‹ Le Réflexe Oculo-Cardiaque dans les Maladies Nerveuses et MentalesChapitre 2 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C'est Berhard Aschner qui signala le premier le ralentissement du pouls par la compression oculaire, dans un travail intitulé : « Sur un réflexe nun encore décrn de l'ail sur la elrculation et sur la respiration : disparition du pouls radial dans la compression de l'œil. »

Ce réflexe fut constaté par Aschner pendant une anesthésie. Il établit par des expériences ultérieures sur les éimaux que le trijumeau est la voie centripète du réflexe et que la section du paeumogastrique le supprime.

ën 1910, Miloslavich l'étudia au point de vue clinique dans un travail qui porte comme litre : « Réflexe trijumeau vague », puis en 1913 dans une publication sur la modification de l'activité cardiaque par la pression oculaire.

H fit intervenir la notion de vagotonie pour en expliquer les variations. Chez l'homme normal, ce réflexe serait exceptionnel, il serait au contraire facile à observer chez les sujets hyper-vagotoniques. |

Dans les névroses digestives et chez les étyliques, 1l serail de même habituel.

En octobre 1910 parut un travail de Eppinger et Hess, « Die Vagotonie », qui correspond à une étude analogue publiée en 1912 par Cheinisse sur le même sujet (Semaine Médicale, 20 novembre 1912). Is montrent l'antagonisme fonelionnel et l'antagonisme pharmacodynamique qui existent entre le sym-

me MARS >

pathique et le pneumogastrique, enseignent que la compres-

sion de ce dernier nerf produit la bradycardie ou même une

syncope cardiaque.

Le 26 avril 1913, le Progrès Médical a publié une étude de Lœper et Mougeot sur le diagnostic des névr oses gastriques par le réflexe oculo-cardiaque. Ils trouvent indispensable de

distinguer la sympathicopathie de la vagopathie dans le mode de réaction des malades alteints-de gastronévrose. La com-

pression oculaire permet d’éliqueter avec précision une né-

vrose gastrique, mais 1l faut savoir qu'il existe des gastronévroses mixtes dans lesquelles il y à par Re - des deux neris. ù

Gautrelet avait déjà étudié, en 1913, le « raléntissement du

pouls radial au cours de la compression oculaire dans la maladie de Basedow », quand Sainton, au mois de juillet de la même année, étudia les varialions du réflexe oculo-car-

diaque dans le goître exophlalmique (Bulletin Médical, juil

let 1913). Ce dernier conclut à la division des basedowiens en trois classes : les vagoioniques, sympathicotoniques et

mixtes, suivant que le réflexe est normal, inversé ou absent.

our les 17 cas qu'il rapporte, 12 fois le réflexe est exagéré, une fois seulement inversé.

Le 29 novembre 1913, Gautrelet publia les résultats de ses recherches sur le réflexe oculo-cardiaque. Nous ne rappellerons ici que les conclusions qui ont trait aux maladies du système nerveux. Le pouls était ralenti dans la sciatique et dans la névralgie faciale. Chez les basedowiens, il mit en évidence la réduction importante du nombre des pulsations radiales au cours de la compression oculaire. Il en concluait que, chez celle catégorie de malades, les manifestations vagotoniques lemportaient de beaucoup sur les phénomènes d'hyper-excitabilité sympathique.

Enfin, Guillaumont, dans sa thèse de Paris (avril 1914) &

Se MERE

« Le réflexe oculo-cardiaque dans le syndrome de Basedow »,

inspirée par Sainton, rapporte trente-lrois observations de maladies de Basedow, classées en trois catégories suivant que le réflexe oculo-cardiaque était positif et exagéré ou posi-

tif et norinal, ou variable et tantôt positif, tantôt inverse. II conclut que le réflexe oculo-cardiaque est positif dans Ia majorité des cas et que sa recherche permet de distinguer

trois formes de goître exophtalmique, les formes sympathicoloniques, vagotoniques et mixtes. Il pense que ce procédé est commode pour différencier l'hypersympathicotonie et qu'il est plus facile à manier que les injections de pilocarpine et d'adrénaline.

- Enfin, le 27 mafs 1914, Lesieur, Vernet, Petzetakis ont présenté à la Sociélé de Biologie deux cas de syndrome de

-Basedow avec exagétration du réflexe oculo-cardiaque.

