‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 113 sur 209 · L*ABBÉ DUBOIS A HANOVRE · texte numérisé non relu

L*ABBÉ DUBOIS A HANOVRE

Le roi préféra le premier, qui était en effet le plus pratique. Il convenait le mieux à son esprit simple et précis; et il avait encore un autre mérite que Stanhope signalera au ccJ^inet de Londres.

Les bases de Talliance défensive étaient ainsi arrêtées; mais la conclusion définitive ajournée et subordonnée à l'arrangement qui devait intervenir à Londres relativement au canal de Mardick. En attendant, Dubois et Stanhope signèrent chacun des autres articles *. Il y en avait en tout quatre '.

La bonne volonté était pleine et entière du côté du roi et de Stanhope. Le Régent aussi s'était fixé définitivement à cette alliance. Lord Stair, à qui Tune et l'autre partie avaient, comme d'un commun accord, retiré cette négociation, leur servait maintenant de confident et de truchement. De Londres, le* ministre Methuen lui recommandait de pénétrer dans les disputes et les intrigues de la cour de France, assez avant pour remporter auprès du Régent,

1. Methuen à lord Stair, Whilehall, 27 août (7 septembre) 1T16. Siair Papersy Oxenfoord Castle, vol. V.

2. Nous trouvons dans les Stair Papers, Oxenfoord Castle, vol. VII, un récrit partiel des conférences de Hanovre par une tierce personne. C'est Robethon, secrétaire français du roi, par conséquent en position d'être très bien informé. Il écrit à lord Stair (Hanovre, 25 août 1716), en français :

« L'abbé du Bois est ici depuis trois jours et actuellement malade. 11 a dépêché un exprez au Régent duquel il attendra ici le retour. Il a fait des difficultez sur l'article de Mardijck qui estoient suffisantes pour nous donner lieu à rompre toute la négociation, et aussy M. de Stanhope Ta voit la dessus (renvoyé) au conseil de Sa Majesté en Angleterre et luy avoit fait comprendre que cet article estoit de telle nature que luy Stanhope ne pouvoil sans risquer sa leste en prendre sur luy la décision el que l'afTaire concernant de si près la nation Brittannique, on en devoil délibérer en plein conseil, de sorte qu'il pouvoit passer à Londres pour y faire s'il jugeoit à propos les propositions dont il estoit chargé à cet égard. Il me paroit que la grande et belle victoire du prince Eugène * ponrra procurer audit abbé du Bois des ordres plus modérés el que l'envie de s'accommoder avec nous augmentera à proportion des avantages de l'Empereur....

a P. S. On lient ici fort secret que l'abbé du Bois y est. »

* A Pcterwardein. Nous en arons parlé plas haut.

aiG LK HKGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES ANGLAIS.

dont c'était aussi Tintérêt, sur la cabale du vieux ministère, lequel avait, tout le temps, soutenu le Prétendant, favorisé ses desseins et conduit le Régent à la plupart des mauvaises mesures par lui prises à régainl du roi '.

De Hanovr«\ Slanhope se montrait encore plus pressant (7 septembre). Les serviteurs du roi en Angleterre, disait-il ù lord Stair, étaient parfaitement d'accord que la négociation avait été mise sur un très bon pied. Restait seulemenl, pour l'amener à une prompte et heureuse conclusion, que le Régent se rendît de bonne grâce à ce que demandait le roi dans le projet originel sur Mardick. *( Comptez qu à cet égard le roi, ni de son propre mouvement, ni par le conseil d'aucun de ses serviteurs ici, \\v fera de concessions. Louis XIV, dans toute sa gloire, trouva bon d'acheter l'amitié de TAnglolerre en cédant Dunkenjue à Cromwell. Le roi, par ce projet, tel qu'il a été réglé entre Tabbé et moi, a donné la plus forte preuve de son sincère désir de cultiver Tamitié réelle qu'il a pour le Régent. Dans cette vue, il a négligé plusieurs très grands inconvénients et il a pris franchement un parti <|ui répond pleinement à toutes les objections faites jusqu'ici par la France, qu'après s'être rendue à nos désirs dans celle négociation, il y avait toujours de Tincerlitude sur ce (|ue l'Angleterre ferait ensuite pour elle. »

Stanho[ie ajoute <jue le roi, dans son désir de conduin* à bonne fin celle négociation, a fait des avances susccpliblcîs de lui porter grandement préjudice en cas de rup-

!. Wliilrliall. 27 nnùï (1 sopl<Mnbro) Hir». Sfair l*afirrjt, OxcnFoorfl Ca<:(le, vol. VI.

