I. LémoDtey, t. I. p. 10 L
fjar le droit de Tépée. Mais, dans la pratique, les compagnons du conquérant et la population saxonne avaient fait prévaloir le principe qu'il leur appartenait, à eux seuls, Ar consentir les levées d'argent; et en développant le princi|)(' 4le la représentation nationale, ils substituèrent l'idée bien plus féconde de la richesse publique ù celle de la ricliossr du souverain. Cette supériorité d'idées, chez les politiques anglais, ne fut pas la cause la moins efficace du progrès et do la grandeur de leur pays au cours du xvni* siècle *.
Labbé quitta la Haye dès le 23 juillet; le 31, il rendait 4-om])te de vive voix au Régent du succès de sa mission. « Si des sots, a dit justement Lémontey, ont quelquefois déridé du sort du monde, on ne fera pas ce reproche à cellr rencontre dans une taverne hollandaise qui changea pour trente années la face politique de l'Europe *. »
\, Sêvelingcs a rite, t. H, p. 4U6, le rragmcnt suivant d'une leUn*. i\v Dubois : « Je me souviens qu'en eausant un jour, à la Haye, avec niylord Stanhope. il me dit : a Quand un biHumc eherclie h me faire ile*^ n phrases sur la dette pnbli(|ue d'Angleterre, je me dis : Voilà un igno- « rant ou un sot, et je lui tourne le dos ». Nous nous amusâmes ainsi à ivcapituler quel(|ues-unes de ces sentences banales qui font la richesse' des petits esprits; et nous convînmes, par exemple, que lorsque de graves personnages viendraient nous nriirmerque nos pt;res valaient mieux qui* nous; que le monde va de mal en pis; que Ton ne peut plus goilter U* Tasse, quand on a lu Homère; ni Corneille, ni Racine, quand on a lu Euripide et Sophocle, etc.. etc.: nous convînmes, dis-je, que nous saurions à quoi nous en tenir sur le compte de ces pédans. » Écho de la querelle <ies anciens et des modernes chez des hommes dVsprit et de bon sens. On voit aussi qu'avec le temps, Dubois avait quelque peu oublié son hérésie sur le système financier des deux pays.
2. T. I, p. i05. Le 23, Dubois avait fait ce pro<li^ieux tour do force ♦renvoyer à Paris un rapport de rent soixanle-dix-sept pages. Voir A ub«irh'n. l'Esprit public nu A'V/f/c sjt^rie.