‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 6 sur 209 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

chez les ministres qu'il a laissés derrière lui à Londres? Il fait éclater sa colère; et ce ne sera pas une des moindres causes de la disgrâce dont il frappera à Fimproviste son principal secrétaire d'État.

Telle est Texplication véritable du succès de Tabbé Dubois. Ceci soit dit sans rien ôter aux rares talents de Tabbé, ni à son adresse de négociateur. Mais, sans le savoir, il avait les dieux pour lui.

Le traité de la Haye, qui s'ensuivit, ne nous a pas paru mériter les critiques sanglantes dont il a été Tobjet pour le fond et pour la forme. Nous le considérons au contraire comme un service rendu à la France. Le lecteur en jugera.

Nous n'avons pas cru davantage devoir nous associer aux malédictions qui poursuivent le nom de Tabbé Dubois. Non pas que nous ayons entrepris une réhabilitation. Nous étudions les faits de sang-froid, en toute liberté d'esprit, uniquement pour parvenir à la vérité; quelque autorisé que soit tel historien, tel maître, nous n'hésitons pas à nous écarter de son opinion, s'il nous paraît être dans l'erreur :

Nullius addictus jurare in verba magistri.

Nous avons essayé de faire la part du bien et du mal.

En ce qui concerne l'accusation de s'être vendu dès lors aux Anglais, le simple exposé des faits tiré des papiers authentiques, papiers britanniques, justifie Dubois et prouve que c'est une calomnie insoutenable.

11 en sera de même pour la suite de son ministère. Le reproche d'abjecte immoralité jeté sur toute sa vie, nous semble également sujet à caution. Pour nous, le grand déchaînement du xviii** siècle contre ce ministre est essentiellement une protestation aristocratique contre l'offensante fortune d'un ûls d'apothicaire.

Un mot sur la méthode que nous avons suivie dans certaines parties de ce travail. Comme il avait pour objet une question de relations étrangères, nous avons cru que de nous renfermer strictement dans la narration des faits, sans rendre compte d'abord de la situation intérieure el extérieure des États en rapport ensemble, ce serait nous priver d'un élément indîp

Page 1