‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 130 sur 209 · p. vol. II. p. Ili · texte numérisé non relu

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v)70 LE REGENT, L'ABBÉ DUBOIS KT LES ANGLAIS.

soit les vents contraires, donneraient du répit et le loisir (V avancer les choses en Ilollande; comme d*aiUeors, les instances pressantes du roi avaient pour cause les exigences (les aiîaires du Nord, et nullement l'intention de manquer d'égards envers les Etats, elles produiraient l)eut-<>tre le bon effet de les faire passer par-dessus les ennuyeuses formalités de leur gouvernement et de les amener h signer (avec l'abbé) en même temps que lord Cado^v-an et Walpolc. En aucun cas, ce dernier ne devait quitter la Haye. Point d'éclat. Cela le desservirait grandeuKMit auprès du roi, comme auprès du prince de Galles*. Ainsi, tout en blâmant le roi, on évitait le conflit. Mais lord ïownshend soulagea son cœur et s*expliqua près de Stanhopc avec sa vigueur accoutumée.

Dans une première dépêche, (12) 23 octobre, il l'informe d'abord, d'après des lettres interceptées, des manœuvres de Gyllenborg, ambassadeur de Suède en Angleterre, pour préparer un nouveau soulèvement jacobite en promettant Tappui des troupes suédoises. Et, en effet, l'état de faiblesse auquel les Danois sont réduits, la conduite du tsar, semblent présenter au roi de Suède l'occasion de se livrer à ce qui parait être sa passion favorite, c'est-à-dire de se venger du roi ; et pour sa j)art, lord Townshend avoue franchement que le tour malheureux que les affaires du Nord ont pris, expose le roi à de grandes difflcultés aussi bien en Angleterre qu'au dehors. Car l'attitude du tsar a rendu dangereuses et presque impraticables, les mesures qu'on aurait pu premlre en vue d'abaisser davantage le roi de Suède, de sorte que le roi se voit obligé de se garder égaleiui^nt contre les desseins de l'un et de l'autre, ce qui le met «ians la double nécessité d'augmenter ses troupes on

1. Stefjli. Poynl/ à Hnra«'c Walpolo. Ilampton Court, 9 (ÎD) oclobre ni». Coxo, Mem. nf\V(ili»oh\ vol. Il, p. 112-113.

Allemagne pour donner cœur au Danemark, à la Prusse, laquelle penche du côté du tsar uniquement par crainte, et de se précautionner en Angleterre, de manière à montrer au roi de Suède que toute entrejirise de sa part tournerait à sa confusion \

Ainsi, en conséquence de la politique qu'on a suivie, il faut se tenir prêt partout. Et cependant, il est très difficile de trouver de l'argent pour T Allemagne.

Dans une seconde lettre, postérieure à celle-ci de quatre jours, 16 (27) octobre, en réponse à celle de Stanhope du 16, lord Townshend se plaint des mauvais offices que les Ilanovriens lui rendent auprès du roi, notamment au sujet de la solde de certaines troupes allemandes. Ce débat mérite de trouver place ici, parce qu'il contribua pour sa part à la révolution ministérielle qui porta bientôt Stanhope à la tête du cabinet anglais, causa une violente scis-^ sion dans le parti whig, et servit puissamment Talliance française.

Lors du débarquement du Prétendant on Ecosse, le I^arlement avait autorisé la levée de quelques troupes auxiliaires de Munster et de Saxe-Gotha. La prompte défaite de rinsurrection les avait rendues inutiles; mai^ le roi les maintenait sur pied à cause des événements d'Allemagne. Jusque-là, il les avait payées avec l'argent qu'il s'était procuré par voie d'emprunt à la requête de son con*' seil. Comme si ce n'était pas son propre trône et son électorat qui fussent enjeu, il prétendait qu'on lui avait promis de le rembourser de ses avances sur le Trésor public.

\. Lord Townshend à Stanhope, Hamplon Court, 12 (23)octol)re 1717. Coxe, J/em. of Walpole, vol. II, p. 113-114. C'est dans cette dépêche qifil csV parlé de la velléité des ministres britanniques do faire rétablir le stathou-i déral en Hollande au profil de (ioorge I*' et du refus de ce prince de 8*yi prêter. Nous en avonsfait menlion en traitant de.Tétat de la Hollande à) cette époque, chap. vu. '

'^'± Lt iitîi;i-:NT. L ABBE DLBOIS ET LES ANGLAIS-

Kobtrt Walpoli.-. premier lord de la Trésorerie', s'en «léfeutjait par des raisons de légalité, attendu que celle dép•.'n^ë n'avait pas re^*u la sanction du Parlement, ot lord Townshend était d'opinion qu'il fiillait attendre To'iverturo ile la prochaine session.

Le roi s'irrilail. Stanhope priait lord Townshend de stimuler Walpole : • J'ai plus de raisons de le presser que je n'ai envie de vous le dire: je crains que de certaines j?(*ns ne lui rendent de mauvais offices' ». 11 entendait p:r là les Uanovriéns, affamés île l'aient anglais, surtout Bothmar resté à Londres. Mais George soutenait qu*avunl de partir d'Anâ:leterre. il avait reçu de Walpole la promesse de trouver un moyen de pourvoir à cette dépense '. Le ministre répliqua qu*il protestait devant Dieu n*avoir jamais rien promis de tel. 11 ne pouvait pas se rappeler que le roi lui en eût jamais dit une syllabe, ni lui au roi : •• Mais, ajoutait-il en sauvant au moins les apparences dans cette contestation bizarre, ma mémoire peut me fain* défaut, du moment que Sa Majesté dit le contraire * -. Avec un homme comme George I*', ombrageux, concentré, sujet à de soudaines explosions de colère, ce genn* de querelle était redoutable, surtout si cela venait à se lin* à des mécontentements politiques sur d'autres points.

Ceci expliqué, revenons à la lettre de lord Townshemi à Stanhope, du 16 27) octobre.

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