Bolingbroke
affaires, et les rétablit jusqu'à ce point que de faire espérer au public que le roi de France serait fort content, dans un si grand âge, de finir ses jours en repos. Mais nous avons vu depuis que, jusqu'au dernier moment de sa vie, il a gardé ses vieilles maximes de bigoterie et d'ambition, et qu'il avait concerté le projet de soutenir le Prétendant dans le dessein qu'il avait formé d'envabir les Etats de Sa Majesté, directement contraire au traité de paix qu'il avait si frèchement signé. Mais la Providence a bien voulu, par la mort de ce Monarque, arrivée si à propos, détourner encore ce coup qui menaçoit la Religion Protestante et la liberté de l'Europe. »
L'auteur du mémoire continue, en disant qu'on pouvait croire alors que le duc d'Orléans, ayant été paisiblement déclaré Régent de France, guidé par ses propres intérêts, aurait cultivé une amitié parfaite avec le roi et entièrement abandonné le parti du Prétendant; qu'il parut d'abord vouloir agir ainsi ; mais que, bientôt, il s'excusa d'entrer dans une garantie mutuelle pour assurer la succession des deux couronnes, établie par la paix d'Utrecht*; et même essaya de détacher les Etats-Généraux de l'alliance de l'Angleterre et de T Autriche. D'où Horace Walpole tire cette conclusion, que ces trois puissances doivent au contraire s'unir ensemble, sans perdre de temps, el plus fortement que jamais, pour leur propre défense. c( L'expérience de deux guerres longues et d'une grande dépense a fait voir que la France est une puissance égale aux forces unies du Roi, de l'Empereur et des Etats. Et, la paix présente étant si avantageuse à la France, il s'ensuit qu'aucune de ces trois puissances n'est en état ni n'oseroit entreprendre d'attaquer la France sans la concurrence
1. Nous verrons par la suite du récit pourquoi le Uégent ne jugea pas h propos de s'empresser.