Hef/encieSf vol
et nous supprimerions la signature faite avec M. Walpole seulement, de sorte qu'il ne nous en coûteroit que la peine d'un Secrétaire pour faire deux copies.
« Les Nouvelles que nous avons de France et de Londres me persuadent qu'il seroit important au service du Roy de la Grande Bretagne, que les Etats Généraux terminent promptement nôtre Traité, afin que M. le Duc D'Orléans en le faisant publier et exécuter, fit cesser les discours et les mouvemens qui s'excitent, et qui ne se calmeront pas, tandis que cette affaire demeurera en suspens, et que ceux qui n'en sont pas contents pourront concevoir la moindre espérance qu'elle pût estre traversée.
« Tout ce que j'ay appris que Milord Cadogan a fait pour inspirer aux États Généraux de faire diligence m'a paru très bon. Il ne s'agit plus que de savoir, si en secret il n'a rien fait de contraire, ce que vous pourrez facilement reconnoitre par le fait dont je vas avoir l'honneur de vous rendre compte *.
« Le Marquis de Prié a marqué beaucoup de mécontentement de notre alliance; My Lord Cadogan a dit a un ami de M. de Chateauneuf le 18 de ce mois, qu'il attendoit le Marquis de Prié ce jour là chez lui, pour le convaincre que Talliance défensive que l'Angleterre faisoit avec la France, n'estoit point contre les intérêts de l'Empereur. Si ce que Milord Cadogan a dit est sincère et que véritablement il ait parlé au Marquis de Prié pour lui faire entendre raison, il y a apparence qu'il vous en aura informé par M. Walpole; au lieu que s'il ne vous a rien fait savoir, on peut craindre que ses conférences avec le Marquis de Prié n'ayent un objet contraire, et ne tendent à faire quelque intrigue pour différer et traverser la conclusion de nôtre Alliance. Quoiqu'il en soit, je vous supplie, Monsieur, de supplier le Roy de faire presser les Etats Généraux de terminer cette affaire, parce que je suis persuadé que nous n'aurons un véritable calme, que lorsqu'en France on ne pourra plus douter que cela est absolument terminé. Monsieur de Cha-
1. Les soupçons de l'abbé n'étaient pas fondés. Lord Cadogan était assez Uède pour l'alliance sans les Hollandais, mais il suivait les instructions ie son gouvernement en essayant de démontrer aux Autrichiens que, dans le projet de traité, il n'y avait rien dont ils eussent à s'inquiéter. Stanhope rassure Dubois dans sa réponse du 25 octobre.
teauneuf a reçu une lettre de Mons. Dlbenrille da 13 dont je vous envoyé un Extrait pareeque vous y estes nommé, et que tout ce qui vous regarde me tient au cœur.
« Je tiens d'un endroit très sur que My Lord Marlborough qui se montre rarement à Bath où il est encore, n'est pas si bien que ses amis le disent, et qu*il lui prends souvent des défaillances qui présagent une soudaine chute ; le bruit s'est répandu depuis quatre jours, qu'il alloit estre destitué de ses charges; et M' Stanhope qu'on dit qui va estre fait Lord sous le nom de Ghadworth aura le commandement des troupes sous les ordres du Prince.
« Je souhaite tout ce qui peut vous estre le plus avantageux: mais je say que l'Europe a besoin de vous pour son repos.
« On a reçu aujourd'hui une lettre de M. d'Iberville du 17 qui porte : Les Thorys crient que cette Alliance leur coupe la gorge, le desespoir les porte à tenir des discours d'une insolence incroyable contre M. le Duc D'Orléans, et contre M. l'Abbé du Bois : il y en a qui parlent ouvertement dans les caffez d'assassiner S. A. R. ce sera bien autre chose si il peut y avoir pis. quand ils sauront les conditions du traité, car ils ne peuvent se figurer que l'on oblige le Prétendant de sortir d'Avignon.
« My Lord Marlborough a quitté Bath, et est allé demeurer à Bristol, on ne fait plus de mistère qu'il tombe souvent dans des défaillances qui sont regardées comme un signe infaillible d'une chute prochaine. »
A la Haye, le 21 d'octobre 1716 ».
Monsieur,
« Je viens de recevoir un Courier de France par lequel on me donne avis d'un incident imprévu, sur lequel comme sur tout ce qui peut arriver, je ne prendray point d'autres mesures, que de vous en rendre compte et de vous supplier de me faire savoir positivement ce que vous jugez à propos que je fasse: voulant dans toutes les choses qui regarderont le Roy de la Grande Bretagne, et l'Angleterre, ou qui pourront avoir raporl
i. RegencieSf vol. 8.
