‹ Le Réflexe Naso-oculaire: Contribution à l'étude du Réflexe naso-facio-oculaireChapitre 25 sur 30 · SAC ES · texte numérisé non relu

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laissé en place deux ou trois secondes seulement, l’a été 10 secondes.

« Enfin, dans une cinquième série, les sujets étant toujours couchés et dans la chambre noire, le tampon a été mis au contact de la tête du cornet moyen pendant 10 secondes (cas 18 à 21).

« Quoi qu’il en soit, malgré ces efforts vers une technique plus précise, nos résultats expérimentaux, ne nous ont pas permis, jusqu’à maintenant, de formuler des conclusions nettes. »

2. — Le Réflexe naso-facio-oculaire en tant que test fonctionnel du Système neuro-végétatif.

Sa valeur thérapeutique et pronostique.

Dans un précédent chapitre, nous avons décrit ce que SLUDER appelle le Syndrome Sphéno-palatin, et nous nous sommes rangé à l’avis de nombreux rhinologistes qui avaient des raisons suffisantes pour contester cette dénomination impropre et rapporter à une autre origine les troubles que cet auteur avait décrits. Mais, le Ganglion sphéno-palatin ne pouvant jouer le rôle qu’on lui a prêté, il est incontestable que le Sympathique, pris dans son sens général, doit être considéré comme l’auteur principal de ces troubles, lorsqu'une irritation d'ordre quelconque vient rompre ce que les auteurs appellent fréquemment l’équilibre neuro-végétatif. Le Trijumeau et le Facial sont

également responsables dans certains cas. Les divi-

Cire

sions anatomiques du système sympathique n'étant que des divisions d’ordre pratique, il faut bien reconnaître que les appellations de Sympathique abdominal, thoracique, cervical, céphalique, et peut-être aussi para-sympathique n’excluent pas l’idée d’une solidarité étroite de ces différents segments. C’est ainsi qu’une action irritative ou autre intéressant l’un des segments du Sympathique pourra avoir, à distance, sa répercussion sur certains des autres. On conçoit très bien, par conséquent, qu’une épine irritative entrant en contact avec des éléments, soit du Sympathique nasal, soit du Trijumeau, soit du Facial, déclanche une véritable crise qu'HALPHEN appelle crise sympathique et qui n’est autre qu’un réflexe naso-facial d'intensité assez forte pour provoquer un malaise général. Quelle serait cette épine irritative ? Peut-être une lésion locale mécanique, peut-être une infection

locale.

1° Lésion locale mécanique

Etroitesse spéciale de la partie haute de la filière nasale, malformation du septum ou du cornet moyen, cloison déviée, éperon, saillie bulleuse du cornet, etc., étroitesse du nez donnant lieu à des névralgies guéries par élargissement et catéthérisme du canal nasofrontal et que SLUDER appelait : Syndrome du vacuum sinus; mauvaise aération du carrefour ethmoido-sphénoïdal entraînant une rétention muco-purulente avec réaction sur le Sympathique. Ex. : Jeune homme de 20 ans, qui, à la suite d’un coryza banal vit apparaître simultanément une névrite rétro-bulbaire,

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un coryza spasmodique et une névralgie du Trijumeau, névrite rétro-bulbaire due plus à la compression du cornet qu’à l'infection du sinus sphénoïdal (SARGNON. Observations de névrite rétro-bulbaire modifiée par une thérapeutique locale). CABOCHE a observé des cas analogues.

2° Infection locale

Coryza, sinusite, infection latente du cornet moyen, traduite par la présence d’un petit myxome, etc. Comme type du genre, rappelons l’observation d’un malade examiné par HALPHEN : Un homme âgé de 35 ans souffre d’une douleur péri-orbitaire violente. Céphalée tellement intense que le malade, étendu sur son lit, les yeux clos, ne peut faire un mouvement, céphalée non seulement péri-orbitaire, mais également postérieure, occipitale. Il y a en outre faciès vultueux, œil droit injecté et larmoiement, pituitaire du même côté fortement congestionnée et laissant s’écouler un liquide aqueux très abondant. L’anesthésie à la cocaïne et au Bonain est immédiatement pratiquée. Instantanément, disparition de la douleur péri-orbitaire et de l'écoulement: véritable état euphorique. Douze heures après, la douleur est légèrement revenue, mais différente : pulsative et frontale. Ecoulement cette fois purulent. Diagnostic de sinusite frontale guérissant au bout de trois semaines. « Il est aisé, dit Har- PHEN, de faire le départ entre l’algie sympathique du début, avec écoulement hydrorrhéique, et la douleur

sinusale avec écoulement purulent retardé : l’infec-

rs

tion avait déterminé une irritation sphéno-palatine. »

