‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 111 sur 209 · Dunkerque employé ici comme lerme générique · texte numérisé non relu

Dunkerque employé ici comme lerme générique

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cette manière, on évitera toute chicane ultérieure au cours de la négociation; et le roi lui a commandé de signer ce dont lui et l'abbé sont convenus ensemble. Probablement, aussitôt le courrier de Fabbé arrivé à Paris, M. dlberville sera dépêché à Londres.

L'abbé proposa aussi un article pour garantir la Barrière hollandaise. Mais le roi fit répondre que, s*il était prêt à contribuer de tout son pouvoir à la sécurité des Etats, il pensait qu'il leur appartenait de proposer pour eux-mêmes ce qu'ils jugeraient leur être utile. Au fond, il craignait, si les Français devenaient garants de la Barrière hollandaise, que cela ne leur fournît un prétexte et une sorte de droit de se rendre les arbitres des nombreux différends qui ne manqueraient pas de surgir de Hollandais à Flamands, et seraient susceptibles d'éclater, quelque jour, en une rupture entre l'Autriche et la Hollande, que les Français auraient belle à faire entre-choquer ensemble.

« L*abbé Dubois, dit Stanhope en terminant, que je ne savais pas être conseiller d'État de France, a des pleins pouvoirs en forme et m'a proposé de signer le traité ici même; mais, sur ma réponse que cela ne se pouvait pas, parce que le ministre de Sa Majesté à la Haye avait les pleins pouvoirs, il écrit en France pour qu'on lui donne un ordre d'aller à la Haye; il le recevra probablement par le retour de son courrier. En attendant, il demeure incognito dans ma maison. Combien de temps sa présence ici restera-t-elle secrète, je ne sais. Mais je pense que moins an en parlera, mieux cela vaudra. »

Ce récit du ministre britannique, très bien déduit, expression fidèle, par la netteté des idées et la fermeté de la plume, du sens pratique de la nation, était très habile, mais seulement sincère à demi. Adressé au gouvernement de Londres, en jalousie réciproque avec le gouvernement de

Hanovn\ il devait se taire sur certaines préoccupations Ju roi, certaines concessions par lui faites au négociateur français, que Thumeur maussade du cabinet d'Angleterre aurait peut-<>tre mal accueillies.

(Vost ainsi que Stanhope, repoussant toute mention du traité dX-trecht, puisque ce traité avait été tant honni et de lui et des whigs, avait dressé et remis à Dubois un projet d'articles à part pour la garantie réciproque des couronnes de France et d'Angleterre. Cette garantie manquait de base, puisqu'elle ne se référait pas au nouveau droit public européen. Si, alors, Tabbé parla de se retirer, ot si Stanhope prit cette menace fort tranquillement, il l)araîlrait qu'il n'en fut pas tout à fait de même de son inaîlre. George voulait conclure et il eut la pensée qu'en mentionnant dans le traité les articles du traité d'Utrecht relatifs à la succession aux deux couronnes, comme le souhaitait Dubois, il aurait le double avantage de satisfaire raisonnablement la France et d'épargner à l'Autriche, victorieuse des Turcs, le déboire d'une stipulation à part, fondée formellement sur le maintien de Philippe V en Espagne, d'après sa renonciation à ses droits sur la France. On sait que, pour l'empereur Charles VI, PhilippeV restait <|uand même le duc d'Anjou, un usurpateur.

Ce changement inespéré, communiqué par Stanhope, siirprit très agréablement Tabbé Dubois. Il se hâta, le mrnie jour (23 août 1716), d'en informer le Régent, comme d'une crise qui, disait-il, changeait leur condition en mieux. N'étant pas dans le secret de la cour de Hanovre, il avait peine à on croire ses oreilles. « Dieu veuille, s'écriet-il, que cela se soutienne jusqu'au temps où Ton pourra si^mer! » Et le nerveux personnage, ravi, ému de tenir entre ses mains un résultat si grand, qui peut être si fugace, demande au Régent « beaucoup de secret jusquVi ce que

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Taffaire soit bâclée, et une diligence extraordinaire pour envoyer M. dlberville et un ingénieur au fait sur Taffaire de Mardick en Angleterre, avec ordre de ne point barguigner, et de céder proinptement ce qu'on ne peut pas conserver ». Il supplie le duc de se souvenir qu'un seul jour de retardement peut lui faire perdre le seul moyen assuré qu'il puisse avoir pour conserver la paix au dedans et au dehors du royaume. En attendant le retour du courrier qu'il lui expédie le jour même, il tremblera jusqu'à la signature du traité; jusqu'à ce temps-là, il n'y aura pas un moment . qui n'ait son danger. Il faut faire partir M. d'Iberville en poste, et lui dire positivement que le succès, le mérite de sa commission consistera à envoyer en peu de jours un acquiescement cl une convention des Anglais sur ce qui doit se changer à Mardick.

« Je voudrais pouvoir racheter d'une partie de mon sangle temps que cela nous fera perdre. » Ensuite, il justifie la négociation aux yeux du Régent par la considération de l'avantage public : « Que pouvez-vous faire de plus important pour le roi que d'assurer la paix dans son royaume, et de le lui rendre tranquille et muni de bonnes alliances?... Si ce traité vient h bonne fin, il me paraît par tout ce que j'apprends ici, cjue le bruit qu'il fera dans l'Europe, fera taire celui des bourgeois de Paris, parmi lesquels je compte nos plus merveilleux seigneurs. Je soutiens qu'il est plus honnête et plus utile que la clause qui regarde la succession soit dans le traité que si on cherchai à la cacher dans un article secret, qui ne peut pas même l'être, ni en Hollande, où, pour quatre pisloles, on voit tout ce qu'on veut, ni en Angleterre, où le Parlement fait porter sur le bureau, quand il lui plaît, les papiers les plus secrets*. »

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