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Uire. Sans duiUo, il a en vue la cour d'Aulriche, méconlentc de la lendauce de George 1*^^ à se rapprocher de la France; elle ne manquerait pas de triompher d'un avorleinent. — Mais alors le monde devrait regarder le Régent comme bien mal conseillé, si, pour soutenir une insigne infraction à la bonne foi et la violation des traités commises par le vieux roi et le vieux ministère, ses ennemis, il allait sacrifier les réels avantages et la sécurité qu'une alliance avec TAngleterre lui procurerait. Lui-même, précédemment, n'avait-il pas eu la franchise d'avouer à lord Stair que la construction de ce nouveau port était une mauvaise chicane ? Puisqu'il n'avait pas été de ceux qui avaient conseillé ce manque de foi, son honneur et son crédit ne pouvaient courir aucun risque à exécuter ùona fuie cette condition du traité d'Utrecht, conformément à son vrai sens et signification. Mais, quelque résolution qu'il prît, le roi aurait du moins cette satisfaction que tous, soit en Angleterre, soit hors de l'Angleterre, seraient convaincus par sa conduite qu'il désirait vivre bien avec la France. Quelques fâcheuses conséquences qui pussent résulter de la rupture de la négociation sur un point si essentiel au commerce et à la sécurité de ses royaumes et sur lequel il était si justement fondé à insister, elles devraient être imputées à ceux qui auraient égaré le Itégent.

Stanhope terminait cette dépèche en recommandant à lord Stair, de la part de Dubois, de ne parler de cette alTaire à personne autre que le Régent, et surtout de ne dire mot au duc de Noailles '.

I. SUnhopc' h loril Slair, Hanovre, 7 seplembre 1716, en anglais. Stair /'(i/ers, Oxenfo->rd Caslle, vol. VI. Lord Slair répond à Stanhope, Paris, :» CM'lobrc 1716, on franraij : u J'ay observé avec exactitude l'avis que vous m'aviez donné; ji» n'ai p;«s ouvert la bouche au D. de N. ni à qui <|ue ce soit. *> (/«/., iàid.^ vol. \'.;

Déjà, avant que ces pressantes objurgations à Tadresse du Régent partissent de Hanovre, ce prince assurait Tambassadeur qu'il avait muni Fabbé d'instructions qui faciliteraient en toute chose la conclusion de Talliance défensive, et satisferaient le roi en tout ce qui serait de nature à marquer le réel attachement qu'il portait à sos intérêts \

Mais alors quelle preuve plus convaincante que de donner satisfaction sur Mardick? Lord Stair redouble d'efforts auprès du duc d'Orléans (10 septembre]. « Je dis ù Son Altesse Royale que si, réellement et sincèrement, elle voulait être bien avec le roi, il fallait penser à écarter le.s justes motifs de jalousie qui lui avaient été donnés depuis le commencement de la Régence. Je laissais à Son Altesse Royale à juger ce que devait penser le roi en voyant les gens qui étaient dans sa plus intime confiance, être les partisans, les agents du Prétendant; le roi devait nécessairement supposer, ou que ces gens agissaient par ordre de Son Altesse Royale, ou qu'ils la trahissaient; lui. Régent, savait ce qu'il avait à faire dans les deux cas. Il répondit : « Milord, il est possible que j'aie autour de moi « des gens qui m'aient' mal servi; vous pouvez aussi con- « naître des particularités que j'ignore. Je serai très aise « d'en causer avec vous à fond ; vous verrez que je suis un « très loyal serviteur du roi, que je suis attaché de cœur à « ses intérêts et que je lui en donnerai des preuves. — Mon- « sieur, répondis-je, quand vous aurez le loisir de m'en- « tendre, je vous parlerai très franchement; et il se peut « que j'aie à vous dire de certaines choses que vous igno- « riez au moment où elles avaient lieu. »

