l)u même au môme, 2 octobre 1716, anglais, /rf., ibid
3. L. Townshend à Stanhope, Hampton Court. 12 (23) octobre 1716, anglais* « M. Walpole m'a envoyé la môme nouvelle qu'à vous, relativement au choix d'un stathouder; et je suis très peiné de voir, par votre lettre, qm-
les Hollandais à leurs disputes intestines, à leurs vains efforts pour se réformer. Son ambition se limitait sagement à les maintenir de son côté dans la politique européenne.
On voit donc comment, dans cet élat de décadence morale, la République pouvait subir l'influence étrangère; et comment il fut donné à notre ambassadeur, M. de Châteauneuf, de s'y créer une position inexpugnable, dont il se servit à la fois pour neutraliser l'influence anglaise et autrichienne et pour restaurer celle de la France.
En terminant, reproduisons la peinture que Saint-Simon a faite avec sa vigueur incisive, et de la situation personnelle d'Heinsius et de celle de la République : Heinsius, créature du roi Guillaume, son confident, et Tâme de son parti. « Il avoit pleinement hérité de sa haine contre la France et contre la personne du feu roi. Il étoit flatté des soumissions que lui prodiguèrent le duc de Marlborough et le prince Eugène, qui lui déféroient tout, et qui avoient un intérêt personnel et pressant de perpétuer la guerre qui étoit tout leur appui à Vienne et à Londres, et qui leur valoit infiniment en particulier. Ils n'avoient pas honte «l'allendre quelquefois des heures entières dans Tanti- ^'hambre d'Heinsius, par le moyen duquel ils firent que les hollandais suppléèrent à ce que l'empereur ne pouvoit et à ce qu'on n'osoit demander au Parlement d'Angleterre, qui donnoit souvent le triple des engagements, et qu'on ne pouvoit pousser au delà. De cette façon, la république se ruina si bien, que, si les sept provinces avoient pu être vendues comme on vend une terre, le prix n'en auroit pas payé les dettes.
s. M. ne veut pas songer à acquérir cette dignité pour eUe-même. » (Coxe, M^moirs of ihe lifc and administration of sir Robert Walpole, vol. Il, p. !li.) Le roi élait alors en Hanovre.
« Les plus riches du pays ne voyant donc plus de sûreté pour les fonds qu'ils prêteroient à l'Etat, les mirent tanl qu'ils purent sur la banque d'Angleterre, en sorte que, dans un État ruiné, les particuliers demeurèrent riches. Ces particuliers pour la plupart étoient toujours à la tête des villes, des états généraux, et dans les premiers (emplois et les principales commissions. Us étoient donc à peu près les maîtres des affaires, et le sont toujours demeurés par leur nombre, leur succession des uns aux autres, leur crédit. Mais en même temps leurs richesses, et même tout le bien de la plupart étant entre les mains des Anglais, les met dans une telle dépendance de l'Angleterre qu'ils se trouvent forcés d'en préférer les intérêts à ceux de leur république, et de la faire consentir, contre son propre avantage, à toutes les volontés des Anglais. C'est ce qui se voit à l'œil, et se sent dans toutes les conjonctures, tellement que, jusqu'à ce jour que j'écris, la république ne s'est pas conduite autrement, et avec peu ou point d'espérance d'aucun changement là-dessus *. »
Tel était, en Hollande, après lés beaux jours du xvii® siècle, et au commencement du xvni®, le triste revers <le la médaille. N'importe*: telle quelle, il fallait l'avoir avec soi.