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Stair's Journal^ 24 octobre 1115, en français

3. Lord Gadogan à L. Townshend, Anvers, 30 octobre 1715 (Record Office, Ilolland, vol. 372, fol. 369). Lord Slair écrivait à Bubb, Paris, 27 octobre 1715 : « J'ai des raisons de me persuader que les intentions du Régent sont parfaitement bonnes; mais il reste toujours des gens du vieux régime; et cela ne produit pas bon effet, car le Prétendant et ses adhérents en tirent des motifs de se flatter et des apparences pour soutenir l'ardeur de leur parti ». British Muséum, Egerton^ vol. 2170.)

Le Régent s*exposait donc, s*i] repoussait Talliance que les whigs lui offraient spontanément, à les obliger de se tirer de cette crise par eux-mêmes, avec leurs propres forces, pour les retrouver ensuite irrités et réfractaires à Talliance, lorsqu'il les en solliciterait. Il n'eut pas le courage de se soustraire à l'influence de la vieille cour, ni au mirage que l'adroit Bolingbroke lui présentait. On lui persuada que le gouvernement anglais avait déjà contracté des liaisons avec les ennemis de la France et ne cherchait qu'à l'amuser. Alors il fit des difficultés. Il proposa d'ajouter à la garantie réciproque des deux couronnes une alliance défensive avec la Hollande, négociation qui devait nécessairement causer de longs retards. Il repoussa l'offre de Stair de signer le traité de garantie en le tenant secret, jusqu'à ce qu'on eût fait cette alliance défensive *.

A Londres, on s'étonna qu'il mît sur le tapis des choses de nature, si on s'y prêtait, à traîner les négociations en longueur. Pour marquer la sincérité du roi, Stanhope autorisa lord Stair à insérer dans le traité un article par lequel les deux parties s'obligeraient à en informer immédiatement les Hollandais, en les invitant à y entrer; elles s'obligeraient à les admettre comme garants de la Régence et de la succession en France, de même qu'ils l'étaient

1. Slair à Stanhope, Paris, 22 mars 1716. Oxcnfoord Casde, vol. lit, B. Saint-ï?imon a connu celte négociation ; et contre l'ordinaire, il est informé exactement. Il sait cjue c'est lord Stair qui a eu l'idée et l'initiative de ce traité de garantie et qu'il avait reçu de sa cour |)ouvoir de *»igner (t. XIH, p. 290). M. de Sévelinges, Mémoires secrets du cardinal îmffois, t. I, p. 156, en fait mention et dit que le Régent écarta les pro- (Hi^i lions anglaises, comme un piège pour lui faire perdre entièrement la «ronliance de Philippe V. Nous savons que le duc d'Orléans n'en était pas à de pareils soins avec son cousin d'Espagne.

m LE RÉGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES ANGLAIS.

déjà pour la succession en Angleterre, la France devenant de la môme manière garante de la Barrière, telle qu'elle venait d'être réglée par le ministre du roi à Anvers. « S'il y a quelque sincérité dans cette cour, continuait Stanhope, je pense que cela devra les satisfaire pleinement; sans aucun doute, il est tout à fait à Tavantage de la France, aussi bien que du Régent, d'avoir une telle sécurité contre le roi d'Espagne, qui a beaucoup d'amis en France, dont la plupart sont également les amis du Prétendant. Notre traité sur ce pied peut être fini en peu de jours. Il n'y a aucune raison de douter que les Hollandais n'y entrent volontiers, surtout dès que le roi promet d'employer ses bons offices pour les y engager. Si donc les intentions de la France sont réellement de maintenir la paix de l'Europe, je voudrais bien savoir comment un tel traité ne le ferait pas efficacement, puisqu'il est ridicule d'imaginer que la France étant assurée de l'Angleterre et de la Hollande, aucune autre puissance puisse songer à l'attaquer. » Le secrétaire d'Ëtat britannique, pour presser la conclusion, disait que le roi ne se laisserait pas amuser par une ennuyeuse négociation, susceptible de donner de la jalousie au monde entier. Une alliance défensive à présent * exposerait le Régent à des difficultés qu'il ne savait pas *. Il fallait le détourner de cette pensée; ou bien on en devrait conclure avec lord Stair, qu*il ne pensait qu'à gagner du temps et à attendre l'issue des troubles d'Angleterre. Or, les nouvelles d'Ecosse étaient bonnes. Dans peu de mois, on écraserait les rebelles; et le roi serait

i . La Hollande comprise.

