‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 102 sur 209 · Beeonl Office, IloUand, vol. 'ATô, en anglais · texte numérisé non relu

Beeonl Office, IloUand, vol. 'ATô, en anglais

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France. Ils l'ont pressé instamment d'ouvrir les conférences entre les trois puissances. Mais, a-t-il répondu, le roi n'a jusqu'ici aucune raison d'être satisfait de la conduite du Régent, qui n'a pas encore fait un pas pour le convaincre de son sincère désir de vivre en confiance et en amitié avec lui. Le roi ne saurait se départir de sa demande que le Prétendant soit, au préalable, envoyé de Tautre côté des Alpes; tant que cela ne sera pas accompli, il ne saurait consentir à entrer dans aucune négociation en forme avec la France ; mais, en général, ses intentions sont réellement de conclure l'alliance, si le Régent veut bien, de son côté, faire les avances convenables. Le roi ayant, comme |»reuve de sa sincérité, fait dresser et délivrer un projet à Tambassadeur de France, il s'attend que, de même, le ttégent lui fera connaître ses sentiments sur cet objet en termes francs et précis, avant d*ouvrir des conférences, ('/est, dans sa pensée, le meilleur moyen de parvenir h une heureuse conclusion, attendu que les conférences publiques sont ordinairement sujettes à beaucoup d'inconvénients; elles donnent occasion de soulever des difficultés nouvelles, des disputes ; elles servent plutôt à traîner en longueur qu'à terminer les aiTaires à Tamiable. Si donc le Uégent veut bien s'expliquer pleinement et clairement sur le projet du roi et donner sa réponse soit à lord Stair, soit à M. de Châteauneuf, ou à toute autre personne, avec charge de la communiquer au roi et de savoir ce qu'il en pense, alors, une fois tous les points réglés et les difficultés lîcarlées par cette voie confidentielle, on pourra employer utilement des conférences publiques pour mettre la derlière main h ce qui aura été concerté et convenu.

2^ LE k&^CVr. LABftE MlMlS ET LES A50LAIS.

Ce Iznssz^e éUH raifoonable. Mais en même temps ne tendail'il pas i éliminer les Hollandais de la négociation de fond, laquelle, par la force des choses, allait se poursuivre entre les Français et les An^ais? L'Ai^lelerre, contrainte naj^ère d'en abandonner la conduite à la Hollande, ressaisissait lavantage. Le vaisseau de ligne reprenait la chaloupe à sa remorque.

M. Uuyvenvorde reporta à M. de Chàteauneuf (24 juillel les [laroles de Stanhope. Horace Walpole alla, le lendernain, les confirmer à Famhassadeur finançais, sous prétexte de lui porter les compliments du roi, à propos du désir qu'il avait témoigné d'être admis à lui présenter ses respects lors de son passage. Mais toujours revenait la condition que le Prétendant fût d'abord renvoyé de France. Alors M. de Chàteauneuf lui dit que M. Duyvenvorde avait |iroposé, comme expédient, de dresser deux traités identiques, dont Tun serait signé par la France et les Ëtats; qu'immédiatement le Prétendant serait renvoyé de l'autre cûté des Alpes; après quoi, l'autre traité serait signé entre les trois puissances intéressées, et demeurerait le vrai traité. L'ambassadeur français manifesta le plus vif désir que cet expédient fût sans retard transmis en Angleterre : Ci* (jui fit croire à Walpole que Chàteauneuf en était le véritable inventeur.

C<^lui-ci, après une campagne diplomatique admirable, risquait d'en compromettre les fruits par le désir de les (iKïillir (le ses propres mains, comme s'ils étaient déjà mi\rs. Parvenu à enrayer la politique hostile des whigs en ItMir opposant la circonspection des Hollandais rassurés sur la France, il croyait le moment venu d'ouvrir les con-

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fnrences en forme, en prenant pour base le projet du roi, iiu*il regardait comme une réponse aux propositions faites par la France. Il avait, disait-il, reçu de sa cour pleins pouvoirs à cet effet. Si on en venait à parler ensemble, on ferait plus par ce moyen en une heure que pendant des jours passés à écrire.

Horace Walpole s'excusait sur ce que le roi, très occupé des affaires intérieures de son royaume en partant, n'avait pas pris de nouvelles résolutions relativement à Talliance. Lui, Walpole, n'avait pas de pouvoirs pour entrer en des conférences publiques avec M. de Châteauneuf ; le roi avait continué son voyage si rapidement qu'il n'avait pas eu le temps de lui en parler. Il ne partageait pas non plus l'opinion de M. de Chàteauneuf que les conférences fussent la méthode la plus cxpédilive pour s'entendre. On y serait exposé à des discussions et à des embarras, qui ne se présenteraient pas si Ton procédait par écrit, etc.