« Le duc d'Orléans, poursuit-il, désire passionnément

1. Stair à Methucn, Paris, 26 août 1716, en français. Stair Papers, Oxenfoord Gaslle, vol. 111, B.

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la conclusion de l'alliance défensive. Il la regarde comme absolument nécessaire au maintien de ses intérêts et de son crédit, au dedans comme au dehors ; et il ne reculera devant aucune difficulté qui viendrait à la traverse de la conclusion, à moins qu'elle ne fût de très grande conséquence. Vous trouverez M. dlberville plus coulant. Je conclus qu'à moins que les affaires d'Europe ne viennent à jNrendre un nouveau tour, le Régent poussera la conclusion de cette alliance défensive avec toute la chaleur et la vigueur possible *. »

En même temps qu'au ministère de Londres, lord Stair rendait compte au ministère de Hanovre, c'est-à-dire à Stanhope, de cette même conversation avec le Régent. Le récit est plus piquant, parce qu'il rapporte en français les termes mêmes de leur entretien. Le prince dit qu'on pense laisser un passage pour les navires de trois cents tonneaux et la petite écluse. L'ambassadeur se récrie que ce sont là de grands vaisseaux. « Milord, réplique le Régent, vous savez comme je pense sur cette affaire-là et comme j'ay toujours pensé. Je ne demande qu'un écoulement d'eau et un passage pour le commerce de Bergues. Du reste, faites comme vous voulez. Si vous croyez que trois cents tonneaux est trop, prenez deux cents et finissons. Je ne demande pas mieux que de vous faire voir que je n'ay nulle connexion avec le Prétendant et je n'ay jamais eu envie l'avoir '. » Effectivement, il n'en avait plus; mais il portait la peine de celle qu'il avait eue.

Quatre jours après, dans une nouvelle audience (14 septembre), au sujet des gens qui l'avaient mal servi, le duc

1. Stair à Methuen, Paris, 9 et 12 septembre 1716, en anglais. Stair Papers, Oxenfoord CSasUe, vol. III, B.

2. Lord Stair à Stanhope, Paris, 11 septembre 1716, en français. La conversation est du 10 septembre. Rec. 0/f., France, vol. 349.

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d'Orléans dut reconnaître la trahison de Tabbé de Thésut, secrétaire de ses commandements, devenu Tagent des jacobites. Stair le savait par Bolingbroke *. A cette occasion le Régent remarqua combien il était peu sur de se fier aux hommes d'Eglise qui, souvent, avaient leurs vues particulières, et de plus, un autre maître, le pape, dont ils dépendaient : observation qu'il oublia ou négligea, quand il fit de Dubois un archevêque et un cardinal. De nouveau, il exprima une grande impatience de voir le traité conclu et prolesta que les accrocs qui s'étaient rencontrés sur le chemin de Tentente avec le roi, n'avaient jamais été de son fait à lui Régent.

En un mot, ses paroles respiraient une telle franchise que lord Stair n'hésitait pas à se porter garant, auprès du cabinet de Londres, de son entière sincérité ^

Mais telles n'étaient pas tout h fait les dispositions de celte partie du cabinet anglais. De l'autre côte de la Manche, comme de celui-ci, dans l'un et dans l'autre royaume, il y avait le vieux ministère, imbu de la rivalité des deux nations et ne s'arrachant que contraint et forcé à l'obsession d'un antagonisme invétéré. Si, en France, les uns ne pouvaient pas comprendre la politique qui rompait avec celle du grand roi, pour aller à l'alliance anglaise ; do même en Angleterre, les autres ne souffraient guère que Ton rompît avec la politique de (îiiillaume III, et que Ton

1. l^e Régent relira à l'ahlK* sa fonction: el néanmoins, le consola par le don de l'abbaye de Sainl-Marlin de Ponloise. (Saint-Simon, t. XUl. p. 328.)

2. Ijord Stair h Melhuen, Paris, fi- lu septembre 1116, en anglais. Stair Papers, Oxenfoord Castle, vol. V. L'ambassadeur écrira, le 5 octobre, à Slanhopc, en français : « Pour Mardick, le Régent allait de bonne grâce au-devant de ce que nous pouvions souhaiter et il a été très touche de voir (ju'en Angleterre, on n'avait exigé que des choses absolument nécessaires, se relâchant même sur les points qu'il avait acronlés. Les Français se sont bornés à des barques de soixante (\ soixante-dix tonneaux pour le commerce du pays. » (/«/., ihùi.}

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dénouât la coalition, son œuvre, pour aller à Talliance française. George I", électeur de Hanovre, roi d'Angleterre, voyant en perspective la ligue du tsar, du Régent et du Prétendant contre ses Etals conlinentaux et insulaires, luimême moins Anglais qu'Allemand, souhaitait de bon cœur le rapprochement avec la France. Près de lui, Stanhope, large dans ses idées, homme d'imagination et d'exécution, désireux aussi de se concilier la faveur du roi en le servant selon ses désirs, avait renoncé aux préventions nali")nales qu'il avait jusque-là partagées avec les autres hommes d'Ëtat britanniques. Il était tout prêt à devenir l'homme de Talliance française.