2. Sans doule de la part de rAutrichc, puissance très ombrageuse que George 1*' avait le plus grand intérêt à ménager, et qui, en même temps, était en contestation très vive avec les Hollandais au sujet de la Barrière; sans parler de la lenteur excessive des Hollandais dans leurs délibérations.

alors dans une telle situation que toutes les puissances de l'Europe rechercheraient son amitié. « Le duc d'Orléans, disait-il en finissant, a maintenant une occasion de se l'assurer pour toujours ; et, dans les propositions faites, il n'y a certainement rien où il ne trouve autant d'avantages et de sécurité, que le roi lui-même *. »

Mais le Régent traîne en longueur. Le cabinet de Londres s'aigrit. Dix jours après, Stanhope, s'abandonnant à son humeur, charge avec la rude impétuosité du général de cavalerie : « Nous ne savons rien de Fex-duc d'Ormond. Pour ma part, je suis loin de penser qu'il serait contraire aux affaires du roi que lui et son nouveau maître vinssent à débarquer. Mais le roi prend cette conduite de la cour de France, comme il doit; et il ne sera pas inu-tile à Sa Majesté d'avoir a[)pris de si bonne heure quel fond il peut faire sur le Régent.... Les jacobites n'ont pas de chances.... En somme, plus on y pense, plus on est stupéfait de la folie et de la perversité des fauteurs du Prétendant, et je peux ajouter de la faiblesse du Régent qui se laisse détourner par la frénésie de ces insensés du soin d'avancer ses propres intérêts *. »

Le Régent cependant poursuivait la tâche ingrate de ménager le Prétendant en secret et le roi George en apparence. Il informait le maréchal de Berwick qu'il avait donné des ordres pour empêcher le chevalier de s'embarquer en Normandie ou en Picardie ; mais que le reste du

1. SlanhojHî à lord Slair, Whilehall, 20-31 octobre 1115, Slair Paperx. Oxenfoord Caslle, vol. II.

2. Stanhope à Slair, Whilehall, 31 oclobre-11 novembre 1115, Stair Vapers, Oxenfoord Castle, vol. 11. — Qu'il nous soit permis de dire que nous ne sachions pas que, sauf l'indication de Saint-Simon, celte négociation ait élé jusqu'ici mise au jour. Nous en avons trouvé les éléments dans les Slair Papers d'Oxenfoord Castle. Le Record Office à Londres ne contient absolument rien qui s'y rapporte. Sévelinges,À/émoire* secrets du cat^inal Ihibots, t. L p. 156-157, en mentionne quelque chose.

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littoral serait laissé libre. Le maréchal d^Huxelles confirma ce langage *. Même pour les armes et les munitions qu'on avait dû remettre à terre au Havre, le Régent autorisa un gentilhomme jacobite à les exporter, moyennant caution, soin dérisoire, que ce ne serait à destination ni de rÉcosse ni de l'Angleterre. Toutefois n'osant pas aller jusqu'au bout, il retira le permis '.

Le chevalier de Saint-George, quelle que fût son opinion sur l'opportunité de la levée de boucliers en Ecosse, ne pouvait pas se dispenser de rejoindre ses partisans. De la Lorraine au port d'embarquement, il n'avait pas d'autre chemin que la France, où les voies lui étaient préparées obscurément.

