‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 62 sur 209 · Siair^s Journal^ lundi 9 mars · texte numérisé non relu

Siair^s Journal^ lundi 9 mars

3. • 11 excelloît & parler sur le champ, et en justesse et en vivacité, soit de bons mots, soit de réparties,... nulle présomption, nulle trace de supériorité d'esprit ni de connoissance, raisonnant comme d'égal à égal avec tous, et donnant toujours de la surprise aux plus habiles. Rien de contraignant ni d^imposant dans la société, el quoiqu'il sentit bien ce qu'il ètoit, et de façon même de ne le pouvoir oublier en sa présence, il met-

les termes les plus forts, du succès des armes du roi. Si, à la vérité, le Prétendant avait passé et séjourné en France (à son retour d'Ecosse), il lui avait fait dire immédiatement de partir; et, h cette heure, il était parti en effet. U promit réloignement immédiat des chefs rebelles condamnés par le Parlement, se bornant à demander au roi la réciprocité à regard de telles personnes qui pourraient être condamnées en France pour rébellion.

Ayant donné satisfaction, au moins en paroles, aux réclamations britanniques, le Régent essaya de se dédommager sur lord Stair. II prit l'offensive contre lui, et lui reprocha d'avoir écrit à son désavantage en Angleterre. L'ambassadeur se défendit spirituellement, avec mesure. Il répondit qu'il av|iit toujours écrit sur Son Altesse en homme qui faisait profession d'être son serviteur; que toujours il avait rejeté le blâme do ce qui arrivai! sur ses ministres; car il les croyait bien plus à blâmer que Son Altesse Royale. Il avait rendu un compte fidèle de tout ce qu'elle lui avait dit d^ son désir et de son intention de vivre en amitié avec le roi . En même temps , il avait été obligé, par le devoir de sa charge, de rendre compte des choses qui se passaient en France et ne concordaient pas avec le langage du prince. ce à quoi il se croyait obligé en honnête homme et en fidèle serviteur de son maitre, qui lui avait donné mission d'observer ce qui se faisait pour ou contre ses intérêts.

Il demanda une prompte réponse, afin que le monde n'eût pas occasion de soupçonner qu'on ajournât pour voir quelle serait l'issue du projet attribué à la flotte suédoisc sur l'Ecosse, projet en tout cas très incertain, et impossible à réaliser du moment qu'il était éventé en Angleterre.

toil toiil le mnndo à Taise, cl lui-même comme au niveau des autres. • Saint-Simon, t. XII, p. 9i.)

Le R^ent promit de ne pas tarder; et ils se séparèrent très bons amis, du moins à ce qu'il semblait à l'ambassadeur '. Il n'allait pas tarder à s'apercevoir qu'il s'abusait. LfC jour suivant, il mars, il remit son mémoire au maréchal d'Huxelles. 11 eut aussi des conférences avec lord Peterborough qu'il suspectait de chercher à sonder pour le compte de la cour do France ses inclinations et ses instructions quant à une rupture entre les deux pays. Il crut reconnaître que Ton désirait un traité, comme gage de sécurité, dans lequel entrerait aussi Texécution du traité précédent, c'est-à-dire de la paix d'Utrecht. Alors, d'après Pelerborough, on ferait tout ce que le roi pourrait désirer 4u sujet du Prétendant, et Ton se montrerait extrêmement civil pour lord Stair. Celui-ci répondit à son compatriote qu'ils en jugeraient tous deux par l'accueil que recevrait son mémoire. Mais l'autre restait tout feu pour le traité; il était prêt à aller y travailler en Angleterre et à emmener *veç lui le duc d'Aumont, ambassadeur désigné. Celui-ci se vantait d'être actuellement le plus grand whig de la <^^ur, et même de l'avoir toujours été V « Je suis très complaisant, ajoute lord Stair dans son Journal à la suite ^Iw confidences du comte de Peterborough ; je puis avoir 'honneur de faire ce traité. Si je me rouille, il passera en <lautres mains '. » Tel était en effet le déboire qu'on lui préparait, mais pas par les mains dont il se défiait. La réplique du maréchal d'Huxelles au nom du conseil

*• S/a/r'j Journal. Le réoit de celle audience esl en anglais, 2. Tel n'étail pas l'avis des whigs. Le 28 mars (8 avril) ill6, Slanhopo "jande à Stair que son gouvernement n'en veut pas, parce que le duc •1 Aumont est un jacobile déclaré. Stair dira au Régent que ce serait une "Dgiilièrc façon d'abjurer la cause du Prétendant (juc d'envoyer à Lon- ^J^s un pareil homme. Staiv Papers^ Oxenfoord Caslle, vol. V. — Le duc 'l'Aumont était grand anglomane. Saint-Simon, t. XI, p. 25, édit. Chéruel. 3- 11 mars 1716. Ces mots, ainsi que toutes les correspondances, prou- ^^nl. contre le dire de Saint-Simon, ([ue lord Stair désirait sincèrement le iraiié.

des affaires étrangères est datée du 13 mars (1716). Compassée, superbe, probante pour qui n'aurait pas connu le fond des choses , elle protestait en ces termes contre les torts supposés du gouvernement français.

« S. A. R., s'intéressant. très sincèrement à la gloire el aux avantages du Roy delà Grande-Bretagne, a appris avec d'autant plus de plaisir le succès de ses armes en Ecosse qu'en mesme temps que cet événement asseure la tranquillité des royaumes de la Grande-Bretagne, il fera cesser les faux bruits répandus sans fondement par les ennemis du repos public, pour altérer la confiance et Tamitié que le Roy * veut conserver avec le Roy de la Grande-Bretagne, ot qui a toujours fait un des principaux objets des veûes de Son Altesse Royale. Et comme elle veut satisfaire au traité d'Utrecht, elle a déjà employé l'autorité qui luy est confiée pour faire sortir le chevalier de Saint-George du royaume et elle continuera de se servir de la mesme autorité pour s'opposer à ce qu'il puisse y rentrer en quelque temps que ce soit et sous quelque prétexte que ce puisse être. »

A regard des réfugiés , « quoyque personne n'ignore (|uelle8 sont les loix de l'azile dans tous les États souverains », le Régent, pour que nul n'en puisse abuser, « entrera de concert avec le Roy de la Grande-Bretagne dans tous les moyens qui paraîtront convenables pour prévenir un pareil abus et pour maintenir la bonne intelligence en éloignant tout sujet d'ombrage. L'ordonnance rendue contre ceux des officiers qui sont sortis du royaume sans permission a été exécutée à la rigueur. »

A la remarque de lord Stair que l'Angleterre était désarmée el tranquille sur la foi tlos traités, il n*ost pas moin- -^

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