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DEMANDE EN MARIAGE

Monsieur, voila sa main, Tons n'avez qu'à donner la vôtre. Loué soit le ciel! m'en voilà décharge , el c'est vous désormais «{ue regarde le soin de sa conduite. Allons nous réjouir et célébrer cet heureux mariage.

— MoLiim (ÏJB Mariage foreéj , — '

Six mois après cette journée', Lucile était sortie avec M. Leconite, et sa cousine ne

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les avait point accompagnés; une légère indisposition l'obligeait à garder la chambre.

Lorsqu'une personne malade se trouve seule, ellç ne tarde guère à se laisser aller à des idées douloureuses, ou du moins mélancoliques; ce fut ce qui arriva à M"' Lecomte: depuis lopg-tems elle souffrait d'une agitation pleine de malaise, et dont elle n'osait s'avouer à elle-même le motif... — Le motif! — Cette agitation avait-elle un motif? n^tait-ce pas^-^-et rien de plus, — le ressentiment des déceptions de sa jeunesse?

un pénible retour sur elle-même? Oui, sans doute, elle éprouve une angoisse ind^nissable, et ses yeux se remplissent de larmes à la vue de Lucile, adorée par un jeune homme naïf, vertueux et plein d'enthcTusiasme et de générosité. Mais<:e qu'elle ressent, n'est pas de l'envie; c'est du regret; mais elle ne voudrait pour rien au monde troubler ou détruire l'attadiement

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de FélÎK pour Lucile, et-loin de là, elle l'encourage cet attachement, autant qu'il est en son pouvoir. .. Lucile n'a garde d'apprécier comme elle lé devrait, l'amour du bon, du tendre Fâîx! — Oh! que, si elle l'eût connu, elle, avant de cesser d'être libre, elle l'eût aimé bien autrement ! Loin de l'inquiéter par des coquetteries!, de le tourmenter par des caprices , elle n'aurait eu de pensées que pour lui seul, elle n'aurait voulu plaire qu'à lui seul ! Deviner ses moindres désirs, l'entourer de tendresse et de fëlicité ! voilà quels eussent été ses devoirs, son unique étude! Amie de Félix!

ixion Dieu qjuel dévouement, quel culte pourrait donc payer un tel bonheur? Entendre sa voix, sa douce voix, dire avec une expression céleste : oc je vous aime », frissonner sous son regard, se sentir les mains pressées par ses mains! Et puis ne plus le quitter! Avec lui, toujours avec lui, épancher ses secrets' dans son âme, de«-

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j^eoir confidente de toutes ses pensées ! hélas \ voilà le sort qui a|AendLucile!

. £t ce sort, ce sort qu'elle devrait bénir, le comprendra -t-elle^^Lucile? De cruelles déceptions n'attendent *dles pas aussi Félix, Félii^ si digne pourtant d'être heureux ! Une amitié dévouée ne devrait-elle pas lui puvrir Jes yeux, lui montrer ses illusions, et les dissiper! ... Ohl quelles indignes pensées!— ^Mon JDieu, prenez pitié de la pauvre Marie, ne 1 abandonnez pas , car elle n'a que vous pour la soutenir, pour la consoler. Il ne reste pour elle sur la terre qu'isolement et que désespoir.

. En ce moment on frappa doucement à la porte.

— Puis-je entrer, Madame?

C'était la voix de Pélix ! Marie essuya ses yeux , et passant ses mains tremblantes sur wn front , comme pour en écarter les pensées qui l'obsédaient , «Ue dit :

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