentielle des interprétations divergentes.

Les nombreux mouvements réflexes «atypiques » du nourrisson observés à côté des types extensifs ou préhensifs.

La signification qu'on leur donne.

Dans la période immédiatement post-natale, les sens de l'enfant parachèvent rapidement leur développement: leur étude — par exemple l'étude des mouvements réactionnels associés des paupières, des globes oculaires, des sourcils lorsque l'œil reçoit un choc lumineux — établit que, dès les premières semaines, fonctionnent chez lui des arcs réflexes de fonctions diverses mais déjà coordonnées (d'après Preyer, Ame de l'enfant).

Mais cette coordination, qui se traduit aussi dans le jeu réflexe des membres, est régionale si l'on peut dire ; les liaisons « contrôlées » des divers centres élagés ne sont pas encore assurées, el, à ce point de vue, les résultats des recherches faites sur la psychogénèse du nourrisson, sur les établissements parallèles de ses réactions d'attention (Tournay, Preyer) et de sa flexion plantaire offrent un grand intérêt. D'autre part, 1! est évident que, au-dessous de 5 mois, l'enfant présente non seulement une inefficience des liaisons cortico-médullaires à peine ébauchées, mais aussi un développement insulfisant des centres et des voies qui assureront son équilibre

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et sa statique — et surtout du système opto-strié qui, en rapport étroit avec le cervelet, apparaît dans les travaux anatomiques, physiologiques et neurologiques modernes comme « le sommet, le couronnement sous-cortical d’un arc réflexe compliqué qui intervient dans la production des mouvements automatiques et associés élémentaires. dans l'adaptation de certaines variétés de tonus musculaire à la fonction statique du muscle » (Testut, Latarjet).

A côté des réactions en « Babinski physiologique », de la spasticité (qui n'a pas absolument la même répartition que chez le Pyramidal), des réflexes de défense, des syncinésies, elc., tous signes pyramidaux, de nombreux phénomènes ont été décrits chez l'enfant auxquels on à attribué une valeur de symptômes extrapyramidaux : les éventails à lent déploiement, l'aspect atypique, athétosique de certaines extensions du gros orteil, les troubles réactionnels analogues observés à la main (signes de Souques, de Klhippel-Veil), les hyperextensions spontanées du gros orteil (1), le mécanisme encore impuissant ou d'action dysharmonieuse des réflexes d’attitude (réflexes de la tête sur le corps, en particulier Bychowski), le signe de Poussep si souvent observé chez le nourrisson, etc. constituent un ensemble de

(1) L'extension spontanée du gros orteil chez les nourrissons a été très bien observée par les peintres et les statuaires.

Laurent et Mille Rosenblum citent, dans leurs thèses, de nombreuses œuvres d'artistes où ce phénomène a été nettement mis en évidence. En particulier :

L'Adoration des Rois Mages (panneau de bois de la Cathédrale de Burgos) ;

La Vierge au Voile, de Raffuel (Louvre) ;

Le tableau: « Vierge et Enfant », de Gérard David (Bruges).

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