Lord Stair pria le Régent de donner des ordres pour l'empêcher de passer par le royaume et pour éloigner Bolingbroke immédiatement. Le Régent, disait-il, avait l'âme trop grande pour permettre que, pendant son gouvernement, on jouât avec la foi publique et avec les obligations solennelles des traités. Celui d'Utrecht était trop récent pour qu'il permît l'infraction positive du quatrième article, en laissant passer le Prétendant par la France '. Informé, le 8 novembre, que ce prince avait quitté la Lorraine, l'ambassadeur supplia le duc d'Orléans d'envoyer ([uelqu'un de confiance à Château-Thierry, avec mission de l'arrêter et de l'obliger à retourner à Bar. Le Régent dépêcha aussitôt (9 novembre) M. de Contades, maréchal de camp et major des gardes françaises, qui courut à Chà-

i. Le duc de Bcrwick au chevalier de Saint-George, 3 novembre 1713. The Siuart dynasty^ p. 409.

2. Le général George.Hamilton au chevalier de Saint-George. Sans date. 7rf., p. 428.

3. Mémoire au Régent, 5 novembre 111 5. {Slair Papers, Oxenfoord Gastle, vol. 111. B.) Voir plus haut, chap. i. Par cet article 4, le roi de France s'engageait h ne pas permettre que le Prétendant rentrât en France, en quelque temps et sous quelque prétexte que ce fiH.

teau-Thierry, mit bruyamment en prison le maître de poste de cette ville, mais n'en tira aucun renseignement *. Sans cloute, il en avait Tordre secret. D'ailleurs, Tavis donné à lord Staîr était tardif et le Prétendant déjà passé, puisque sa présence en Normandie était constatée deux jours après le départ de M. de Contades, de Paris pour la Champagne. Lord Stair ne dissimulait pas sa défiance : « Le Régent, écrivait-il à Stanhope, se plaint de moy que je ne prens pas pour argent contant tout ce que Ton me dit sur le chapitre du Prétendant et sur Tempressement que Ton témoigne de Tempêcher de passer par le royaume. Depuis quelques jours on me traite avec beaucoup de froideur. Les premières bonnes nouvelles d'Angleterre changeront tout cela*. »

Le Prétendant se joua des précautions, avec la connivence du gouvernement qui les prenait contre lui. Il s'engagea sur le territoire français, monté dans la chaise de poste que lui fournit M. de Torcy, s'arrêta une nuit à Paris, pour voir sa mère à Chaillot, et prit ensuite la route de Saint-Malo. A Nonancourt, entre Dreux et Verneuil, trois hommes, dont Tun armé, guettaient son passage. Le prin-

t. Le maréchal d'HuxelIes à M. diberville, 9 décembre 1115. (Lémontey, Bittoirt de la Régence, l. H, p. 371; Pièces justificatives, n** 1.) Nous trouvons au Record Office, France, vol. 349, le billet suivant de M. de Contades à lord Stair, au moment de quitter Paris : « Ce samedy à quatlrc heures du matin (9 novembre 1115), Milord, je vous suis très obligé de l'wlercissement que vous me faitte l'honneur de me donner, jan profi- •eray et vous puis assurer que je ne negligeray rien pour bien exécuter l^s ordres de son altesse royalles qui sont conformes a ce que vous dési- ^^' le château que vous m'indiques me donnera une grande facilité à 'Kouvrir la marche de monsieur le chevallier de Saint-George comptant lue Tadvis qu'on vous donne est juste et qu'il se sera servy dans sa routte àt chevaux de poste. J'ay l'honneur d'estre avec un attachement inliny, ïilord, votre 1res humble et très obéissant serviteur, Contades.

• Je pards dans le moment et mène avec moy deux aufficiers de con- '•ince qui me seront comme vous l'avés jugé fort utils. »

-• Paris, 12 novembre 1715, en français. Sfair Papers^ Oxenfoord Castle,

vol. II.

