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kerque, n'étaient pas de nature à faire cesser la défiance et à établir la bonne intelligence entre les deux nations. Mais maintenant qu'on était persuadé que les causes de jalousie et d'aigreur entre elles ne subsisteraient plus, il serait très facile d'en faire cesser les effets. On crovail fermement que M. le duc d'Orléans, ayant toutes les qualités de l'âme, du cœur et de l'esprit qui rendent un prince véritablement grand, placerait sa gloire à faire le bonheur du peuple qu'il gouvernait, et qu'il choisirait plutôt de se faire aimer et respecter par sa justice et sa bonne foi, que de se faire craindre par les projets qu'il formerait pour étendre sa domination au préjudice de ses voisins. De* telles maximes établiraient la tranquillité et la confiance parloiiL et plus facilement dans la Grande-Bretagne qu'ailleurs, oii le roi était étroitement lié avec M. le duc d'Orléans parles liens d'une proche parenté et où tous les bons sujets du roi considéraient M. le duc d'Orléans comme le prince le plus accompli de toute l'Europe. Tous ceux qui n'étaient pas adhérents du Prétendant l'aimaient d'une affection particulière.
« Telles sont, poursuivait le mémoire, les dispositions du Roy et de la nation de la Grande-Bretagne par rapport à M. le duc d'Orléans personnellement. »
L'amitié était très facile à établir. Elle ne permettait pas que le duc d'Orléans assistât ou encourageât le Prétendant et ses adhérents; elle voulait au contraire qu'il l'éloignât au delà des Alpes. Le roi do la Grande-Bretagne, de son côté, était prêt à se rendre garant de l'ordre de la succession à la couronne de France établi par le traité d'Utrecht, le duc d'Orléans entrant en même temps dans la garantie (le la succession à la couronne de la Grande-Bretagne, telle qu'elle était établie par les actes du Parlement britannique.
L'affaire de Mardick s'accommoderait sans peine. Resterait ensuite à faire un traité de commerce sur un pied équitable pour les deux nations *.
Ce document est important. Il pose comme condition première de Tentente à établir, Téloignement du Prétendant au delà des Alpes. Mais, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, le Régent, qui se croit encore jacobite, craint d'ailleurs de prendre gratuitement sur soi Todieux d une expulsion, s'il n'est couvert préalablement par un traité d'alliance signé et acquis. George, défiant et irrité de la conduite double de son parent de France, veut maintenant qu'il lui concède l'expulsion préalable comme une démarche qui le lie, bon gré mal gré, à l'alliance. Ainsi, défiance d'un côté; défiance et colère de l'autre. En cas d'alliance, le Régent veut y faire intervenir en guise de ï'ontrepoids et do garantie, pour n'être pas à la discrétion de l'Angleterre, une tierce puissance, c'est-à-dire la Hollande, dont l'accession briserait sans retour la vieille coalition contre la France. George préfère garder la Hollande à sa dévotion, au moins jusqu'à la soumission de la France, et apporter alors le concours de cette république, •n manière d'œuvre surérogatoirc.
Il va donc s'établir entre les deux gouvernements fran- '•ais et britannique, une lutte, si l'on peut employer ce mot •|uand il s'agit d'une amitié à former, mais lutte de politique et tle diplomatie sur l'expulsion préalable ou non du •hevalier de Saint-George, et sur l'influence à maintenir "U à conquérir chez les Hollandais.
Elle sera très active, très serrée, même non exempte de danger, jusqu'au moment où des circonstances nouvelles, • ''^t-à-dire les événements du Nord dans l'été de 171G,
l- Ce mémoire est en français. Hecord Office, France, vol. 3i9.
décideront George I" à se laisser fléchir et à désirer ardemment la prompte conclusion de Talliance après Tavoir, lui et ses ministres, ajournée systématiquement.
D'abord, au commencement de cette même année, il s'agit, de part et d'autre, d'entraîner la Hollande, parce qu'elle est la pierre angulaire du système politique du continent.
Suivons ce conflit singulier; et, en premier lieu, rendons-nous compte de l'état de la république des Provinces- Unies, au dehors et au dedans, après ses grandes guerres contre Louis XIV qui l'avaient portée si haut.