‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 65 sur 209 · Se Ironvorail · texte numérisé non relu

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dans les incertitudes où Ton se trouvoit à Theure qu'il est.

« Mylord, dit-il, il est bien fâcheux que les picques des ministres brouillent les Princes, et que nous devons souffrir pour les fautes d'autruy. Je lui fis voir ensuite que personnellement il n'avoit jamais eu raison de se plaindre de moy, qui lui avois esté toujours attaché d'affection, et que j'avois rejeté les fautes sur les ministres et non sur lui. Il me parla avec beaucoup d'amitié et beaucoup d'affection, me priant de m'adressera lui tout droit, quand j'avois quelque chose à faire, me promettant qu'il ne me refuseroit jamais audience, et que je serois toujours content de lui. Je le laissay dans son cabinet très content de moy *. »

A Londres, on avait été très surpris de la nouvelle manière de correspondre, si semblable à un défi, inventée par le maréchal. Slanhope, de même que lord Stair, feignit de ne pas s'en apercevoir. Il ne dit mot à M. d'Iberville de la réponse de M. d'Huxelles, avant qu'elle lui eût été communiquée régulièrement par lord Stair.

Le manège du maréchal d'Huxelles tourna contre lui et contre le Régont. George et ses ministres le regardèrent comme une offense ajoutée gratuitement à celles dont ils se plaignaient déjà. Ils résolurent de se venger et de punir, en le mettant à leur merci, un gouvernement qui, après avoir donné les mains à un complot insurrectionnel contre eux, y ajoutait encore la moquerie. Le Régent était mieux ins[)iré le jour où il dit à lord Stair : a Comptez, monsieur,

1. Slair à Slanhope, Paris, 22 mars 1716. Stair Papers, Oxenfoord Castlc, vol, 111, B. — Lord Slair finit celle dépêche par une anecdote amusante sur le maréchal d'Huxelles. Vers le lemj>s que le Prétendant vint en France, Stair ayant un peu t'chauffé le nian'rhal, celui-ci lui dit qu'il appartenait à la France de garder une exacte neutralité. Il était fort en peine et suait dt' ce mol de neutralité qui lui était échappé. Slair lui repartit prestement : «* Monsieur le maréchal, vous êtes très habile, mais vous êtes cent fois plus hal)ile que je ne vous croyais, si vous pouvez trouver le moyen de contenter et le Roi et le Prétendant ».

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que si je m'en étais mêlé, les choses auraient tourné bien autrement * ».

Quelques mois plus tard, pendant ses négociations en Hollande, Tabbé Dubois, impatienté de Tirréflexion de son maître, disait de lui qu'il passait sa vie à filer des cordes pour en être emmailloté. Rien de plus vrai, au moins dans ces premiers temps de la Régence. C'était bien le Régent qui avait tissé le filet où maintenant il était pris et qui s'était emmailloté lui-même dans des difficultés également humiliantes et dangereuses.

Stanhope pansa d'abord avec de bonnes paroles Tamourpropre blessé de lord Stair : « Il est très probable, lui manda-t-il, que Ton a agi ainsi pour mortifier Votre Excellence. Mais je suis certain que vous en prendrez aisément votre parti, en considérant que vous en êtes redevable à votre zèle singulier pour le service de Sa Majesté et à la conduite que vous tenez avec la pleine approbation du roi. >Jous ne nous faisons pas faute non plus de vous rendre justice sur ce point. Car dans la conversation que j'ai eue avec M. d'Iberville, outre que je lui ai marqué Tcntière satisfaction de Sa Majesté pour la conduite de Votre Excellence et pour votre exactitude à justifier la confiance qu'elle a placée en vous, je lui ai dit formellement et sans ambages <|ue la cour de France ne saurait rien faire qui donnât plus sujet à Sa Majesté de se défier de la sincérité de ses protestations qu'elle veut vivre en bonne intelligence avec elle, que de chercher à amoiiitlrir le caractère de Votre Excellence, là où vous êtes, ou bien en vous dénigrant dans les autres cours de l'Europe, de manière à donner une mauvaise impression de votre conduite. Sa Majesté nV verrait point d'autre explication, si ce n'est que leur

!. Avril 1"I6. Buvat, Journal de la Rf^gence^ t. I, p. 135, public par Cam- (»anion.

mécontentement provient de votre infatigable application à remplir votre devoir *. »

Après ce juste tribut d'éloges à un serviteur si résolu et si utile, Stanhope envisageait l'avenir et en venait aux garanties à réclamer du Régent, comme gage ultérieur de sa sincérité. La duplicité de ce prince, au moins dans le passé, riiostilité persistante du maréchal d'Huxelles, remplissaient les whigs de soupçons et d'alarmes, au point de les rendre presque intraitables. Cependant, ils observaient encore des formes. Stanhope prescrivit à Tambassadeur <le rédiger un nouveau mémoire, où il exprimerait la satisfaction du roi de ce que le Régent employait son autorité : I" à empocher le Prétendant de trouver une retraite en France, conduite conforme d'ailleurs aux traités ; 2* à interdire la France aux traîtres, auteurs de la dernière rébellion. D'autre part, le roi avait appris avec plaisir du duc <le Lorraine, que le Prétendant avait quitté le duché.

Ce compliment servait de transition à un raisonnement entortillé, mais catégorique, par lequel le gouvernement français était mis en réquisition pour concourir en ce point avec le duc de Lorraine et les autres souverains, « attendu que rien n'est plus juste et plus raisonnable pour S. M. que de s'assurer que le Prétendant ne devra trouver asile chez aucun prince ni dans aucun État en amitié avec elle, de même rien n'est plus naturel quand un prince est en amitié avec un autre, que d'agir tous deux de concert en faveur d*un État voisin et allié, surtout quand la trau- ({uillité et la sûreté de celui-ci peut dépendre dans une si ft>rtc mesure du succès de ces bons offices; en conséquence, d'après l'amitié dont le Régent fait profession, S. M. se promet que S. A. R. ne refusera pas de donner cette preuve

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