cipal était le colonel Douglas, Écossais, récemment réformé (lu service de France, ainsi que beaucoup d'officiers, par mesure d'économie. La maîtresse de poste, les prenant pour des coupeurs de bourse, avertit le voyageur. Elle lui fournit un déguisement et un guide; il leur échappa. Le grand prévôt de baute Normandie informé, arrêta deux do ces bommes, contre lesquels il entama une instruction judiciaire. Mais ils déclarèrent appartenir à l'ambassadeur d'Angleterre, dont ils produisirent en effet les passeports. Lord Stair les réclama sans sourciller. Le Régent, de peur <run éclat, ordonna sur-le-cbamp la mise en liberté des prisonniers et supprima la procédure en même temps que l'affaire *. Lord Stair s'était exposé imprudemment au soup(;on d'avoir aposté des assassins. Il s'en défendit avec énergie ; et, en effet, il était incapable d'un crime contre lequel sa correspondance tout entière protesterait *. Le prince fugitif parvint à Saint-Malo. Là, des obstacles inattendus l'empêchèrent de s'embarquer; il dut se rejeter a l'intérieur de la France et, par un long voyage à cheval, gagner Dunkerque (décembre 1715), qui lui était ouvert et d'où un navire le transporta enfin en Ecosse. '

La politique tortueuse du Régent, trop aisée à pénétrer, irrita de plus en plus George et ses ministres. Ils se retirèrent sous leur tente. « Le roi, écrivait Stanbope à lord

1. Lémontey, Histoire de la Hér/ence, 1. 1, p. 95; t. II, Pièces justificatives, M** 1, c'est-à-dire les procès-verbaux dressés lors de l'arrestation. — Saint- Simon, Mémoires, t. XUI, p. 290-296.

2. « Tous ceux qui connaissaient son caractère, dit Lémontey, l'ont justifié de cette infâme complicité. » (T. I, p. 95; t. II, p. 382.) — « Stairs, rapporte Saint-Simon, découvrit celle marche, et résolut de ne rien oublier pour délivrer son parti de ce reste unique des Stuarts. » (T. XIH, p. 291.) Saint-Simon ne peut presque jamais parler de Stair, sans accoler à ce nom le mot de scélératesse. Uien de plus naturel de sa part que d'accuser l'ainbassadeur de guel-apens prémédité. C'est certainement une calomnie: mais il fallait que Stair fut bien sûr des hommes qu'il employait, pour n'avoir pas à craindre (pie, s'ils se rencontraient avec le prince, un incident soulevé par eux ne dégénérât en une rixe mortelle.

Stair, au moment de l'incident de Nonancourt, le roi regarde comme inutile, vu la disposition où semble être le Régent, de lui demander dorénavant aucune faveur. Le bon succès des affaires de S. M. par ici, sur lequel nous avons toute raison de compter, donnera à S. A. plus de lumière que tous les arguments auxquels nous pourrions recourir *. » Ils se tairont donc : « Le roi persiste dans sa résolution de ne vous envoyer aucun ordre quant aux plaintes que vous avez de justes motifs de faire à la cour de France, jusqu'à la réunion du Parlement, où vous serez amplement fourni d'instructions sur tous ces points **)).

Ainsi finirent, par un avortement et une rupture à peine déguisée, les tentatives du gouvernement anglais pour établir une alliance avec le nouveau gouvernement français. Le duc d'Orléans, alors qu'il pouvait traiter aux meilleures conditions, puisque les whigs le recherchaient, laissa échapper l'occasion qui était venue se présenter d'elle-même. Quand, mieux éclairé, comme disait Stanhope, il se ravisa, il eut une peine infinie à la ressaisir.

Les événements d'où les whigs attendaient la lumière pour le Régent ne tardèrent pas à se produire. Le 13 novembre 1715, le sort des armes prononça, dans deux endroits à la fois, en faveur de la maison de Hanovre. Ce jour-là, les jacobites du nord de l'Angleterre, réunis à des bandes écossaises, capitulèrent à Preston; et d'autro pari, les clans des Highlands, sous la conduite du comte do Mar, perdirent la bataille de Sheriffmuir, non loin de Stirling, contre le duc d'Argyle, fidèle h la haine héréditaire que sa fiimille portait aux Sluarts. La guerre civile n'était pas terminée; mais ce double coup en avait iixé le sort, six

\. Whilehall,9 (20) novembre ilio, Stair Papers jO\enîoort\ Caslle, vol. Il, en anglais.

i. WhiU^hall, 5 (16) dérembre 1713. /(/., ibid,, en anglais.

semaines avant que le Prétendant posât le pied en Ecosse.