Quant au tabes, Miloslawich (Wien. Khin:Woeh, 1910) avait noté que les tabétiques conservaient la même fréquence du pouls avant et pendant la compression des globes oculaires. En 1913, Gaütrelel constata, sur 10 cas de tabes, 7 fois l'abolition ou l'inversion du réflexe oculo-cardiaque. Le 27 décerbre de la même année, Lœper et Mougeot firent

paraître une étude dans le Progrès Médical. Hs trouvèrent

19 fois l'abolition du réflexe sur les 21 labétiques avérés qu'ils examinèrent.

Üne notion intéressante a été démontrée par Lesieur, Vernel et Petzetakis : c’est que parfois le signe d'Argyil n'existe pas, alors qu'il y à abolition du réflexe oculo-cardiaque. Le parallélisme de ces deux symptômes n'est pas absolu. L'abolhition du réflexe d'Ashñer montrerait l'extension du tabes aux racines sensitives bulbo-protubérantiellés.

Un peu plus tard, Lœper, Mougeot et Vahram (Société des Hôpitaux, 13 mars 1914) ont cherché le réflexe oculo-cardiaque chez les syphilitiques et Font trouvé aboli 30 fois sur

dents duc culanés son! re accusés. Ce fu témoignerait pour eux de l’affinité de la syphilis pour le système ni nerveux. mésocéphalique et constituerait une des premières manifestations &e la syphilis nerveuse. Dans la syphilis tertiaire, l'abolition du réflexe est aussi très fréquente. De Tout dernièrement (Progrès M édical, 30 mai 1914), A. Mougeot à établi que la suppression ‘du réflexe oculo-cardiaque

est plus précoce que celle du réflexe pupillaire à la lumière dans les aortiles syphilitiques. Li en tire la notion d'un nou-

veau syndrome . « abolition du réflexe oculo-cardiaque et

aortile », qu'il rapproche du syndrome de Babinski : « aortile el signe d'Argyll ». A

Dans l'épilepsie, on a vite constaté que le réflexe oculocar ‘diaque était toujours très exagéré. Lesieur, Vernet et Pet-

ch

&ctakis ont montré que les SRAERUMUES ont le butbe très sen- #

sible aux excilalions (Société Médicale des Hôpilaux de

Paris, mars 1914). Ils ont obtenu chez eux une exagéralion

des réflexes tendineux et cutanés par la compression oculaire. Pour le réflexe oculo-cardiaque, ils concluent que l'exagération du réflexe est en rapport avec le nombre de crises.

Les malades ayant des crises fréquentes ont un réflexe très exagéré. Ils signalent aussi que l'administration du bromure diminue l’intensité du réflexe. Après les crises, dans lesquelles ils ont souvent observé une accélération du rythme ceardiaque, l'exagération du réflexe a été très diminuée. Ce fait semblerait prouver que la crise amène une sédation de l'hypervagolonie, et calme momentanément l'hyperexcitabilité du vague.

La maladie de Pérhiios présente, au contraire, comme le Labes, une aboïïlion fréquente du réflexe. Vernet et Petzelakis rapportent, dans la Gazeite des Hôpitaux du

2 mai 1914, seizé observations dont quinze ont présenté une

nt des lésions des voies s encéphal ee isolant le e des en gris centraux et pouvant ainsi faire varier

- es ie doc del sclérosé'en à plaques et

la paralÿsie générale. Les mêmes auleurs ont trouvé | cette dernière affection, 4 fois sur 6, le réflexe positil 1 même exagéré. Dans la sclérose en plaques, la localisa-

variable des lésions sur l'axe nerveux explique la diver-

des résullats obtenus. Ver net el Petzetakis ont vu, sur

s quai cas, deux fois une accélération des pulsations, une

fois l'abolition du réflexe, enfin une fois un réflexe normal.

Un fait intéressant el malheureusement isolé, a été observé par Guillain et Dubois (Semaine Médicale des Hôpilaux de ; Pari is, 8 mai 1914). Leur observation concerne une. jeune fille atteinte d’athétose double avec troubles intellectuels, mouve-

ments choréo-athétosiformes de la face et des membres et une démarche cérébello-spasmodique. Le réflexe oculo-cardiaque | élail très exagéré el donnait une diminution de 29 pulsations - à la minute. Pendant la compression, ils constatèrent un arrêi a. complet:des mouvements athétosiques avec tendance à la syn-

cope. Les mouvèments ne reprenaient qu'après cessation de la compression. N re TRES

L'étal du réflexe a élé cherché également dans les diplégies et hémiplégies infantiles. Roubinovitch (Société Médicale des Hôpilaux, 15 mai 1914) a montré, dans 31 cas, 21 fois l'abolition du réflexe et 6 fois son inverston.