Il est également question d'infection dans un mémoire sur la chirurgie endonasale de certaines algies faciales (Archives Intern. de Laryng., 1925, n° 7) publié par MM. SARGNON et BERTEIN qui disent, au sujet des névralgies rhinogènes : « Il s’agit dans certains cas de lésions inflammatoires portant habituellement sur les cavités diverticulaires et plus précisément au niveau du carrefour ethmoïdo-sphénoïdal. »

Peut-être devrions-nous ajouter, avec HALPHEN, aux deux causes d’irritation précitées : lésion locale mécanique et infection locale, un troisième facteur assez mal connu, que la médecine cache derrière des mots pour dissimuler son ignorance ; il s’agit de ce qu’on appelle communément : « terrain diathésique » dont une des modalités n’est autre que le « terrain sympathicotonique » de HEPPINGER et HEss. Signalons simplement que les malades qui en sont affligés ressentent des souffrances et des angoisses en disproportion avec l’importance des troubles révélés par l’examen clinique. Ce sont, en effet, « des anxieux, des mélancoliques, préoccupés de leur état et qui ont nettement un équilibre neuro-végétatif détruit. » (HAL- PHEN). |

En ce qui concerne le Facial, une des meilleures preuves de sa participation aux troubles neuro-végétatifs nous est fournie par les observations rapportées par P. E. WEiL à la Société de Biologie, le 3 juin 1918. Il signale ce fait capital : à savoir que le réflexe, inexistant dans les paralysies faciales périphériques, persiste, au contraire, dans les paralysies faciales cen-

trales. Ce fait ne doit pas nous étonner: n’avons-nous pas vu, en effet, que le FACIAL envoie au Ganglion sphéno-palatin, par le nerf Vidien, un filet qui constitue une des voies centrifuges du réflexe naso-oculaire. |

Quant au Trijumeau, son réseau est suffisamment étendu pour qu’au moins dans certains cas d’affections nasales, une de ses mailles puisse être irritée par l’un ou l’autre des facteurs que nous avons décrits.

Etant donnée la nature du substratum anatomique du Réflexe naso-facial il semble, à priori, que ce réflexe puisse, comme nous l’avons dit, extérioriser en quelque sorte des affections plus ou moins éloignées mais en rapport cependant avec lui grâce aux connexions nerveuses existant entre le Système Sympathique cranien et tout le reste du Sympathique d’une part, et le Vague d’autre part. La communication faite à la Société de Biologie, en 1922, par P. EmIre-WEIr, est un appui à cet argument : « L’action du réflexe naso-facial sur les pupilles est digne d’intérêt, dit-il. Provoquant une mydriase comme le fait le pincement de la peau (phénomènes de SCHIFF), il met en jeu le Grand Sympathique et premet donc de juger de l’état physiologique de ce système nerveux. De plus, par la mise en évidence d’une inégalité pupillaire latente, le réflexe naso-facial pefmet de remonter à la cause de cette anisocorie due, le plus souvent, en ‘dehors de la Syphilis, à une affection pleuro-pulmonaire. En effet, dans les tuberculoses pulmonaires uni-latérales, dans la pneumonie, le réflexe naso-facial nous a mon-

tré, avec une grande fréquence, un inégalité pupillaire dont la valeur diagnostique est des plus impor-. tante, surtout pour la recherche d’une lésion tuberculeuse discrète du sommet. Cette épreuve est plus simple et plus rapide que la recherche de la mydriase provoquée par l’Atropine et la Cocaïne et donne, en outre, des renseignements sur le Système sympathique, dont il enrichit la séméiologie si pauvre. » Il y aura donc une sorte de parallélisme entre l'intensité du réflexe naso-facial et l’état d’excitation plus ou moins vive de l’appareil nerveux; et le réflexe, suivant son degré d'intensité, faible, moyen ou fort (HAL- PHEN), sera pour le médecin une indication pronostique et thérapeutique.

Certains cas d’ozènes et de Coryzas spasmodiques offrent, à l'appui de ces considérations, un exemple frappant. On sait que l’Ozène est une maladie nasale, à troubles essentiellement trophiques et qu’il peut débuter d’une façon aussi bien accidentelle que spontanée, comme ce fut le cas chez un blessé par projectile présenté par Worms et REVERCHON. Le projectile était venu effleurer l’arrière-fond de la fosse ptérygomaxillaire, embrochant la queue du cornet moyen dans le voisinage du Ganglion de Meckel. Or, au début, le malade se plaignait de simple obstruction nasale; peu après, vint se greffer un Coryza spasmodique, et à la longue, l'écoulement devenant peu à peu croûteux, malodorant, un Ozène typique, -unilatéral : fut la conséquence de cette blessure. Ce fait, vraiment caractéristique, et plusieurs autres du même genre, font dire à HALPHEN que l’atrophie des cornets serait

