‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 156 sur 209 · décembre 1716. Ck)xe, vol. II. p. H3-14t · texte numérisé non relu

décembre 1716. Ck)xe, vol. II. p. H3-14t

En réalité, ce coup extraordinaire porté au travers du ministère britannique n'était pas l'œuvre de Stanhope. Il avait été dirigé par lord Sunderland et la faction hanovrienne, c'est-à-dire Bothmar à Londres, Bernsdorf, Robethon et la duchesse de Kendal, maîtresse du roi, à Hanovre. Sunderland accusait lord Cowper, lord chancelier, lord Townshend et Robert Walpole d'être entrés dans des engagements avec le prince et le duc d'Argyle et d'avoir comploté ensemble contre l'autorité du roi *. L'ambition était le mobile de Sunderland; l'avarice, celui de ses auxiliaires, exaspérés de rencontrer chez Walpole l'inexorable gardien du trésor public. Pour en venir à leurs fins, ils enflammèrent jusqu'à la frénésie la jalousie dénaturée du roi contre son fils. Dans son premier transport, il voulait destituer purement et simplement lord Townshend qu'il croyait complice d'une trahison domestique, et qui ne Tavait pas servi à son gré dans les affaires du dehors. Mais Stanhope défendit son ami et obtint pour lui, non sans peine, la lieutenance d'Irlande. Il espérait prévenir ainsi la rupture du faisceau whig. C'est ce qui résulte de ses lettres à Townshend, à Robert Walpole et à Methuen; si l'on tient compte de son caractère franc et impétueux, il n'y a pas de raison pour le taxer de perfidie ni de machinations

1. stanhope, dans ses lellres, défend lord Sunderland. Mais Townshend afûrme avoir vu une lellre de la main de Sunderland, écrite à ce momentlà et renfermant cette accusation. Lord Townshend à M. Slingelandt, 1 (12) janvier 1717 (Coxe, vol. U, p. 139). Cette lettre contient le récit delà crise ministérielle. — Horace Walpole au rév. II. Ëtough, Wolterton, 12 octobre 1751 (Coxe, id.y p. 169). — Lord Sunderland se défendit beaucoup auprès deOuvenvoirde, en Hollande, d'avoircontribué à la disgrâce de lord Townshend. Wassenaar Duvenvoirde à lord Townshend, la Haye, 19, 26 janvier 1717 (/(/., ibid.j p. 165-167). Il paraît qu'il avait écrit la lettre mentionnée par lord Townshend d'après une lettre inconsidérée de lord Cadogan qui, lui-même, s'était mépris {Id,, ibid., et lord Mahon, vol. II, p. 266-267).

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contre ses amis politiques S bien qu'on n'ait pas très bonne ^^ràce à parler modération à ceux qu'on traite TÎolemment.

Thomas Brereton. le même qui avait porté de Hanovre à Londres ces nouvelles renversantes, écrivait à Charles Stanhope. cousin du ministre, c que pour empêcher le torrent de Tintérèl allemand de s'étendre plus loin, le secrétaire «James Stanhope) s*était vu obligé pour le moment dY'ntrer dans leurs mesures^ si désagréables qu'elles lui fussent » *.

Il faut céder à la volonté du roi; elle est irréductible. Tel est le thème de Stanhope.

A la lettre bouleversée de Methuen, du 12 (23) décembre, il réplique qu'il n'y comprend rien et qu'il ne sait que répondre, si ce n'est que le désir du roi est qu'il reste à son |)osle. Si le roi juge convenable de transférer l'un de ses serviteurs d'un poste moins bon à un meilleur ', est-ce une raison pour que les autres l'abandonnent? Existe-t-il des ;rens qui croient, par leur attitude, forcer le roi à reprendre lord Townshend comme secrétaire? S'ils le croient, ils ne le connaissent pas. S'ils ne le croient pas, où veulent-ils en venir? « J'ai récrit, hier soir, par ordre du roi, à M. Walpole et réitéré l'offre de l'Irlande à lord Townshend. Quiconque veut du bien au roi, à son pays et à lord Townshend lui-même, doit insister près de lui pour qu'il accepte ITrlande.... Il se peut qu'ils arrivent à détrôner

i. Lord Malion lient beaucoup à justifler son ancêtre, voL I, p. 258-203, contre les reproches de Coxe {Mémoire of WalpoUf vol. I, p. lOi et suiv.). Il nous parait qu'en etTet lord Mahon est dans le vrai. Stanhope écrit h Robert Walpole, Hanovre, 1«' janvier 1717 : « J'avoue que je ne peux pas découvrir que je me sois rendu coupable d'un manque- d'amitié, en procurant il lord Townshend l'olTre de l'Irlande, alors que le roi était déterminé & no pas le ^'arder davantage comme secrétaire ». (Coxe, vol. Il, p. 153.)

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