Whitehall, 11 (22) décembre ni6. Coxe, vol. H, p
Au roi : il avait reçu avec la déférence et la soumission la i)Iu$ parfaite les ordres par lesquels il se trouvait démis (le sa charge de secrétaire d'Etat. Mais quant à accepter rirlandc, ses aifaires domestiques ne lui permettaient pas d'élahlir son séjour hors de TAngletcrre; et il s^estîmerait indigne du choix que Sa Majesté avait fait de lui, s'il était capable de jouir des gros appointements de cet honorable emploi sans se mettre en état de les mériter en faisant les fonctions requises *.
Methuen, non plus, n'était guère en goût d'accepter la charge de secrétaire d'État qu'il exerçait provisoirement. Ce qu'il avait eu à endurer, disait-il, depuis le départ du roi, pouvait à peine s'exprimer. « Je vous écris à quatre heures du matin; et je viens de travailler onze heures à mon bureau, j'en suis presque mort.... Si j'avais le choix, j'aimerais mieux être esclave sur les galères. » Et puis, comme il est fatigué de la perversité et de l'extravagance do Tespëcc humaine! Il demande du repos pour prendre soin de sa santé et de ses affaires '.
Robert Walpole serre la question de plus près. Beaufrère, ami de lord Townshend, il est profondément irrité. Après avoir reçu les lettres de Stanhope du 3 décembre, apportées par llorace, et du 15, par le messager Brereton, il lui est impossible, répond-il, de deviner ce qui h pu causer un si grand changement dans l'espace de douze jours, à moins que ces mesures ne fussent déjà arrêtées et que le changement n'eût porté que sur le moment de l'exécution.... « Quand vous me demandez, poursuit-il, de
1. 11 (22;; (lêcembre 171C. Kn français. Goxe, toI. H, p. 142. Lord Malion (vol. L p. 165), en (jualité de descendant de Stanhope, ne résiste pas à la tentation de remarquer que, fort peu de temps après, Townshend surmonta ce scrupule.
2. Methuen k Stanhope, Whitehall, 12 (23) décembre 1716. Coxc, vol. Il II. 143.
décider lord Townshend à accepter la part que vous lui laillez, je dois vous dire que vous me demandez l'impossible. Il est bon que vous sachiez qu'au Conseil, aucun de ceux avec qui, vous et lord Sunderland avez été d'accord tant d'années \ n'estime que, vu la circonstance et le procédé employé, on puisse lui conseiller d'accepter l'Irlande; ni que les auteurs de tout ceci aient pensé qu'il le voudrait ou souhaité qu'il le fît. Croyez-moi, celte affaire est accueillie ici par tous les hommes sensés et bien intentionnés pour le roi, tout autrement que vous ne l'avez imaginé quand vous y êtes entré. Et soyez certain que s'il y a des gens qui aient envoyé par delà des rapports sur des intrigues ou une correspondance secrète entre nous et les deux frères *, ou quelque manigance tendant si peu que ce fût à quelque vue ou projet autre que le service, l'honneur et rintérèt du roi, ceux-là, je le répète, seront trouvés, pardonnez-moi l'expression, de maudits menteurs du commencement à la fin ^ »
Une lettre ne suffit pas à Walpole pour épancher sa bile. Le même jour, il en écrit encore une autre à Stanhope, non moins virulente et plus directement encore ad hominemy s'il est possible. La lettre particulière de Stanhope, il ne Ta pas laissée voir à âme qui vive. Il ne peut pas la lire, sans que certains endroits Tétonnent au point qu'il n'en sait (jue dire ou penser. Que Stanhope soit entré dans un tel projet, qu'il y ait joué le rôle principal, sans quoi on n'aurait pas pu l'entreprendre, voilà qui est inexplicable.
Il se trompe, s'il croit que les whigs ne feront pas d'opposition à sa politique. « Je ne peux me retenir de vous dire
1. Walpole, dans sa colère, exagère. Il n*y avait que deux ans, depuis ravènement de George I*', en 1714.
2. Ils ont été mentionnés plus haut : le duc d'Argyle et le comte d*Isla.