LA NOCE
En T^rit^, mon amie, je ne puis, sans pleurer de joie , penser au jour de demain.
Quoi ! demain, nous serons l'un à Tautre pour la yie : rien , pas même 1^ mort , ne saurait nous désunir.
<-- Lettrxs d'ahovr. —
Depuis le soir où, dans l'excès de son contentement, M. Moreau avait apprit chacun
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le prochain mariage de sa fille , il s'était opéré aussitôt dans la ferme un mouvement inusité et par lequel furent changés prebqu'entièrement l'aspect et plus encore la régularité monotone de ce petit royaume. Il ne s'y fiiisait plus rien , comme auparavant , à l'heute dite et de la façon réglée. Toutes les physionomies avaient pris une expression de hâte et de préoccupation; on allait, on venait, on s'empressait, on ouvrait les armoires avec fracas pour y puiser, et on les laissait toutes grandes ouvertes, pour venir y repuiser bientôt de nouveau, et en aveindre des objets qui, depuis bien du tems, y reposaient serrés avec soin. D'abord les argenteries qui ne voyaient guère le jour qu'à l'é^ poque de la ducasse, furent mises en état et amoncelées, brillantes, sur des tables qu'encombraient déjà des piles d'assiettes de por^ celaine,et d'innombrables groupes de verres, depuis la flutte élancée du vinde Champagne, jusqu'à l'humble gobelet à côtes où jamais
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n'était venu ruisseler autre chose que la mousse jaune ^e la bierre. Six robustes servantes aux épaules rondes, au teint halé, actives et rieuses , frottaient et nettoyaient tout cela; auprès d'elles tt de chaque côté d'une longue table étroite,' quatre jeunes filles, les bras nus, repassaient les nappes damassées des bons jours, et disaient élevpr, de ce linge humide, une fumée légère et un moite parfum de propreté. A chaque instant un domestique allait remplir à la ville quelque commission , et d^autres revenaient courbés sous le fardeau de leurs achats.
Au milieu de ce tumulte et de cette agitation, M* Moreau, la tête tout-à- £iit pei*due, allait, venait, ordonnait, et désordonnait^ prenant une peine incroyable pour ne rien £dre, étourdi au milieu d'un si grand cahos de préparatiÊ, et maugréant de toute son âme en voyant que rien n'avançait, que rien ne marchait comme il £iut. A chaque instant il venait consulter Marie et Laurent ; il $1^