Ces nouvelles consternèrent le Palais-Royal. Lord Stair multiplia en vain les tentatives pour les porter au Régent, qui se dérobait à ses visites. On ne voulait pas le croire. Seuls , les plus sages, dit-il dans son Journal^ commençaient à traiter le chevalier de Saint-George de Prétendant. « Il y a deux jours qu'il étoit le roy d'Angleterre partout, et tout le monde avoit levé le masque. Il n'y avoit plus un seul françois, quasi personne de la cour, qui mettoit le pied chez moy *. »

" La conduite de cette cour, dans ces derniers temps, mandait-il à Bubb, a été très singulière. Quand ils crurent les affaires en bonne voie, ils jetèrent le masque et montrèrent tout à fait à découvert leur penchant. Le Régent, ce me semble, inclinoit de notre côté plus qu'aucun de ses conseillers. En somme, leur manière d'agir leur permet tout juste de prétendre qu'ils n'ont pas enfreint le traité. Il est certain que le Prétendant a été un mois en France, sans qu'on fît rien pour empocher son passage à travers le royaume, ou pour découvrir l'endroit où il étoit; et de là, le ramener à Bar.... Aujourd'hui, on commence à s'apercevoir qu'on a eu tort *. »

Ce triomphe, les whigs en étaient redevables à leur énergie, à leur promptitude de résolution et d'action, le» mêmes qualités par lesquelles ils avaient déjà déjoué les trames de Bolingbroke à la mort de la reine Anne, et placé sur le trône rhéritier hanovrien. Ils avaient aussi des troupes cUsciplinées ; et, de plus, les six mille hommes

i. Slair's Journal, !•' et 2 décembre 1715, en français.

2. Paris, 11 décembre 1715. British Muséum, Egerton, toI. 2170. Nous avons dit plus haut que Bubb représentait l'Angleterre à Madrid. Au commencement de celte lettre, Stair s'excuse d'être irrégulier dans sa correspondance. Mais, dit-il, c'est si désap[réable d'écrire quand on est sûr ((ue vos lettres seront ouvertes, qu'il n'en avait pas le cœur.

fournis par les Hollandais, conformément à leur traité d*alliance défensive.

Peu leur importait, maintenant, que le Prétendant vint

les attaquer sur le territoire britannique; même, ils le

souhaitaient plutôt. Enfin il débarqua en Ecosse, à Peterhead,

près d'Aberdeen, le 2 janvier 1716 *. Il ne sut pas ramener

la fortune. L'extérieur mélancolique et inerte de ce prince,

chez qui tout trahissait une volonté éteinte, la mollesse et

les incertitudes de ses conseillers, le découragement mêlé

Je colère qui s'ensuivit chez les chefs de clans et chez les

soldats, terminèrent promptement ce triste voyage, qui ne

saurait être appelé campagne, puisqu'on ne vit pas Tennemi.

Après une marche en avant jusqu'à Perth, on se replia sur

Monlrose, située au bord de la mer du Nord; et, le soir du

15 février (1716), le Prétendant avec le comte de Mar,

s'échappanl de son quartier par une porte de derrière,

s'embarqua furtivement sur un bâtiment français qui,

après sept jours de navigation, aborda en France, àGrave-

lines. Sa destinée d'aventures était finie. Son parti fut

♦^crasé. George P' exerça des vengeances sanglantes et

sans honneur.

La confirmation des désastres éprouvés parles jacobites ♦ n Ecosse, à Preston et à Scheriffmuir rouvrit à lord Stair le cabinet du Régent. Il remit à ce prince un second mémoire, daté du 14 décembre 1713. Celte pièce, habilement exempte de toute amertume, contenait un rappel des bons sentiments réciproques du duc d'Orléans et du roi Geoi^e l'un pour Tautre, un chaleureux éloge <lu premier et Tespoir d'établir une entière amitié. Sous le feu roi, élait-il dit, la protection maintenue au Prétendant, la construction du port de Mardick pour remplacer celui de Dun-

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