Autour du prince de Galles, on doutait. Lord Townshend et M. Methuen croyaient que le Régent n'accepterait jamais leur plan de démolition à Mardick, et qu'ainsi le roi ne risquait pas d'être entraîné dans aucune difficulté par rapport à la garantie des renonciations. Ils faisaient le petit calcul machiavélique que, du moins, la négociation était; retirée des mains de la faction française en Hollande, et concentrée dans celles du roi; qu'en supposant qu'il eiU résolu de ne pas en venir à traiter, il était utile néanmoins de prolonger les conférences, parce que cela empêch^îrail le Régent de soutenir les jacobites pendant l'absence d;i roi et rabattrait leur ardeur; qu'au dehors, un tel acte do soumission de la part du Régent inspirerait à la cour uj Vienne plus d'égards et de respect pour le roi, et pourrait l'amener à des mesures conformes aux intérêts «1 i monarque, aussi bien qu'à ceux de la maison d'Autricho et de toute l'Europe *.

i. Sleph. Poynlz à Slanhope, Hampton Court, 11-18 (28-29) août 1710. Goxe, Memoirs of Walpole, vol. II, p. 12-74. — Poyntz veut sans doiil • parier des mesures que rKmpereur prendrait dans ses Ktats contre Ir ; jacobiles, de la sanction qu'il ne croirait pas pouvoir difTércr plus Ion,'temps de donner aux récents agrandissements de George aux dépens i! j

sa LE HÉGENT, L'ABBË DUBOIS ET LES ANGLAIS.

Quelques jours après, en félicitant Stanhope d'avoir, dans ses conférences avec l'abbé, évité de confirmer lo traité d*Utrecht dans son ensemble, de telle sorte quo l'Empereur n'aurait aucun motif raisonnable de se fornuiliser de la garantie stipulée entre les deux puissances, ils considéraient l'insuffisance des propositions françaises relatives à Mardick, comme une preuve du peu de sincérité du Régent et de sa résolution de ne jamais se rendre à cette demande de tant d'importance; et si la cour de France refusait de leur donner satisfaction là-dessus, lo traité se romprait sur un point si justement populaire en Angleterre, que tout honnête homme condamnerait le Régent et applaudirait à la conduite tenue par le roi dans tout le cours de cette négociation \

Etait-ce pour entrer on apparence dans rhumeur rétive do ses collègues et leur- donner le change, que Stanhopo leur répondait : « Je crois que ce que le roi aimerait Ic^ mieux, ce serait que le Régent n'acceptât pas notre article de Mardick; mais /comptez qu'il sera bien aise si, par son acceptation, la France achève le traité *. »

M. dlberville, ainsi qu'il avait été convenu ù Hanovre entre Stanhope et Dubois, avait été envoyé par le Régent à Londres, au commencement de septembre, avec mission d'y régler l'article de Mardick. Mois, sans tenir compte do l'esprit et de l'objet de ses instructions, il bataillait sur la largeur et la profondeur des écluses et du canal, sous prétexte de faciliter Fécoulemenl des eaux. Les Anglais voulaient en rendre l'accès impraticable aux vaisseaux de

ta Suède, cl (l*unc pulilique viguiireusc qu'il adopicrail pour obliger lo tsar à évacuer le territoire de l'Empire.

