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45â LE RÉGENT, L'âBBË DUBOIS ET LES ANGLAIS.
par le roi, tandis que la rédaction française n'était pas autre chose que la traduction mot pour mot du texte plus gracieux de George I".
On continuait en posant en principe que le nouveau port ou canal de Mardick ne devait servir qu'à Técoulement des eaux qui sans cela inonderaient le pays, et au commerce nécessaire pour la subsistance des peuples, lequel se ferait par des bâtiments qui ne pourraient pas avoir plus de seize pieds de largeur.
Venait ensuite le menu détail de la destruction tel que rayaient arrêté, en français, à Liondres, lord Townshend, Methuen et M. d*lberville : la grande écluse de Mardick détruite; la petite, réduite de vingt-six pieds à seize; les jetées et fascinagos rasés au niveau de restran, tant à Dunkerque qu'à Mardick. Les matériaux provenant des démolitions pourraient être employés ailleurs à tels usages que Sa Majesté Très-Chrétienne jugerait à propos, pourvu que ce fut à deux lieues de distance de l'une et de l'autre place.
Après la ratification du traité, le roi d'Angleterre et les Etats pourraient « envoyer des commissaires sur les lieux pour être témoins oculaires de l'exécution de cet article ».
L'article V contenait, avec l'alliance défensive, la sanction partielle du traité d'Utrecht, qui lui servait de base et que Stanhope avait d'abord rejetée si loin dans ses conférences avec Dubois. Il y était dit que le véritable but de cette alliance étant de conserver la paix établie par les traités d'Utrccht entre le Roi Très-Chrétien, la reine de la Grande- Bretagne et les Hauts et Puissants Seigneurs les États- Généraux dos Provinces-Unies, on était convenu et demeuré d'accord que tous et chacun des articles de ces traités de paix, en tant qu'ils regardaient les intérêts des trois puissances respectivement et de chacune d'elles en particulier, et ensemble les successions à la couronne de la Grande-
Bretagne dans la ligne protestante et à la couronne de France suivant ces traités , demeureraient dans toute leur force et vigueur. Les contractants promettaient leur garantie réciproque pour Texécution de toutes les conventions contenues dans ces articles , concernant les successions, les intérêts des deux royaumes et des Etats, le maintiein et la défense des royaumes, provinces, états, droits, immunités et avantages que chacun des alliés posséderait réellement au temps de la signature de cette alliance. Et à cette fin, ils étaient convenus que si l'un d'eux était attaqué par les armes par quelque prince oii Élat que ce fût, les autres alliés interposeraient leurs offices auprès de Tagresseur, pour procurer satisfaction à la partie lésée et engager Tagrosseur à s'abstenir de toute hostilité.
L'article VI déterminait le contingent en troupes de terre, vaisseaux, ou argent, qu'ils auraient à fournir si, dans le délai de deux mois, ils n'avaient pas obtenu satisfaction.
L'article VII étendait cette garantie au cas des dissensions intestines ou des rébellions au sujet des successions ou sous quelque autre prétexte que ce fût; il prévoyait l'éventualité d'une déclaration de guerre des alliés aux agresseurs, avec l'obligation de s'assister réciproquement de toutes leurs forces.
L'article VIII et dernier stipulait l'échange des ratifications dans un délai de quatre semaines, ou plus tôt si faire se pouvait.
Un article séparé entre la France et la Hollande spécifiait que la garantie réciproque et les secours stipulés par les articles V et VI n'auraient lieu que pour leurs Etats et possessions en Europe. Il en fut de même avec l'Angleterre.
Il n'y eut point de traité de commerce annexé à l'alliance. Le gouvernement français avait, nous l'avons dit, repoussé
les demandes de diverses provinces ; et, comme il Tavait annoncé, il se borna à supprimer les quatre sous pour livre, établis en sus par le feu roi en 1699, sur les marchandises importées en France ; et à ouvrir tous les ports du royaume aux lainages et autres denrées de Hollande, qui jusque-là n'étaient admises que par Calais et Saint- Valery.
Les Anglais demandèrent la même faveur, qui leur fut concédée sans difficulté.
On ne voit pas que ces facilités accordées aux étrangers aient préjudicié en rien à Tessor brillant que Tindusirie et le commerce français prirent sous la Régence.
Le 15 janvier (1717), Stanhope, devancé d'un jour par lord Sumlerland, arriva de Hanovre à la Haye. U félicita Tabbé Dubois de Theureuse conclusion du traité entre les trois Etats. Ils brûlèrent le traité particulier du 28 novembre, que Tabbé et lord Gadogan avaient signé ensemble, en convenant de le supprimer dès que Taccession de la' Hollande permettrait d'y substituer la Triple Alliance. Geoi^e I" arriva à Utrecht, le 22 janvier. Il donna audience dans son yacht à Dubois qui Tattendait, et Tentretint obligeamment des affaires. Le tsar Jui avait demandé une entrevue à Amsterdam, où il était depuis le 17 décembre. Le roi y avait consenti ; mais Pierre étant tombé malade, George, que cette visite embarrassait, poursuivit son voyage droit sur Hclvoetsluys, à l'embouchure de la Meuse, d'où il regagna l'Angleterre *.
Après son départ, on acheva de rectifier les endroits où