& VOUS ou à moy, n'avoir point d'autre régie pour ma conduite que de suivre vos conseils. H. le Duc D'Orléans a été informé que le chevalier de Saint-George après avoir été incommodé des hemorroidee eloit attaqué d'une flstule, et que l'on croyoit qu'il ne pouvoit pas se dispeni^or de se faire l'aire incessamment l'opération. Pour savoir la vùrilé du fail, on y a depesche Guerin Chirurgien de la Chariti- .le Paris neveu du S' Maréchal premier chirurgien du Boy : on saura par son rsporl fi quel point est cette maladie, et ni verilahlement il fuut lui faire l'opération sans aucun delay. Cependant je ne veux pas être un momentsans vous apprendre ce qui m'en est mandé : et quand on m'olTriroît de signer je le refuserois, jusqu'à ce que j'aye reçu vôtre réponse, et que je Suis informé de la volonté du roy de la Grande Bretagne et de votre sentiment & quoi je me conformeray entièrement. Ainsy je vous suplie de me mander ce que S. H. Brittanique souhaitera que l'on fasse; si il se trouve vray que l'on soit obligé de laire l'opération au Chevalier de S' George M. le Régent prendra toutes les mesures que voua jugerez à propos : et pour plus grande seurelé il sera aise si le Roy le souhaite, de faire pass(;r secreLeraenl sur les lieus un chirurgien de votre part, ou til autre homme de conlinnce qu'il vous plaira pour rendre compt'; au Roy et h vous, Monsieur, du progrès de la maladie et de la f,'uerison.
" H. le Due D'Orléans me mande qu'en attendant qu'il put déclarer au conseil de Régence qu'il s'éLoit obligé par le Iraiti' avec l'Angleterre de faire passer te Chevalier de S' George au deia des Alpes; prévoyant que les montagnes pouvoient être fermées par les neiges; ou quo le Chevalier de S' George pour* roit se servir de cette raison pour différer son départ, il avoit fait faire secrètement les di3p>>sitions nécessaires pour le faire passer par mer, afin de lui Oter toutes sortes de prétextes.
" J'ay écrit d'Hanovre à Ma' It? Duc d'Orléans que cous n'avions pas intention de rendre publique la sif^iature que je ferais icy avec my lord Cadogan, ou M. Waipole, et que nous étions convenus que jusqu'à ce que nous fussions d'accord avec les Etats Généraux et que nous pussions signer conjointement avec eux, nous garderions cette signature en poche par ménagement pour les Etats Généraux qui pourroient croire que nous avions voulu faire un traité particulier sans eux, et que
aW LE ft£i,E5T. L AftftE !Hr»»>tS fT LIS AS^LAIS.
Tffos 9<rohaitf ez k*§ iiiMaz«r anâs l»sii q«e do«s. et ne leor pas ilooDer c^ §ojet de mécoolenteiBinit H •jmt je n'aco» demandé eetle tiinialiire que parxir âne senreié récipro^ae. afin que si M, le B^eot Tooû>fi prendre qoelqnes aiesnres pour preparer le départ du efaeralier de S> Georze, ii le peut fûre arec teorelé. Ooorqoe j'ar eml dans ce sens la à M. le Doc D'Orleam, on loj a dit que d'ahord après cette âgnatnre de M. IK'alpr^le et de mof , et sans attendre la ngnatnre poblîqve des troii Pousances, le Rot de la Grande Bretagne ponrroît exiger, qu'on fit partir le Cbevalier de S* Geerge et que Ton exécutit ee qui est réf lé pour Mardick de sorte que les Etats Genertai Toyant par la qu'on aroit (ait tout ce qu'ils pouToîent souhaiter de la France sur ces deux Articles. demandercMent d*ailleurs ce qu'ils jugeroient à propos et refuseroient d'entrer dans Tal* liaoce à moins qu on ne leur accordât tout ce qu'ils desireroient.
« Ainsi pour mettre en repos Tesprit de M. le duc D'Orléans sur cette vision, je vous suplie. Monsieur, de me faire la grâce de m'ecrire deux mots dans une lettre que je puisse envoyer à M. le Duc D'Orléans, ou vous aurez la bonté de marquer que vous ne souhaitez point que les Articles que j*aj signé avec vous, et que je signeray avec M. Walpole ou my Lord Cadogao soient publiques avant que nous signions avec les Etats Généraux et que jusqu'à cette signature publique du traité, vous ne demandiez point que la France exécute les conditions du traité touchant le chevalier de S' George, ni touchant Mardick, a moins que M. le Duc D'Orléans ne juge à propos de le faire de son bon gré et pour sa commodité.
