Journal de lord Stair, 0, 11 août 17îo
2. Stanhope à Slair, Whilehall, 24 août (4 septembre) 1715, en français : « L'envoyé qui est icy nous assure et nous Ta répété mille fois qu'il sçail à n'en pouvoir douter que le testament, etc. ». Slair Papers^ Oxenfoord Gastlc, t. II. Cette dépêche du 24 août existe au Record Office, France^ vol. 349; sauf ce paragraphe.
Stanhope multipliai t-il les assurances les plus fortes à l'adresse du duc. Dans une dépêche à lord Stair, du 12 (23) août, après avoir dit d'abord que le roi (Geoi^e P') pense n'avoir pas été trompé sur les particularités qu'il a apprises quant au testament de Louis XIV, le secrétaire d'État continue : « Vous pouvez hardiment assurer S. A. que le Roy est un prince à ne point prendre le change, mais très résolu de soutenir le système de donner pour toujours l'exclusion à la branche d'Espagne à toute prétention sur la France. Il seroit à souhaiter que (S. A.) pût connoître à fond le sentiment du Roy à son égard. Il est sûr que s'il en étoit bien informé, il se croiroit tellement intéressé à voir affermir le gouvernement du Roy, qu'il nous fourniroit très volontiers toutes les lumières qui pourroient y contribuer.... Je vous le répète encore. Ton craint fort ici qu'il ne soit la dupe si tant est qu'il est persuadé qu'on ne lui disputera point la régence. Il peut avec assurance compter sur le Roy; et c'est à luy à vous suggérer en quoy on pourroit le servir *. »
Cinq jours après, 17 (28) août 1715, nouvelle lettre 4g Stanhope à lord Stair, plus pressante encore, tant le fantôme du chevalier de Saint-George les obsède. Il faut éclairer le duc d'Orléans sur la connexité de ses intérêts avec ceux du roi, l'entraîner par les assurances les plus catégoriques d'appui, tirer de lui, enfin, ces avis sur le Prétendant dont il est si avare.
« Il n'est pas nécessaire, disait le secrétaire d'Etat', que je vous représente combien il importe au service public,
1. stanhope à Slair, Whilehall, 12 (23) août 1713, en français. Stair Papers, Oxenfoord Caslle, t. II.
2. Stanhope à Stair, 17 (28) août 1115. Lettre chiffrée, avec déchiffrement en français. .S7fli> Papers^ Oxenfoord Castle, l. H ; et Record Office, FrancCy vol. 349. Le Record Office ne possède qu^un extrait de cette dépêche, tandis qu'elle se trouve en entier dans les papiers d'Oxenfoord Castle.
dans la conjoncture présente, que le duc d'Orléans soit encouragé et tout à fait assuré de l'assistance et du soutien du Roy pour avouer ses intérêts. C'est donc, milord, à quoi vous devez travailler avec toute la diligence possible en faisant comprendre à S. A. combien le Roy a ses intérêts à cœur et de quelle utilité il seroit que le duc s'explique à vous le plus clairement qu'il pût sur les moyens dont le Roy se doit servir pour luy estre utile; car, grâce à Dieu, S. M. se trouve en état de faire sentir à ses amis l'effet de son appuy et de sa protection quand ils en auront besoin, ce que vous ne manquerez pas de faire valoir auprès de S.A.
« Tout cela paroit d'autant plus nécessaire que nous craignons icy que le duc pourroit bien devenir la dupe de ses ennenis et se laisser amuser par l'espérance qu'on lui a donné de la régence de France par le testament du Roy Chrétien. »
Reconnaissons à cette sollicitude de ses amis, l'insouciance de l'homme qu'il était difficile d'arracher à son apathie frivole et à ses plaisirs licencieux. Il faut y voir clair, il faut vouloir pour lui.
Le ministre continue en réitérant qu'il croit avoir des avis certains que, par le testament, le Roi Catholique est ^ destiné à la régence. Si le duc d'Orléans doit y avoir quelque part, ce sera seulement sous la direction du roi d'Espagne; et encore en partage avec le duc du Maine, le comte de Toulouse et d'autres.
« Vous jugerez bien, reprend-il, combien peu cela nous paroît convenir à Son Altesse Royale. Mais nous espérons qu'il ne se laissera (pas) éblouir, et qu'il saura bien se prévaloir de l'occasion favorable qui selon toute apparence va se présenter*; et Son Altesse doit toujours compter sur