LE RÉGENT DE EHÉTOEIQUE
nisation est plus nerveuse et partant plus impresâonnable; ensuite, parce que la chasteté, ou du moins la résenre de i'éduca-
. tion qu'on leur donne, et la manière privée dont elles vivent, leur laissent plus de candeur et les dépravent moins. Voici encore un autre motif ausâ puissant : les femmes
' se laissent aller tout-à-fidt aux impressions qu'elles reçoivent et sans chercher à s'en rendre compte. Les hommes, au contraire , analysent trop et détruisent en analysant. De la sorte, telle action qui laissera un homme dans la plus complète indi£férence, fera verser des larmes à une femme, et l'exaltera au dernier point; pour résumer, les femmes sentent plus fort et moins juste, les
, hommes plus juste et moins fort.
On a vu, dans le premier chapitre, que la générosité de l'avocat envers Jacques n'était point de la générosité, mais tout bonnement de l'esprit . de contralâUction et de l'fimour-propre de métier. G9 n'était point
ainsi que FenTisageait la jeune fille de M. Moreau ; le récit de Jacques Payait émue au dernier point et lui apparaissait comme udé belle action, comme un mouvement géné^ reux qui décelait une sensibilité exquise. Son imagination se mit à travailler sur ce thème, qui bientôt lui-même se trouva fiiible et disparut presque au milieu des riches varia-, tions sans nombre dont le para Marie. Ce ne fut que tard qu'elle put s'endormir, tant Favôcat et sa générosité la préoccupaient; ce fut de très-bonne heure qu'elle se leva, tant l'idée du vertueu^ jeune homme l'agitait vivement. Sa première visite fut pour Jacques, avec lequel elle devisa longuement, et cet entretien acheva de le mettre si avant dans les bonnes grâces de sa maîtres^ ^ que le digne garçon de &i*me se querella avec une vieille domestique qui lui refusait un coup de bierréà boire et qu'il la menaça de s'en plaindre à M"* Marie.
La tète couverte d'un léger chapeau dé