Secrétaire d'Étal à la guerre en
2. Le duc d'Ormond au chevalier de Saint-George, 21 octobre 1715. The Sliiart dijnasty, par Pcrcy M. Thornton, p. 40i.
3. Slair Papers, Oxenfoord Castle, vol. III, B, et John Murray Graham^ fhe Sfair Annah, vol. I, p. 388.
de vive voix des mesures contre le Prétendant et ses agents.
Buys, l'ambassadeur des Provinces-Unies à Paris, prêta main-forte au représentant britannique, de même que leurs gouvernements sanctionnaient leur alliance par une assistance effective. Il soutint près du Régent Téquité des demandes de lord Stair. Quoiqu'elles ne fussent pas toutes fondées à la lettre sur les traités entre la France et la Grande-Bretagne, il lui paraissait que la tranquillité que Son Altesse Royale avait entrepris de maintenir, Tamitié avec le roi de la Grande-Bretagne, et même son propre intérêt, requéraient qu'il les accordât.
Le Régent, qui ne rebutait jamais personne et qui joignait à l'esprit le plus fertile une amabilité inaltérable, s'expliqua longuement avec lui : pour ce qui était d'avoir soin que le Prétendant n'entrât pas en France, il donnerait les ordres nécessaires. Quant à empêcher le duc d'Ormond #*t Bolingbroke de s'embarquer dans aucun port de France, quoique l'exécution des ordres fût très difficile et, à son jugement, hors du traité, et que par conséquent il ne put pas s'engager si absolument, cependant il voulait bien lui dire que ces deux Anglais ne trouveraient pas dans les ports toute la facilité dont ils pouvaient se flatter. Troisième point : il ne jugeait pas qu'il fût si aisé d'exclure de Paris ces deux personnages et de leur assigner des résidences plus éloignées.
Enfin, il laissa voir le fond de sa pensée, « que comme
on lui faisait tant de demandes au delà des traités, comme
une marque d'amitié, il était raisonnable qu'il fût assuré
réciproquement d'autres choses pour l'entretien de
1 amitié * ».
i. Buys à l'Ktal ( Affaires étrangères k la Haye), Paris, 14 octobre 1715. f^ff^rd Office, HoUand, vol. 370. Celle pièce, portant la mention secrète ^
On apprend par la même lettre que, ce langage, le Régent Tavait déjà tenu à lord Stair. Le gouvernement anglais se flatta d'y trouver Toccasion opportune de rattacher le prince français à sa cause par l'offre de la garantie réciproque dont ils avaient tant parlé sous le feu roi.
D'abord George I" chargea Stair de témoigner au Régent la satisfaction que lui causaient ses promesses, et do l'assurer hardiment qu'il n'aurait jamais à se repentir de la confiance qu'il placerait dans son amitié ^ Deux jours après, M. Crawford fut envoyé à lord Stair, porteur de sa nomination d'ambassadeur extraordinaire près la cour de France, afin qu'il fût mieux en état de mener la négociation dont il avait eu, paraît-il, d'après les termes des dépèches, la première idée et qu'il avait dressée de toutes pièces, jusqu'au chifTrc des troupes à se fournir réciproquement. <( Votre Excellence, disait Stanhope, reçoit aussi pleins pouvoirs pour contracter et conclure un traité tel que celui que vous avez proposé et conformément aux instructions particulières que vous recevez ici à cette fin, avec cette observation à Votre Excellence que le nombre de troupes à fournir par chaque couronne à l'autre, étant fixé à huit mille hommes, on vous laisse à régler la question de dépense et de remboursement par la puissance qui aura reçu le secours. » La suite de la dépèche montrait^assez quel prix le cabinet britannique attachait à la rapide conclusion de cette affaire. Il y était recommandé de promettre au Régent que, ce traité fait, il ne serait pris d'engagement à son préjudice avec aucune puissance, quelle qu'elle fiil. le roi n'ayant d'autre intention que de maintenir la paix de l'Europe sur le pied où les choses étaient dans le moment.
est en français. Style parfois singulier : • S. A. /?. influa dans son d/*coiit\\\.., • Sans doiilc insinua.
1. Whitehall, 3-14 octobre 1715. Stair Papers, Oxenfoord CasUe, vol. H.
Recommandation à lord Stair lorsqu'on mettrait le traité en forme, d'être particulièrement coulant {easy) sur tout ce que pourrait proposer le Régent en vue de s'assurer efficacement la paisible possession de la régence pendant la minorité du roi, et la couronne de France en cas que le roi actuel vint à manquer. Il avait paru nécessaire de restreindre purement et simplement cette négociation à assurer la succession dans les deux royaumes, de peur que des propositions étrangères à cet objet n'amenassent des difficultés de nature à en retarder la conclusion. « Sans cela, poursuivait Stanhope, vous comprenez que nous aurions inséré un article sur Mardick. Vous savez que le roi Ta tellement à cœur, qu'il n'y aura jamais une confiance réelle entre les deux cours, tant que cette matière n'aura pas été réglée selon le véritable esprit du traité d'Utrecht. Mais Sa Majesté est tellement désireuse de donner au Régent une preuve sincère de son amitié et de son empressement à se prêter à tout ce qui peut être dans son intérêt personnel; et d'ailleurs, elle compte tellement sur les promesses réitérées que Son Altesse Royale a faites avant et depuis la mort du feu roi, de donner satisfaction sur ce point à la Grande-Bretagne, qu'elle n'insistera pas pour qu'un article à cet effet soit inscrit dans le traité. » Le ministère anglais trouvait aussi qu'en se plaçant sur un terrain si nettement délimité, il fournirait à son représentant un irrésistible argument contre toute proposition par laquelle la cour de France pourrait essayer d'introduire dans le traité des articles étrangers à son objet spécial.
En terminant, Stanhope priait Tambassadeur de veiller toujours sur les jacobites, malgré les assurances du Régent. « Quand les bonnes dispositions du duc d'Orléans seront connues et notre traité signé et publié, nous pouvons
iiO LE REGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES ANGLAIS.
compter que ce mauvais esprit tombera bientôt. » Jusquelà, ne pas omettre une seule précaution '.
Lord Stair, très flatté assurément dans son patriotisme et dans son orgueil d'avoir à manier une afTaire de si haute importance, en avait assez vu depuis deux mois, pour n'être pas sans quelque doute quant à Tissue finale. Prévoyant le cas où le Régent chercherait des délais, il pensait qu'il faudrait en finir avec la rébellion en Ecosse, avant de conclure quelque chose. Son Altesse Royale, écrivail-il dans ses notes, savait ce qui convenait à ses intérêts et à ceux de la France. « Nous ne le presserons pas, et prendrons notre parti de finir nos affaires; et nous pouvons avoir confiance*. »
En même temps, il mandait à lord Gadogan, occupé alors à négocier à Anvers la mise à exécution du traité de la Barrière entre TAutriche et les Provinces, qu'il ne craignait pas seulement l'opposition du Conseil de régence aux propositions dont il était chargé de la part du roi, mais qu'il avait des doutes sur le Régent lui-même; et il recommandait de presser l'embarquement des troupes auxiliaires fournies par la Hollande '. La Hollande, en effet, conformément aux traités antérieurs, mettait en ce moment un corps de 6 000 hommes à la disposition de la dynastie protestante d'Angleterre contre l'insurrection jacohito.
1. Whilehall, 5-lC octobre 1715. Stair Papers, Oxenfoord Castle, vol. II.