Technique du Réflexe
La recherche du Réflexe naso-oculaire semble à première vue des plus simples. En fait, lorsqu'on veut mettre en pratique la technique généralement suivie, on s’aperçoit qu'il est de toute nécessité, si l’on veut que les résutlats ne soient pas entachés d’erreur, d’exiger du patient beaucoup de calme et de soi-même une certaine habileté et surtout beaucoup de méthode et de précision. Il serait donc nécessaire, pour qu’il y ait accord entre les auteurs et possibilité de comparer les résultats obtenus, de fixer une technique bien définie. Malheureusement, le réflexe n’est pas encore suffisamment au point pour qu’on puisse s’arrêter à une méthode définitive.
Nous commencerons par décrire la technique suivie par la plupart des auteurs, en signalant certaines modalités et nous terminerons par l’exposé de la mé-
thode suivie dans le Service du Professeur ROLLET, telle qu’elle a été préconisée par MM. SARGNON, CoL- RAT et MOUNIER-KUBN.
En 1916, P. Emire-WEIL procède de la façon suivante : Le malade est couché sur le dos, regardant un point fixe au plafond. Après lavoir averti pour le mettre en confiance, on observe d’abord la coloration de la face et l’état des pupilles, l'éclairage étant égal des deux côtés, puis on prend son pouls à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’on obtienne un nombre de pulsations constant. C’est alors seulement qu’on opère : on pousse un tampon d’ouate monté sur un stylet jusqu’au méat supérieur, d’abord dans la narine droite, puis, après quelques minutes de repos, dans la narine gauche. Immédiatement après chaque opération. le pouls est compté et l’on note du côté examiné, l'étendue et le degré de la congestion, l'abondance des larmes et la rapidité de production du phénomène et l’état des pupilles (mydriase, myosis ou hippus).
Les Rhinologistes, qui ont repris le réflexe, ont complété cette technique en y ajoutant certains détails permettant d'obtenir des phénomènes plus rapides et plus intenses, et, par conséquent, plus visibles. Le simple tampon d’ouate a été remplacé par le tampon imbibé d’un liquide excitant (HALPHEN), alcool, éther et surtout mélange de Bonaïin. MucK, de son côté, a employé la technique précédente modifiée et l’a exposée dans son travail. Il fait précéder la recherche du Réflexe par une adrénalisation répétée de la pituitaire. Lorsque le cornet inférieur est ischémié par l’adrénaline, on touche légèrement la tête de ce cornet avec
BEN + Ne
le stylet porte-coton. Normalement, au bout de quelques minutes, la partie touchée se colore : coloration légère, qui disparaît assez rapidement. Si le sujet a des réflexes exagérés (asthme, rhume des foins, céphalée nasale, ete.), des mouchetures rouge vif apparaissent sur le fond ischémié et persistent plusieurs minutes. Puis, lorsque l’action de l’adrénaline a disparu, il persiste des taches blanchâtres aux points touchés par la sonde.
Enfin, dans la clinique du Professeur ROLLET, plusieurs procédés ont été utilisés en vue de recherches différentes. Voici, d’ailleurs, les détails techniques donnés par SARGNON, COLRAT et MOUNIER-KUHN, dans leur communication au Congrès d'O.-R.-L. de 1926.
« Dans la première série de cas, la recherche du réflexe naso-facial a été effectuée de la façon la plus simple, en vue seulement de noter les réactions élémentaires qui se produisaient (larmoiement, congestion conjonctivale, vaso-dilatation des téguments de la face). Le sujet était assis en plein jour et l’on introduisait dans la fosse nasale un petit tampon, monté imbibé d’adrénaline, jusqu’à ce qu'il fut au contact de la partie postérieure du cornet moyen où on le laissait 2 à 3 secondes (cas 1 à 4).
« Dans une deuxième série, nous avons introduit la recherche de la tension artérielle rétinienne : Les sujets recevaient dans l’œil droit (le réflexe a, pour simplifier, toujours été recherché du côté droit), deux gouttes d’holocaïne. On prenait leur tension oculaire avec le tonomètre de BAILLART; puis, dans la chambre
noire, leur tension artérielle rétinienne (appareil de BaizLaRT, courbes de BaILLART et DUVERGER) ; dans un deuxième temps, le réflexe naso-facial était recherché en plein jour, le malade étant couché, et l’on notait, en outre, les modifications du pouls; enfin, en troisième lieu, une deuxième mensuration de la tension artérielle rétinienne était à nouveau effectuée dans la chambre noire (cas 5, 6 et 7).
« Troisième série. — Mais le fait que les modifications cardiaques étaient. de peu de durée et, d'autre part, la remarque faite par FRANçois-FRANCK lui-même : (« La moindre irritation nasale provoque, sans vaso-constriction préalable, appréciable au bout de 8 à 12 secondes, un magnifique phénomène de dilatation, qui va croissant 10 secondes environ, s’atténue rapidement, et est rémplacé pendant 35 à 40 secondes par un resserrement actif »), que toutes les réactions obtenues étaient très brèves, nous ont incités à condenser en une seule phase, et dans la chambre noire, toutes les manœuvres. Les sujets étendus, on mesurait leur tension artérielle rétinienne; le tampon était introduit dans le nez pendant 2 à 3 secondes, et, 45 à 50 secondes après, la deuxième recherche de la tension rétinienne était effectuée (cas 8 à 14).
« Quatrième série. — Cette solution ne nous a pas encore paru satisfaisante, car on sait que la recherche de la tension rétinienne est délicate et demande un certain laps de temps; aussi avons-nous essayé d’apercevoir une modification dans le calibre des vaisseaux rétiniens (cas 15 à 17). En outre, pour ces trois derniers cas, le tampon intra-nasal, au lieu d’être