‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 5 sur 209 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

plus pressantes instances, George exige des satisfactions préalables, avant tonte chose, le renvoi du Prétendant de l'autre côté des Alpes. Le prince français se refuse h une concession qui le déshonorera, s'il arrive qu'elle ne soit pas suivie de l'alliance, dont rien ne lui garantit la réalisation effective ; et il n'y veut consentir qu'autant qu'elle sera partie intégrante du traité. Alors s'engage une lutte des plus serrées, à la fois à Paris, où le Régent en vient à demander si c'est la guerre que Ton veut, il se défendra de son mieux, dit-il ; et à la Haye, où notre ambassadeur, M. de Châteauneuf, ramène la Hollande, paralyse à force d'habileté la rancune de Geoi^e, empêche les tronçons de l'ancienne coalition de se rejoindre et de se ressouder contre la France de Louis XY. Cette campagne diplomatique, très vive et très intéressante, n'a pas encore été racontée.

Mais le duc d'Orléans n'a obtenu par elle qu'un résultat négatif. U a empêché; il a gagné du te-^-ns. L'heure est venue d'atteindre un résultat positif. C'est alors 4 e se place la double mission de l'abbé Dubois, d'abord auprès du secrétaire Stanhope, de passage à la Haye; ensuite, auprès du roi lui-même, à Hanovre. De ces deux voyages sort en effet un traité d'alliance défensive entre la France et FAngleterre. Comment expliquer ce coup de théâtre qui renverse soudainement les résolutions du roi et change en un moment les bases politiques de l'Occident? Nos historiens qui se sont renfermés dans les documents français, y ont vu le miracle du génie persuasif de l'abbé. Maintenant, puisons à la correspondance des ministres de George I*'. Elle nous apprendra, qu'à peine à Hanovre, en présence des progrès et de l'ambition du tsar Pierre de Russie, qui. dans sa guerre contre Charles Xll, s'est avancé jusqu'à l'Elbe et aspire à prendre pied en Allemagne, le monarque allemand s'effraye à la fois pour Télectorat de Hanovre, sa terre de prédilection, et pour son royaume de Grande-Rretagne. Car ridée d'une alliance possible entre le souverain moscovite et le Régent a germé subitement dans son esprit. Déjà il les voit intronisant le Prétendant en Angleterre. Le voilà converti. Il brûle de conclure cette alliance, qu'auparavant il entendait n'octroyer qu'à son heure et par sa grâce, pour sceller l'abais- .wrment du Régent. Rencontre-t-iL des difficultés, des retards

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