1. Slcph. Poyntz à Slanhopc, Hampton Court, 21 août (lo' septembre) 1716. Coxe, Memoirs of Walpole, vol. U, p. 15.

2. Stanhope h Slepli. Poynlz, Hanovre, 8 septembre 1116. (îoxe, iV/., i6/V/.. p. 11» -

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fruerre et aux corsaires, terreur de leur commerce. Autour iiu prince de Galles, ils triomphaient de ces linesses do renvoyé et disaient en raillant qu'il n'y avait pas d'apparcince que le Régent mit le roi dans le moindre embarras en consentant même en paroles à la déjiioKtîon de Mardick, Opendant ils proposèrent une modification conforme aox demandes réellement inconsidérées de M. d'Iborville ; car, selon leurs ingénieurs, elle devait contribuer à Tamoindrissement du port mieux encore que leur premier plan. Si le Régent la repoussait, disaient-ils, cela convaincrait les obstinés et les malveillants à la fois en Angleterre et en Hollande que Técoulement des eaux n'était qu'un vain mot et un prétexte, puisque les Français, après qu'on leur aurait accordé la profondeur de l'écluse, telle qu'ils la réclamaient, seraient aussi loin que jamais d'fetre satisfaits. Ainsi le roi serait justifié devant le monde entier s'il n»mpait le traité sur ce point « et cela fournirait à nos amis en Hollande le moyen de brider cet empressement qui se manifeste chez trop de gens pour négocier avec la Krauce ' ».

Lord Townshend et Methuen signifièrent par écrit à M. d'iberville que, s'il n'avait pas d'ordre pour accepter rex[)édient qu'ils lui |>ro|>osaient, il serait inutile de continuer la conférence *. M. dlberville recula devant la responsabilité d'une rupture, d'ailleurs si contraire aux intentions du Régent. Devenu plus coulant, ainsi que lord Stair l'avait ]»ronosliqué à bon escient, il s'exécuta. Trois jours

1. SUîpli. Poyntz. à Slaiilio|u', Hamplon Court, 8 (19) septembre ni6. 1 :M\t', ici., ibid., p. 80. CcikmhIjmiI Methuen écrivait à lord Stair, le 40 (2i) seph-rnhre, «jue si l'on ne voulait à aucun prix que Mardick piU recevoir des \.iia>eanx de guerre ou des corsaires, une fois qu'il y aurait été pourvu, ..M >'enlondrdil aisémeiil sur quelques pieds de plus ou de moins, en lar- ^'«Mir et en prof(>ndeur. Siair Papcrs^ Oxenfoord Castle, vol. V.

2. Hamplon Court. 7 {\%) septembre lllt). Stair Papcrs, Oxenfoord Casllc, \ol. v.

après celte rude mise en demeure, c'esUà-dire le 10 (21) septembre, il consentit au rasement des jetées du chenal de Mardick et à la réduction de Técluse à une lai^ur de seize pieds. Ce n'était pas, dit-il, dans ses instructions. « Gomme néanmoins je connais l'ardeur du désir qu'a Mgr le duc d'Orléans d'affermir le repos des deux royaumes par une étroite union avec Sa Majesté Britannique, je me flatte que Sou Altesse Royale me pardonnera de n'avoir pas suivi ponctuellement ses ordres, quand elle verra par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire qu'il falloit renoncer à Talliance ou passer cet article *. » Elait-ce la peine d'avoir cherché à soulever des difficultés, pour en arriver à céder de ce style? ou bien, M. d'Iberville était-il de ceux qui servaient mal, tout en se donnant l'air de servir bien?

Le lendemain, un chant d'allégresse, fort bien raisonné d'ailleurs, retentit de Londres à Hanovre.

« Lord Townshend et M.Methuen, écrit Stephen Poynlz qui tient la plume sous la dictée de ces deux ministres, ne doutent pas que M. Slanhope ne soit surpris d'apprendre (jue, sitôt après leur dernière lettre \ M. d'Iberville ait remis un papier par lequel il cousent à l'exécution d'un plan qui, d'après les meilleurs officiers de mer et les ingénieurs, sera encore plus efficace, pour la miâe hors de service du port, que ce qui avait d'abord été proposé par le gouvernement britannique. Ils allriljuent ce changement dans la conduite du Régent, partie à l'état embarrassé de ses propres affaires, partie à ce qu'il a meilleure opinion du roi; peut-être aussi, la victoire de l'Empereur y est-elle pour quelque chose.

1. LelliT à M. Meihuen, 10 (21) scplcniljrc l'IO. Sfair Papers^ Oxeorooni Casllc, vol. V. Stcph. Poynlz û Slaiiliopc, llamploii Court, 11 (22) seplembro niO. Coxe, Memoirs of Walpoie, vol. Il, p. 82.

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