L€ couronnement eut lieu le 20 (31) octobre
ancien et glorieux compagnon (Varmes en Espagne, et tomba d'accord avec lui pour souhaiter ralliance la plus forte possible avec le roi. Seulement il le renvoyait à ses ministres, en particulier le prince Eugène; ce dernier se souvenant peut-être trop bien de la défection de T Angleterre en 1712 et des suites funestes qu'elle avait eues pour ses armes, répondit par des moqueries. Il déclara sans sourciller à Stanhope qu'il ne conseillerait jamais à l'empereur d'accepter les Pays-Bas aux conditions que les Hollandais y mettaient ; « que les Pays-Bas importaient peu ou h l'Empereur ou à l'Empire ; qu'ils seraient toujours à charge à l'Empereur; et que, s'il les acceptait, c'était plutôt pour le bien de ses anciens alliés que pour le sien propre ». Ainsi, c'était dans l'intérêt d'autrui et par dévouement, que Charles VI s'appropriait la Belgique tant disputée. Stanhope nous apprend aussi que certains minis — très impériaux suggéraient à leur maître l'idée de troqueir les Pays-Bas contre la Bavière, parce qu'ils craignaient: de perdre les domaines qu'il leur avait donnés dans cette contrée, après l'avoir conquise pendant la guerre de la Succession *.
Ces îlprcs dissentiments faisaient la partie belle à l'ambassadeur de France à la Haye. M. de Ghftteauneuf représentait aux Hollandais que l'Angleterre, en travaillant à rétablir l'alliance des trois puissances, voulait les engager dans une nouvelle guerre, perspective devant laquelle ils reculaient avec épouvante. Il parcourait Amsterdam et les autres villes, semant, sous ce prétexte, des jalousies contre la maison d'Autriche et contre l'Angleterre, offrant une alliance telle que les États pourraient la souhaiter
\. stanhope à L. Townshcnd, Vienne, 13, 24 novembre, 8 décembre, n. 8., ni4, en français. Lord Mahon, Uistory of England, vol. IK p. 342-346.
avec le roi de France '. Ne pouvait-il pas, à bon droit, suspecter les desseins qui s'agitaient entre Londres, la Haye et Vienne, et tâcher de les tuer dans le germe, ou tout au moins d*entretenir les hésitations des Hollandais et d'atténuer leurs préventions contre la France?
George ne se rebuta point. ^Vllant de Fun à Tautre; assez mal vu en Autriche à cause de ses agrandissements dans le nord de TEmpire, mais courtier infatigable, il parvint à radoucir les esprits aigris. A force de marchandage toute une année, il les amena à conclure le traité final de la Barrière, à Anvers, le 15 novembre 1715. Encore fallut-il que TEmpereur, impatienté de Topiniàtreté des Hollandais, signifiât que si, dans six semaines, tout n'était pas réglé, le prince Eugène se rendrait à Bruxelles pour prendre possession des Pays-Bas. Les places de la Barrière furent fixées à huit '; la solde des garnisons hollandaises à cinq cent mille écus, hypothéqués sur Tensemble des revenus des Pays-Bas autrichiens.
Mais cette solution matérielle du litige ne procura pas la pacification morale. L'orgueil, de part et d'autre, s'était trop piqué au jeu. L'Autriche ne rabattit rien de son égoïste raideur. Au contraire, elle s'avisa de céder le duché de Limbourg à l'électeur palatin, Jean-Guillaume, sans égard pour l'article H du traité, par lequel elle s'interdisait toute aliénation d'une partie quelconque de ses nouvelles possessions. De là, réclamations retentissantes dos Hollandais; persistance de Charles VI qui mettait son honneur à ne pas revenir sur une chose faite.
D'un autre côté, dans la région rhénane, malgré l'ar-