‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 34 sur 209 · COMMENCEMENTS DE GEORGE P · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE GEORGE P

des deux autres; et on peut fort raisonnablement supposer que tout unies qu'elles puissent être, elles ne renouvelleront point la guerre sans y être forcées. Si donc la France veut se contenter à (sic) observer les conditions de la paix, l'Europe jouira d'un parfait repos; et elle * n'aura pour cet effet aucun besoin de rechercher une alliance défensive avec aucune des trois puissances, puisque ses forces sont égales aux leurs, ni de proposer de neutralité à aucune d'elles, à moins qu'elle n'ait dessein de quereller avec Tune des deux autres. Les mêmes raisons nous mènent naturellement à croire que ces puissances, qui avec leurs forces unies ne pouvaient que soutenir les forces de la France, doivent se joindre ensemble par une confiance réciproque et une bonne harmonie pour leur propre sûreté, et qu'une garantie mutuelle ou une alliance entre elles est autant nécessaire pour la conservation de la paix, qu'étoit la Grande Alliance pour soutenir la guerre, et pour la finir plus heureusement, qu'on ne Ta expérimenté par l'événement.... »

On reconnaît à ce langage, tenu plusieurs mois après la mort de Louis XIV, combien la France du grand roi continuait d'imposer à certains hommes d'État anglais, puisqu'ils estimaient les forces réunies de la Grande-Bretagne, de la Hollande et de l'Autriche, capables tout au plus de contrebalancer les siennes. Maintenir strictement la Grande Alliance résumait pour eux la sagesse politique. Ce genre d'obstacle à un changement de système se rencontra chez le ministère britannique plus encore que chez le roi George, qui finit même par le briser d'un coup d'autorité.

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