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souvent due à la paralysie des fibres sympathiques, hypothèse qui permettrait de rapprocher ce fait clinique d’un certain nombre de paralysies faciales périphériques, puisque, dans un cas comme dans l’autre, le Réflexe naso-facial est au moins diminué. En effet, quelle que soit l’origine de l’Ozène, le Réflexe nasofacial — à l'encontre de l’oculo-cardiaque qui est positif ou inversé — est, d’après HALPHEN, Rhinologiste très versé dans la question, constamment diminué ou même absent. De même, nous savons par P. Emize-WEIL, que la suppression du Réflexe dans les cas de paralysies faciales est un bon moyen de diagnostic entre les paralysies faciales périphériques et celles d’origine centrale. Second point très intéressant: on a observé que lorsqu’au cours du traitement de l’Ozène le Réflexe, de nul qu’il était, refaisait son apparition, le malade était en voie d'amélioration, sinon de guérison.

C’est l'inverse qui à lieu dans le Coryza spasmodique où les troubles congestifs, avec hypertrophie brusque et passagère des cornets, tiennent la premiere place. Si nous reprenons l'hypothèse qui fait intervenir dans ces troubles, comme dans les précédents, l'atteinte du Sympathique, nous dirons, avec HALPHEN, que l’hypertrophie des cornets est due à lirritation du Sympathique. Nous pourrons constater, en effet, que le Réflexe est généralement plus intense que dans la normale. Partant de ce fait, son corollaire sera également vérifiable: une amélioration du Coryza spasmodique s’accompagnera d’un retour de l’intensité du Réflexe vers la normale. À

Dans ie même ordre d’idées, HALPHEN signale des cas de toux spasmodique ou toux pharyngée, et les “algies du Laryngé supérieur, qui l’accompagnent si souvent. L'étude du Réflexe sympathique montre que, dans ces cas, il est toujours exagéré, et HALPHEN d’ajouter que l’autre élément du diagnostic est le remplacement de ce Syndrome pharyngo-laryngé par une crise de Coryza spasmodique ou de céphalée nasale, l'amélioration ou la guérison de la toux par une thé-

rapeutique exclusivement. nasale.

En ce qui concerne spécialement les troubles oculaires d’origine nasale ou sinusienne, objet de travaux multiples faits à la Clinique du Professeur Rot- LET, le Réflexe naso-oculaire garde toute sa valeur et deviendra sans doute un précieux auxiliaire du Spécialiste. Citons, comme exemple, les cas de névrite rétrobulbaire par sinusite ethmoido-sphénoïdale et d’iritis consécutive à une sinusite sphénoïdale, cas observés chez deux malades présentés à la Société d'Ophtalmologie de Lyon, par le Professeur RoLLET avec SARGNON et COLRAT dans leur note sur le Réflexe naso-oculaire. Chez lun de ces malades — il s’agissait d’une jeune fille de 23 ans atteinte d’iritis de l’œil droit consécutive à une sinusite sphénoïdale suppurée — On constata tous les éléments d’un Réflexe nasooculaire vif lors de chacune des interventions endonasales. On voyait très bien une vaso-dilatation con-

jonctivale et faciale marquée, du larmoiement abon-

ER

dant, en outre une vaso-dilatation notable, quoique passagère, des vaisseaux rétiniens. La tension oculaire n’avait pas été prise. Chez l’autre — un homme de 34 ans, atteint de névrite rétrobulbaire bilatérale par sinusite ethmoïdo-sphénoïdale —— la tension artérielle rétinienne était de 60/130 en mm. Hg. avant l'intervention. Peu après, elle tomba à 50/110. Dès le lendemain matin, on constata une amélioration notable de la vision, tandis que la tension artérielle se maintenait à 50/110.

À côté des cas de Névrite rétrobulbaire où l’infection pouvait être en cause, puisqu'il y avait eu sinusite suppurée, M. SARGNON en a observé d’autres où l'examen le plus attentif du côté des sinus ne décelait rien. La transillumination, la radiographie, restaient muettes, Comme antécédents, on ne notait rien, tout au plus de vagues coryzas. L’examen au spéculum ne révélait aucune anomalie nette de la structure osseuse du nez (hypertrophie osseuse du cornet moyen, déviation postérieure et supérieure de la cloison, éperon, crête, etc...) et ia seule anomalie qui tombait sous les yeux était une hypertrophie muqueuse du cornet moyen, presque de règle dans ces cas. Dans ces mémes cas, la Thérapeutique mise en œuvre, en l’occurrence la résection de l’extrémité postérieure du cornet moyen, amena souvent une amélioration notable des troubles oculaires et parfois leur disparition. Bien que la recherche du Réflexe naso-oculaire n’ait pas été faite chez ces derniers malades, il semble qu’on soit autorisé à dire que l'intervention endonasale a eu — dans ces cas particuliers — une action

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