‹ Le réfractaire: romanChapitre 25 sur 32 · XXX. lie danger, pour on ptïmee, d'étee excellent chlmiale · texte numérisé non relu

XXX. lie danger, pour on ptïmee, d'étee excellent chlmiale

Lorsque le duc d'Orléans s'était présenté pour jeter de l'eau bénite sur le corps de la duchesse de Bourgogne, des clameurs l'avaient accueilh, et la fureur du peuple avaitété près d'en veuir^ux derniers excès, parce qu'on avait imprudemment fait passer devant le palais du neveu de Louis XIV le convoi qui portait en même temps lesrestesdes deux dauphins et ceux de la dauphine. Une foule éplorée et furieuse les suivait, éclatait en violentes menaces, et prodiguait au duc d'Orléans les épithètes d'assassin et d'empoisonneur.

Ce qui se colportait par les rues trouvait de l'écho dans le palais du roi.

Le duc d'Orléans, Vexcellent chimiste, ne se faisait-il pas, depuis 1702, enseigner la physique i>ar GuillMime Homberg"? N'avait-il pas, en <70i, nommé c^Rvant son premier médecin ? Le maître et l'élève ne préparaient-ils pas du poison ?

Des soupçons s'élevèrent et furent propagés.

Il y eut, à ce sujet, un entrelien entre Mme de Maintenon et le duc d'Orléans. Celui-ci reprocha doucement à sa tante d'avoir répandu des bruits déjhonorans sur son compte; il lui dit qu'elle n'avait qu'à lire dans sa conscience pour savoir elle-même que c'était une calomnie.

— J'ai répanda ce bruit, répondit-elle le plus tr.mqnillement du monde, parce que je l'ai cru.

— Non, repartit le duc, vous ne pouviez jamais le croire, sachant le contraire.

Alors, Mme de Maintenon, avee one fermeté étonnante :

— La daupliine n'est-elle donc pas morte ?

— Ne pouvait-elle pas mourir sans moi? fit le duc d'Orléans. Etait-elle immortelle?

— J'ai été si désespérée de cette perte, répliqua la reine secrète, que je m'en suis prise à celui qu on m'avait dit en être la cause.

—Mais, madame, s'écria le duci, vous saviez, par le compte qu'on a rendu au roi, que non-seulement ce n'est pas moi, mais que Aime la dauphine n'a point été empoisonnée du tout.

— Il est vrai, répondit-elle, etje ne dirai plus rirn. Cependant, en supposant que Mme de Mmuteno;)

0 ne dit plus rit n , » U calomnie ne se tai:,i<ii pas et trouvait des myriades de propagateurs cré Iules ou intéressés. Le duc d'Orléans alla clua le roi pour lui déclarer (lu'il était prêt à se rendre à la Jiastille, qu'il désirait qu'on lui intentât procès..

— Je ne veux pas d éclat, lui dit Louis XIV, et j^ vous péfenils d'en faire.

— Mais si je me rends à la Bastille, sire, ne m'accordeiez-vous pas la grâce d'ordonner qu'on iijstruise mon procès?

— Si vous allez à la Bastille, je vous y lai.^crai.

— Sire, je vous supplie au moins de faire arrêter Ilomberg.

Le roi sortit sans s'émouvoir d 2 la douleur de son neveu.

Guillaume Homberg se rendit à la Bastille.

Les amis du duc d'Orléans dressèrent leurs batteries ; ils essayèrent de rejeter les soupçons sur les princes légitimé*, et surtout sur M. du Maine, qui avait intérêt àperdre tous les princes du sang, pour obtenir de la bonté du roi un édit qui lui coufiât la régence.

Des écrits, répandus dans Paris, attestèrent que si « l'héritier présomptif delà couronne périssait encore, » sa mort annoncerait celle du duc d'Orléans, qui » serait enfin la preuve ultérieure et convaincante de » son innocence; que les calomnies que l'on répandait » à dessein sur le compte du premier prince du sang » n'avaient d'autre objet que d'isoler Louis XIV de » ses véritables apiis et de ses parens, pour le livrer » exclusivement à la faction des princes légUimés;

» Que Mme de Maintenon et le duc du Maine » avaient eu l'art de persuader au roi qu'il avait » besoin de leur vigilance, et d'être sans cesse gardé » et environné pour éviter sa part du poison préparé » à tous les princes ;

» Que M. du Maine et Mme de Maintenon vou- » laient régner même encore après la mort du roi, » que tous les bons Français voudraient, aux dépens » de leur propre vie, reculer jusqu'après la majorité B du jeune dauobin ; mais que ces ambitieux ne » formaient pas le même vœu, et, la naissâace du » duc d'Orléans lui assurant toute l'autorité^ft vou- » laient l'en écarter en persuadant au roi que ce » prince, ayant la soif de régner, devait nécessaire- » ment faire périr ceux que ledr naissance appelait » à la couronne et qui contrariaient son ambi- » tion. »

Dès que le corps du dauphin reposa à Saint-Denis, on afficha sur la porte de l'église cette épifaphe :

Ci git le seigaeur de Meudon, Qui vécut sans ambition.

Qui mourut sans confession, Dépêché par la Maintenon !!!

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