‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 100 sur 209 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

EXIGENCES PERSISTANTES DE GEORGE F« CHANGEMENT SUBIT DANS SES DISPOSITIONS

Dubois, malgré ce premier avantage, n'avait pas encore bataille gagnée. Plus d'un obstacle se dressait sur son chemin. Ce n'était pourtant pas qu'il manquât d'Anglais sairos, selon l'expression de Stanhope, ni n'esprits assez libres et assez prévoyants pour sentir l'utilité, la nécessité mémo, d'une alliance avec la France. Dès que celte puissance abandonnerait sincèrement la cause du chevalier de 8ainl-(îeorgc, les agitations que les mécontents et les jacobiles prolongeaient encore en Angleterre, s'éleindraient «rdles-niémes. Sans doute le roi comptait sur le concours de TAutrirhe. Mais comment se flatter que l'ultra catholique cour de Vienne s'enflammât de tant de zèle pour la su«!cession prolestante? Le peuple anglais commençait à se fatiguer et à murmurer contre Tentretien d'une armée permanente, qui choquait ses vieux principes de liberté et son goût d'économie. Il eùl été dangereux pour Geoi^e V' de faire naître l'idée qu'il aurait dépendu de lui de débarrasser ses sujets de ces ombrages et de ce fardeau, en

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accueillant les démarches du Régent pour une entente définitive ; dangereux de laisser supposer qu'il épiât l'occasion de chercher querelle à la France, au lieu d'oublier le passé ^ Mais George par rancune d'amitié trompée, ses ministres hanovriens par animosité germanique, ses ministres anglais par docilité à l'égard du monarque et par Teffet du levain séculaire de jalousie contre la France, prétendaient obstinément que celle-ci, avant toute alliance, achelât son pardon au prix de l'expulsion préalable du Prétendant. Leur orgueil national était blessé d'autre part, de ce qu'elle était parvenue à transférer le siège de la négociation en Hollande.

Stanhope et le ministre hanovrien Bernsdorf quittèrent la Ilayo, dès le matin du 23 juillet, pour suivre le roi à Ilanovri», en même temps que Dubois reprenait le chemin do Paris.

Dans quelles dispositions était le premier? Une lettre qu'il écrivit de Pyrmont à lord Stair, le 3 août *, dénote chez lui, à travers les griefs, un certain ébranlement, mais pas davantage.

Après quelques mots d'approbation, au nom du roi, pour son attitude et son langage à la cour de France, il s'exprime ainsi : « La claire vérité, c'est que la conduite de cette cour pendant nos troubles nous a donné lieu de nous défier très fortement de sa sincérité; et cette défiance certainement n'a pas été diminuée par la marche fâcheuse qu'elle adopta dans cette négociation, comme Votre Seigneurie leur en fit la très juste observation. L'abbé Dubois, dont le Régent vous a parlé, a été à la Haye, où j'ai eu trois conférences avec lui. Il avait une lettre de créance du

i. Lord Mahon, t. I, chap. vu. — f^xe, Memoirs of Walpole, l. II, p. 91; «ieux lettres très probantes d'Horace Walpole à loril Townshend. 2. Oxonfoord Castle, Stair Pnpers, vol. VI, en anglais.

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