Il soupçonnait l'ambassadeur français d*avoir toujours le doigt sur la question des conférences pour ralentir ou presser, selon les ordres qu'il recevrait de sa cour; et le Régent, de continuer sa tactique de ruse ^

Tandis qu'on s'agitait sans utilité à la Haye, on était loin, à Londres, de considérer la visite de Tabbé Dubois comme un événement d'importance. On raillait le personnage; on en voulait au Régent, comme d'une mystification pour l'Angleterre, du' coup de partie qui avait amené le siège de la négociation à la Haye. M. Methuen, investi de la fonction de secrétaire d'État auprès du prince de Galles, en l'absence de Stanhope, écrivait h lord Stair (26 juillel-6 août 1716) : « Je crois sans peine ce que

1. Uorace Walpole à lord Townshcml, la Haye, 31 juillet, " aoAl 114G. Record Office. Uo'land, vol. 315.

i94 LE RÉGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES AxNGLAIS.

Votre Excellence me mande de la politique du Régent, Av son malaise actuel, de son humeur variable, toutes choses (jui exigent que vous suiviez d'un œil attentif chacune de ses actions. Il se repentira amèrement d'avoir retiré de nos mains la négociation de l'alliance et de l'avoir transportée en Hollande. Mais il n'y a pas à y revenir, et je pense que vous n'avez guère à vous en préoccuper, car il est probable que cela lui coûtera cher. L'information que vous avez reçue relativement à l'abbé Dubois est exacle. Il s'est rencontré avec M. Stanhope en Hollande. Mais il a été renvoyé la puce à l'oreille, la tète perdue de peur, par la réception qu'il a trouvée. J'imagine qu'on le renverra à Hanovre *. » Ces quelques lignes ne se rapportent guère au récit presque triomphant de Dubois. Stanhope avaii-il, dans sa relation, exagéré la supériorité de son attitude vis-à-vis l'agent français?

Jusque-là, lord Townshend s'était opposé à l'alliance française, par le motif que tout engagement avec le Régent, particulièrement ce qui concernerait la succession, servirait seulement à fortifier ce prince, et à lui donner le pouvoir de faire plus de mal au roi, sans ajouter la moindre sécurité quant à la succession à la couronne do la Grande-Bretagne *. Cependant, au mois de novembre suivant, il affirma dans une lettre justificative au roi, que, du jour où le Régent avait donné quelque preuve de la droiture de ses intentions à l'égard de cette alliance, en envoyant l'abbé Dubois à la Haye, il s'était rangé parmi les plus zélés promoteurs du traité '.

4. (Ile) was sent back with a flea in htjt ear and fritjhted oui of his wih. ivith the réception he had. Oxenfoord Castle. Stair Papers, vol. V.

2. Steph. Pojnlz à Stanhope, Hampton Court, 47-48 aoiH 1746, v. s. (iS- 29 aoiU, n. s.). Coxe, Mem. of Walpole^ vol. Il, p. 72.

3. Lord Townshend au roi, Whitehall, 41 (22) novembre 4716, en français. Coxe. Memoirs of Walpole, vol. II, p. 130.

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La vérité, c'est que la défiance persistait chez les ministres anglais. c< Si le Régent est sincère, écrivait Horace Walpole à Townshend (la Haye, 7 août 1716), il renouvellera probablement sa demande à Hanovre et parlera en termes clairs et précis. Mais s*il se propose seulement d'amuser et de tromper le roi, il est probable que, sans s'expliquer davantage, il enverra ordre à M. de CliAteauneuf de presser l'ouverture des conférences, afin d'arriver h nous brouiller avec nos vrais amis par les artifices et les 4*hicanes de négociations, où les Français, frrâce à une longue expérience, sont passés maîtres '. »

Stephen Poyntz, chaîné de la correspondance secrète des ministres de Londres avec Stanhope ', mande en leur nom à ce dernier (31 juillet-11 août 1716), qu'ils regardent comme moralement impossible ({ue le Uégent consente à <lémolir Mardick de la manière proposée dans le projet du roi; qu'alors même que, pour s'acquérir l'honneur de cette alliance avec l'Angleterre, il y consentirait en paroles, il n'oserait jamais braver l'impopularité à encourir de ce chef en France ; et qu'en conséquence l'inexécution d'un article si important justifierait le roi devant le monde entier s*il gardait les mêmes forces sur pied et usait des mêmes précautions à l'égard de la France, que s'il n'y avait eu aucun traité de fait.

Cependant, si l'on pouvait amener le Régent à céder en paroles, et avec un semblant d'exécution, sur Mardick, en considérant l'effet qu'une telle condescendance de la part de la France produirait en Angleterre, et combien dans ce pays, Ton trouvait nécessaire, même sans traité, d'empê-

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