COMMENCEMENTS DE GEORGE I
des jours de son humiliation et de leur revanche, qu'ils considéraient. Ce spectacle était trop nouveau, trop rapproché de leurs yeux pour leur apparaître sous sa véritable perspective. La France arbitre des nations à Nimègue et à Ratisbonnc les éblouissait encore après trente années. La vigueur étonnante qu'elle avait déployée dans ses revers récents, son exploit final à Denain, tant de vitalité, montraient à leur imagination troublée le même antagoniste, toujours debout, toujours prêt à se jeter sur eux. Croyant n'avoir rien gagné, parce qu'elle n'était pas ruinée entièrement, eflfarouchés de jalousie et d'admiration, ils interrageaient Fhorizon, hantés par la crainte d*un de ces coups de tonnerre qu'il était arrivé au grand roi de faire éclater dans un ciel serein. Maintenant, le chevalier de Saint-George ne pouvait-il pas, au premier moment, servir à déchaîner Torage?
Cette obsession de la puissance française est très frappante dans un mémoire intitulé Réflexions sur la situation poUHquey adressé à lord Townshend par le frère de Robert Walpole, Horace, alors représentant de la Grande-Bretagne près la république des Provinces-Unies *. « La dernière paix, y est-il dit, fut faite tellement à l'avantage de la France, avec un si grand dérangement des mesures des alliés; et les desseins d'un certain ministre * étaient si pernicieux, qu'on ne pouvait que s'attendre aux conséquences les plus fatales, si la Providence ne se fût interposée en plaçant Sa Majesté (George P') sur le trône de la Grande-Bretagne .
« Cet heureux événement donna un nouveau tour aux
I. Ce mémoire est joint à une dépêche du même, du 31 décembre 1115. Le texte anglais est suivi de la traduction en français, qui était destinée à être mise sous les yeux du roi. Nous la reproduisons. Inédit. Record Office, HoUand, vol. 373, fol. 40- i9.