« J'ay eu l'honneur de vous écrire deux fois depuis mon arrivée h la Haye, et dans la crainte que vous n'ayez pas resçu mes lettres je joins icy des duplicata. Je me flatte que vous voudrez bien faire souvenir le Roy de mon respectueux attachement à sa personne, et certainement il ne sera jamais trompé par ce qui passera par moy. M. le Duc D'Orléans m'ordonne par le Courier que je viens de recevoir de vous faire mille aoiitiez de sa part. Je suis avec une reconnoissance qui ne unira qu'avec ma vie, etc.
Dubois.
■1 Mes eoneniiB chagrins du succùs de votre negotiation. cl d'un portrnil que j'ai fail de vous avec des couleurs trcs tiiffcrenies de celles qu'ils avoient employé pour vous peindre, et de ce que M, le Duc D'Orléans l'a lu à plusieurs personnes el leur a reproché de s'étru irumpés ils onl jellit dans son esprit la difticulté dont il est parlé dans ma lettre, sur laquelle je vous euplie de m' écrire une kttre que je puisse envoyer et qui leur fasse voir que vous étCK bleu éloigné d'avoir voulu abuser de ma confiance en vous et que vous n'avez jamais songé à demander que le Chevalier de S' George sortit et qu'on détruisit Mardick avant la ^if^nalure publique des Ministres des trois Puissances Alliées. Vous mu ferez un vcnlable plaisir de me donner ce moyen de démentir la malii;e do ces envieux. Je compleray toute ma vie sur votre veilu et sur vos bonlez, el je vous suplie. Monsieur, d'être persuadé de mon respect et de ma reconnoissance.
« My lord Cadogan a fnil bonne contenance en me parlant, et en parlant aux Depule/. de l'Etat touchant l'Alliance; mais il ne m'a Jamais dit que ee fui une bonne chose. Il n de fréquentes conversations avec le Marquis de Prié ; j'ay dit à des gens qui le voyent tous les jours que personne au monde ne parloit plus honorablement d't luy que vous. Je crois qu'il ne sera pas inutile que vou^ lassiez mander h M. Walpole et à luy de la part du Roy de porter les Principaux de l'Etal à finir TAlIiance. »
Réponse de Stanhopi.' savaniinenl pondérée, obli^panle au nom du roi à la fois pour Dubois et pour le duc d'Orléans, de manière h no laisser autun prétexte au manijue de sincérité que les cours de Hanovre et de Londres rodoulent tant de la part des Français, et à les empêcher de se retirer du Irailé.
(louJ-hE, aclobre le 25* nia l.
Monsieur, J'ay reçu l'honneur de la Dépêche de votre Excellence du H* avec les doubles de vos lettres du 17 et 20 lesquelles ou se i- En français, Regencies, vol. 6.
sont égarées, ou bien venant par la poste ordinaire qui n&fait pas tant de diligence que votre Courier, pourront peulestre m'estre rendues en quelques jours. Si vous avez reçu la lettre que je me suis donné Thonneur d'écrire à votre Excellence hier, elle peut servir de réponse à ce qui concemoit nos affaires dans ces deux lettres, et à vous témoigner combien le Roy avoit pris à cœur de faire de sa part tout ce qui estoit humainement possible pour accélérer la conclusion du Traité. Je me donne rhonneur de vous en envoyer le double, parce qu'il se peut qu'elle ne vous aura point esté rendue, et même qu'elle ne le seroit point du tout, parce que je Tay envoyée a nos Plénipotentiaires avec ordre de ne vous la donner qu'au cas que véritablement ils trouvent les dispositions en Hollande telles qui ne laissent aucun lieu de douter, que dans huit ou dix jours, ils ne fussent prêts a signer avec vous.
Quant aux Extraits des lettres qui font mention de moi, que vous avez eu la bonté de me communiquer, je vous en suis très obligé, et d'autant plus, que bien qu'il me fut d'autre part, et même dans quelques Imprimez revenu quelque chose d'approchant, cependant vos Extraits estant plus circonstanciez me font mieux démêler le véritable fondement de pareils bruits, qui n'est autre que la démangeaison de quelqu'un qui n'est pas de mes amis, de m'attirer de l'envie et de me commettre avec ceux que j'honore le plus ; au reste, Monsieur, il ne se peut rien de si obligeant que l'intérêt que vous voulez bien prendre à ce qui me regarde, et j'ose vous assurer que cela est bien réciproque, et que je profiteray avec plaisir, de toutes les occasions qui pourront marquer combien sincèrement je vous suis dévoué.
