Torcy, Mém., p
avait signé sans la Zélande *. Ce fut ce qui arriva encore celle fois *.
Au milieu de ces difficultés spéciales au caractère et à la constitution politique des Hollandais, on travaillait à la rédaction des textes définitifs. Mais si Ton s'était entendu sur la teneur des articles, restaient, quant au protocole, les épines que nous savons, le litre de Roi Très-Chrétien imposé au roi de France pour qui on tolérait tout au plus l'appellation de Corona Gallica dans le quatrième article; le titre de roi de France que s'arrogeait le foi d'Angleterre, tout au moins dans le préambule, la préséance aux Anglais dans Tinstrument latin, aux Français dans Finstrument français; le même débat avec les Hollandais; les précédents du traité d'Utrecht et de la paix de Bréda invoqués de part et d'autre, sans qu'on parvint à rien établir quant à cette dernière; les bévues des scribes hollandais chargés de la mise au net, tantôt criblant le texte de fautes ridicules, ce qui obligeait à recommencer; tantôt inscrivant Galliarum Rex, au lieu de Rex Christianissimus^ et alors scandale à Londres \
George I", beaucoup moins entêté que les purs Anglais d'un titre si vain, fît du moins un acte spontané de courtoisie sur un autre point : l'article que le ministère anglais et M. d'Iberville avaient rédigé ensemble concernant Dunkerque, commençait par quelques lignes en latin, désobligeantes, sinon offensantes pour la France, dont le sens était qu'afin de manifester plus amplement combien le Roi Très-Chrétien était éloigné de se soustraire à la pleine
1. Lord Cadogan àlord Townshend, la Haye, 11 décembre 1716. RecO/f., Holland, vol. 379.
2. La Zélande ne signa qu'une semaine après les autres, le 12 janvier 1717. Lord Cadogan à Melhuen, la Haye, 12 janvier 1717.
3. Nous avons vu plus haul que ce litre de Galliarum fîeo? avait été ^dmis sous Charles II; chap. xxii.
exécution de tout ce qui avait été convenu antérieurement avec la couronne de France relativement à la ville de Dunkerque; non plus qu'à Tobligation d'accomplir toutes les autres choses... *. Cette manière de parler se ressentait, encore du style de Gertruydenberg. On a reproché à Dubois d'avoir accepté une telle rédaction '. Mais puisque Tarticle touchant Dunkerque et Mardick n'avait point passé par ses mains, et qu'il Tavait reçu tout fait d'Angleterre, il n'avait pas à corriger M. d'Iberville.
Quoi qu'ir en soit, le roi étant satisfait et certain de la sincérité du Régent voulut donner une preuve de bons sentiments. De sa main, il modifia la rédaction du cabinet de Londres, en ce sens que le Roi Très-Chrétien désirant sincèrement exécuter pleinement tout ce dont il avait été ci-devant convenu avec la couronne de France touchant la ville de Dunkerque et ne rien omettre de ce que le roi de la Grande-Bretagne pouvait croire nécessaire... *. Par cette forme, on rentrait dans le ton habituel de la diplomatie.
<( L'inquiétude et les soupçons du Régent au sujet des délais apportés à la signature du traité, doivent cesser, écrivait lord Cadogan à lord Stair; car ses ministres ont dû l'informer que les Etats ont résolu formellement de signer lundi prochain. Ces ministres doivent rendre au roi la justice que, bien loin d'y apporter du retard, il a
1. Quo autem uberius elucescal quam longe Rex Christianissimus abhorrtat ab evitanda plena executiane omnium de quitus anlehac convenlum est cum Corona Gallica quoad civitatem Dunquerquanam, ac etiam ab omnes tes alias non perficiendo....