FÉLIX
sa convalescence, mais moins âpre, mais adouci , et transmué en une tristesse sombre. Il restait des journées entières sans proférer un seul mot j tout lui était indifférent , et les soins affectueux de Françoise, pour le distraire de sa mélancolie, n'aboutissaient le plus souvent qu'à lui valoir des rebuffades , ou dans les bons momens, des paroles brèves et cédées à l'importunité de ses efforts.
La bonne fille ne savait plus à quel saint se vouer, et elle voyait avec inquiétude s'approcher le jour du mariage de Lùcile, jour que, du reste, elle eut soin de laisser ignorer à son maître. Ses précautions furent néan« moins déjouées par le hasardv, comme il arrive souvent à des précautions plus savamment combinées que les siennes.
— La noce, lui avait dit son ami Jacques Lefebvre, doit avoir lieu à minuit. Comptant bien que son ipaître ne sortirait pas à une telle heure , elle resta donc sans la moindre irauîétude à cet égard. . - '
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2l6 LE RÉGENT DE rhétorique:
Par malheur, il se fit qu'avatit d^aller à l'église, on servit au souper de noces, che^ M. de Maulepon^, un magnifique brochet dont l'aumônier du régiment se servit deux portions énormes; la jfemme du qolonel, qui remplissait près de I^ucile, à défaut de M"** Lecomte, les graves fonctions de matrone, se trouvait à table proche de cet aumônier, et juges^ à propos de lui offrir un troisième morceau, de brochet; le prèjtre n'osa pas refu^r l'offre aimable de la (emme de son colonel , et mangea , avec tant d'à* vidité l'admirable morceau détaché du ilanc même du poisson ,. qu'il avala une arête , faillit étouffer et fujb conduit ^u Ut. -— Le chirurgien militaire déclara qu'il était im- 'possible de compter sur Kmalade pour dire la messe nuptiale.
Ce fut là un grand désappointement ;' il ÊiUait sortir d'un tel embarras et recourir ^ un autre prêtre; un vicaire consehtit k fçmplapér l'aumônier, sous la condition