Quant au contenu de votre lettre du 21M1 est bien vray que par la Convention à signer le Roy seroit en droit d'exiger, qu'aussitôt après la signature d'icelle on exécutât le Traitté, mais comme l'intention du Roy est de faire agir le plus vivement qu'il pourra de concert avec les Ministres de France pour accélérer la signature des Etats avec les deux autres Puissances, Sa Majesté consent très volontiers, que cette première signature ne soit point rendue publique pendant un terme certain d'un mois par exemple, qui sera plus que suffisant, selon toutes les apparences pour donner le tcms qu'il faut aux Hollandois à s'y
préparer, et pendant le dit terme Sa Majesté m'ordonne de vous assurer, qu'elle n'exigera point l'exécution du Traitté.
Vous voyez bien qu'il est nécessaire de fixer un tems, car sans cela s'il arrivoit (ce qui parroit incroyable) que les HoU landois n'y accordassent point, notre Traitté seroit nul. C'est pourquoi je ne doute point que cette assurance que j'ay ordre de vous donner, ne dissipe entièrement la crainte des Inconveniens que vous appréhendiez, et que vous ne signiez le Traitté avec nos Plénipotentiaires aussitôt qu'ils auront reçu leurs pleins pouvoirs, lesquels doivent être arrivez avant que celle ci vous soit rendue.
Quant à la maladie du Prétendant, quand même elle seroit au point qu'on vous marque cela ne pourroit causer, par raport au tems de sa sortie, qu'une difTerence de quelques semaines, lesquelles pourront peutestre s'écouler avant que notre Traitté soit rendu public, selon ce que je viens de marquer ci-dessus, et vous pouvez très certainement conter que le Roy ne voudroit point donner du chagrin à Monseigneur le Régent pour une semaine ou deux, de plus ou de moins, et il m'a ordonné de vous témoigner qu'il conte absolument sur la bonne foi de M. le Régent.
My Lord Cadogan m'a fait un raport de ses conférences avec M. le Marquis de Prié tout à fait conforme à ce qu'il a eu l'honneur de vous en dire.
Le Roy m'ordonne de vous remercier de ce que vous m'avez écrit de lui dire et je puis vous assurer qu'il compte sur vos bons offices pour cultiver de plus en plus la bonne intelligence qui est déjà établie entre votre maître et lui. Je vous prie de faire agréer à S. A. R. Mons' le Régent mes très humbles remercimens de l'honneur qu'il a bien voulu me faire de se souvenir de moi, et de l'assurer que je m'estimeray très heureux de pouvoir contribuer à cimenter la bonne union, qui est déjà si heureusement commencée. Je suis, etc.
J. Stanhopë
Methucn explique à Stanhopë que Toriginal de la lettre de M. de Torcy du 23 mars 1713, réclamé par Tabbé Dubois,
n'existe pas au Foreign Office. Cette dépèche de Methucn complète le dossier de Tappendice ci-dessus au chapitre
XXÏV
Methuen à J. Stanhope,
Whilehall, 18 (29) décembre 1716 K
Milord Cadogan ayant dans sa lettre du 22 c. (a. s.) à milord Townshend, donné l'information que Tabbé du Bois lui avait exprimé le désir que la lettre originale du marquis de Torcy aux plénipotentiaires du roi français * & Utrecht concernant les titres de la feue reine ', les styles et les formes observés dans les traités entre la Grande-Bretagne et la France, fût montrée ici à M. d'iberville, j'ai fouillé les li^Tcs au bureau du Nord * et trouvé que l'original de cette lettre n'a jamais été transmis ici, l'évèque de Bristol et milord Straffbrd en ayant seulement envoyé la copie au ci-devant lord Bolingbroke» et l'ayant informé en même temps dans leur lettre du i" avril 1713, que M. Mesnager leur avait montré l'original.
Cela étant, je priai hier M. d'IberviUe de se rendre à mon cabinet et je lui montrai ladite copie, qui était reliée dans un livre * et le paragraphe de la lettre qui s'y rapportait. Il en fut très satisfait; et il m'informa en même temps que, bien qu'il eût reçu une longue lettre de l'abbé par la dernière poste, elle ne mentionnait rien de cette affaire.
Quoi qu'il en soit, afin que l'abbé n'ait aucun prétexte de soulever davantage des scrupules ou des difQcultés à ce sujet, j'ai écrit à M. d'iberville ce matin par ordre de Son Altesse Royale, etje lui ai envoyé la copie de la lettre du marquis de Torcy, ainsi que la traduction de ce paragraphe de la lettre