Mougeot, en février 1914 (Société de Biologie), a étudié les tachycardies au moyen du réflexe oculo-cardiaque. Voici ses conclusions : dans les tachycardies d’origine myocardique (lachycardie paradoxale des hypertendus, insuffisances vak vulaires), le réflexe est conservé. Il est aboli, au contraire, dans les tachycardies d'ordre névropathique, paralysie ou névrite du vague, intoxication du centre cardiomodérateur bulbaire, atteinte du centre encéphalique ou des méninges par la syphilis. Ce réflexe permet donc de distinguer les tachycardies dues à une lésion bulbaire ou vagale de celles qui sont purement myocardiques.

Mougeot a trouvé encore (mars 1914) que le réflexe était conservé dans l'alternance ventriculaire, signe de l'insuffisance fonchüonnelle du ventricule gauche.

Les bradycardies ont été également étudiées-dans leurs rapports avec le réflexe oculo-cardiaque. Petzetakis en a fait paraître une importante étude dans la Presse Médicale (28 février 1914). Il montre que la compréssion oculaire ne donne lieu au ralentissement du rythme cardiaque que lorsque la bradycardie est d'origine nerveuse extra-cardiaque.

Parmi les travaux importants qui ont encore paru, signalons Pétude de P. Delava (Sociélé de Biologie, avril 1914), sur les modifications du réflexe après administration de diverses substances toxiques. Il n'a pas constaté de changement par la morphine, ni par le chloroforme. L'atropine abolit le réllexe, la pilocarpine donne des résultats variables, l'adréaline renforce au contraire le réflexe oculo-cardiaque.

Us

Après Fabre et Petzetakis, Garnier ét Eévi-Franckel ont rechérché les rapports du réflexe et de la grossesse. Chez les femmes enceintes dont Le pouls est normal, le réflexe n'est inversé que dans 3,5 7 des cas, mais chez celles qui présentent de la tachycardie 1l est inversé dans la proportion de 49,0 77

Dans la diphtérie, dont les toxines se fixent st électivement sur les novaux gris du bulbe. Aviragnetl, Dorlencourt et Bout- Lier (Société de Biologie, mai 1914) ont pensé qu'il serait intéressant de rechercher les varialions du réflexe oculo-cardiaque. Ils ont vu, sur 26 cas, 15 fois l'abolition du réflexe. Celui-ci est modifié d’ailleurs par la gravité de l'infection et par l'intensité du traitement. Il permet de distinguer l'origine myocardique ou nerveuse des accidents cardiaques de la diphtérie.

Enfin, Euzière et Margarot ont fait les premiers l'étude du réflexe oculo-cardiaque dans les maladies mentales. Leur travail paraîtra dans un prochain numéro de la Gazelle des Hôpitaux. Nous leur sommes bien reconnaissant de nous avoir autorisé à publier dès maintenant leurs observations.

cales i« ai. 1: méséniére"e we entre par | S | antérieure, la douleur devient intense et le cœur battre... » si montrait ainsi. qu'on ne in me leur pars un acle de la volonté nf

: rience. 2x La er ANS ee | C'est ainsi que l'on recherche le réNegs oculo-cardiaque. re Chez les sujets bien porlants (Lœper et Mougeot), on cons-

tate un ralentissement du rythme cardiaque de cinq à huit + pulsations par minute. C'est là le réflexe normal que présen= bc

tent environ 3/5 des sujets Sains. 1 NE m

Chez l'animal à thorax ouvert, la compression du globe & oculaire amène un ralentissement du cœur qui peut aller jus- 3 qu'à l'arrêt du ventricule en diastole, on voit survenir en même temps des inspiralions spasmodiques (Aschner). Fe

La recherche du réflexe chez l’homme, bien simple en appa-

rence, expose cependant à des mécomiples, si Dre ne prend pas certaines précautions.

: ravers. la paupière | lobe ceulaire. Le doigt le refoulera |

us s nets, ‘mais on s'expose ainsi à méconnaitre une Hohans unilatérale du péApRes Il est Hosts enfin de

m tre de exercer une pression Fri que Res tou- 5 oe afin de pouvoir comparer les résultats obte-

sl ne,

pte le e pouls normal pendent une Ee minute. Un, . te avoir Enr

minute. EE RES | ‘

RCE tension Sriérislle subit aussi des modifications, ordinal-

rement le tonus vasculaire est abaissé. 7 Comme phénomènes accessoires, on à noté, chez les sujets ÈS

examinés, des. vertiges, -des nausées, des palpitations, des

— bouffées de chaleur. RUE se

. Nous éludierons d'autres phénomènes. FRS importants en # recherchant le mécanisme physiologique du réflexe.

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