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La démolition de Mardick

« Sur quoy, l'abbé Dubois m'a dit qu'il n'avoit nulle objection à faire contre la chose même, mais que ses ordres ne l'autorisoient qu'à signer précisément ce qu'il avoit auparavant conclu et signé avec Votre Excellence à Hannovre, que cependant il écriroit là-dessus incessamment à M. le Régent pour avoir des ordres d'ajouter lesdites paroles à notre traité comme je le désirois et qu'en attendant il consentoit qu'elles restassent dans le traité que nous devions signer conjointement avec les Hollandais, de la manière que je les avois insérées dans ledit traité que je leur avois remis, et pour plus grande sûreté je lui ai envoyé une lettre sur ce sujet pour avoir une réponse de luy par écrit qui put tenir lieu de déclaration (jue la convention faite par M. d'Iberville à Londres d'ajouter les susdites paroles au traité étoient aussi valides que si on les avoit mises dans celuy que nous venons de signer; je joins icy une copie de madite lettre et de la réponse de TAbbé; et j'espère, monsieur, que Sa Majesté approuvera ce que j'ay fait là-dessus *.

« Ledit Abbé a demandé avec instance que notre signature fut tenue secrelle selon qu'on en étoit convenu, et il m'a dit de plus que ce traité que nous avons signé n'étant qu'un acte provisionel et ne devant jamais paraître si les États entroient dans le traité, de quoy on ne pouvoit présentement plus douter, il garderoit ledit acte icy jusques à ce qu'on vit ce que lesdits États feroient, et il a voulu exiger de moy une promesse de faire la même chose; j'ay répondu à cela que pour le secret, je le tiendrois fort exactement selon les ordres que Votre Excellence m'avoil donné, mais que pour ce qui étoit de l'autre point, je ne

1. Lord Cadogan à Slanhope, la Haye, 28 novembre 1716, en français. Rec. O/f,, Rolland, vol. 379; — lord Cadogan à lord Stair, la Haye, 3 décembre 1716. Oxenf. C.» Slair Papers, vol. VI.

Wt LE RÉGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES ANGLAIS.

pouvois rien faire de plus que de garder ledit acte jusques à ce que Votre Excellence m'eut maudé les intentions de Sa Majesté là-dessus. »

La lellre de lord Cadogan à Dubois, et la réponse de celui-ci, relatives à Tenvoi de commissaires à Mardick. écrites Tune et Tautre avant la signature du traité, accompagnaient cette dépêche.

Cadogan relatait d'abord les paroles que, d'après la convention arrêtée à Londres entre lord Townshend, M. Melhuen et M. dlberville, il avait reçu ordre de faire ajouter touchant Tenvoi des commissaires & Mardick; et il joignait copie de la lettre de M. d'Iberville & Mcthuen à cet égard. « Cependant, continuait-il, comme lesdites paroles ne sont pas dans l'acte qu'elle (Votre Excellence) a signé avec M. Stanhope, et qu'à cause de cela, elle n'est point autorisée de les ajouter à celluy que nous allons signer; que pourtant elle n'a point d'objection à faire à la chose elle-même, mais seulement à la forme, et que Votrt* Excellence m'assure de plus qu'elle écrira incessamment à M. Uî Régent pour avoir ordre de les ajouter à notre dit acte : que la signature de M. d'Iberville étoit aussi valable que la vôtre et que la présente omission de ces paroles dans Tacte que nous allons signer n'affaiblit en aucune manière la force de l'engagement de M. d'Iberville, je n'ay pas voulu différer une chose aussi importante que la signature de notre acte pour une affaire qui est seulement de forme puisque Votre Excellence convient que ledit enga- ^^onient de M. dlberville est aussi valide que s'il eut été ajouté à notre acte et que pour oter tout malentendu M. \o Régent onvoiera ordre d'ajouter ce que M. d'Iberville aura stipulé à Londres en vertu de ses pleins pouvoirs. »

Ce n'était pas la clarté qui manquait à ce papier. L'abbé

n'avait pas qualité pour désavouer ce que son collègue

avait stipulé en Angleterre. 11 répondit :

ce Mylord, j'aurai l'honneur d'écrire demain à Monseigneur le Régent pour luy demander ses ordres sur ce que vous désirés qui ne peut faire aucune difficulté, si M. dlberville s'y est engagé en vertu de son pouvoir, en conséquence duquel ce qu'il a signé et promis est aussi valide que s'il étoit dans le traité, et je suis persuadé que Monseigneur le duc d'Orléans sera très content qu'il y ail quelqu'un à Mardyk de la part du Roi de la Grande-Bretagne, qui soit témoin de la fidélité et de la diligence avec laquelle on exécutera ce qui a été promis. D'abord que j'aurai receu des ordres en réponce, je ne manquerai pas de vous en donner avis *. »

Le Régent, en effet, envoya des ordres conformes; et la convention de M. d'Iberville fut insérée dans le corps du traité *.

1. 2S novembre 1716, date commune de ces trois lettres. lier. Off., BoUand, vol. 379.

2. Lord Cadogan à lonl Townshend, la Haye, il cltVemhre, à Stanhope, 14 flêrembre 1716, en français; du môme à lord Tuwusliend, 22 décembre 1716, en anglais, /r/., îhiil.

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