L. Malion. t. I, chap. vi
2. • Une fois cet acte passé, nous pourrons peut-être parler d'une faroj^ l»lu8 péremptoire à la France, que nous n'avons fait jusqu'ici. • L. Townshcnd à Hor. Walpole, VVhitehall, 10 (21) avril IHG. — Coxe, Memoirs o/ Walpole, vol. M, p. 62.
3. Ccst la môme chose que la question <le Manlick sous un autre non».
196 LE IIËGENT» l'abbé DUBOIS ET LES ANGLAIS.
péremptoirement aux États-Géuéraux. qu'aussi longtemps que ce pas n'aura pas été franchi préalablement, elle ne pourra ni ne voudra entendre à ouvrir des négociations avec la France. Si les Français sont sincères dans leurs propositions, c'est à eux, qui ont envoyé le Prétendant ii Avignon, à trouver les moyens de l'en faire sortir; et il importe à Sa Majesté que Son Altesse Royale ait à In tirer d'incertitude sur cette matière le plus tôt possible, puisque la conduite (ju'elle tiendra à cet égard, devra servir «le règle à Sa Majesté pour sa gouverne *. »
Cette signification hautaine introduisit définitivement dans la négociation entre les deux cabinets les clauses que nous venons d'énumérer et qu'on appela les trois points, les trois articles, qu'avant toute chose, le duc d'Orléans devait mettre à exécution, s'il voulait être admis à parler d'alliance : 1** renvoi du Prétendant d'Avignon en Italie: 2"" expulsion de ses partisans hors de France; 3^ satisfaction pour les travaux de Dunkerque-Mardick. Ainsi, tant que le dur n'aurait pas fait amende honorable en concédant tout d'abord, sans autre assurance qu'une promesse verbale de (ieorge P% ce qu'il importait le plus à ce monarque d'obtenir, le cercle où on l'enfermait, ne se rouvrirait point : il y demeurerait vaincu et captif sans combat.
Lord Stair, tout en s'acquittant de ce message si ingrat, en atténua do son mieux la rudesse. Il avait rendu compte au roi, dit-il au duc d'Orléans, des expressions obligeantes dont Son Altesse s'était servie dans sa dernière audience en marquant son amitié pour Sa Majesté, et son désir de s*unir avec elle par une liaison encore plus étroite, par un traité d'alliance défensive. Le roi l'avait chargé de lui témoigner qu'il recevait ces marques d'amitié de sa part avec beau-
1. Slanhop*» à Slair, Whitcliall, \ù (27) avril lUrt. Siair Papen, Oxenfourd Casilr, vol. V.
coup de plaisir, qu'il était toujours dans des sentiments pareils, et qu'aussitôt que le Prétendant serait de l'autre côté des Alpes et que Son Altesse Royale aurait donné des marques de son amitié en accordant les deux autres points, le roi serait prêt à conclure un traité défensif avec lui.
Le Régent répondit que l'affaire de Mardick étant une suite du traité d'Utrecht, il était prêt à faire la déclaration que le roi pourrait désirer; quant au Prétendant, il le souhaitait au delà des Alpes de tout son cœur. Il songeait tous les jours à trouver des moyens. Il y songerait encore; cependant, il ne pouvait pas se résoudre à arrêter pour cela le payement de la pension de la reine d'Angleterre *. Mais c'était quelque chose de nouveau que le roi demandait ; il lui paraissait que cela devait être un article dans le nouveau traité, et non pas un préliminaire.
L'ambassadeur combattit ces scrupules et prétendit que, si le prince avait les moyens en mains pour éloigner le Prétendant par un article du traité, il les avait aussi préalablement; et qu'étant sûr que le traité suivrait, ce n'était qu'une bagatelle. Le roi serait bien aise de n'être pas longtemps dans l'incertitude. « Il y a, continua-t-il, des puissances qui ne croient pas que c'est de leur intérêt que ce traité se fasse, qui pourront se donner du mouvement pour le traverser. Les conjonctures ont une grande influence sur les affaires. »
A cette insinuation, qui visait l'Autriche, le Régent se plaignit qu'on pressât k la Haye, avec tant d'ardeur, ralliance défensive entre le roi, l'Empereur et les Etats.
Stair ne s'en défendit pas : « Je luy dis que cela étoit vrai et fort conforme à notre svslème de maintenir la