I . La France
Telle était la situation, au commencement de Tannée 1715 lors de l'élection du premier Parlement de la maison ai Hanovre. Les ministres whigs se saisirent des affaires pleines mains, et lâchèrent la bride à leurs longs ressen — timents. Il s'en fallait que la modération fût le trait dis — tinclif de leur caractère.
Le secrétaire d'Etat, chef du nouveau gouvernement -^ Charles, vicomte Townshend, siégeait à la chambre de^ Lords par droit héréditaire. Tory au début de sa vie poli^ — tique, il avait, par une de ces volte-face si familières alors à ses compatriotes, passé aux whigs. Ils remployèrent:' en Hollande, à côté de Marlborough, avec mission à la foii» do seconder celui-ci et de surveiller sa fidélité douteuse *, à ces conférences de la Haye (1709)', que les alliés, dan^ leur obstination de superbe et de rancune, s'étudièrent àt rendre si cruelles pour la France, et qu'ils rendirent si stériles pour eux-mêmes. Il signa avec les Hollandais 1^traité de la Barrière, qui, comme nous l'avons rapporté, servit de bruyant prétexte à sa disgrâce, quand la reîne^ Anne rendit le pouvoir aux tories. Formé aux affaires paf l'assiduité et l'expérience, médiocrement éloquent, il imposait par sa probité sans tache et son habileté dans le^ questions de finance. Mais il était impatient de la contradiction, rude jusqu'à la brutalité, ombrageux et jaloux à l'excès de son pouvoir, tenace dans ses idées préconçues et très colère * : tempérament qui lui attira de violents orages, même entre whigs.
1. Mémoires de Torcy : lettre de Torcy à Louis XIV, 22 mai 1709; et L. Stantiope, ihe Reign ofqueen Anne, t. H, p. 3.
2. Coxe, Memoirs of the life and administration of sir Robert Walpole, n98, t. I, p. 63, 64. Lord Mahon, Histonj of England, t. I, p. 110-112, et passim.