‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 78 sur 209 · DÉPART DE GEORGE I=« POUR LE HANOVRE · texte numérisé non relu

DÉPART DE GEORGE I=« POUR LE HANOVRE

Le Parlement, lorsqu'il avait voté en 1701, sur la pro^ position de Guillaume III, l'acte qui fixait la successioi^ 4lans la ligne protestante de Hanovre *, avait réglé par de^^ articles préliminaires, avant toute désignation de per^ sonnes, les conditions du futur gouvernement. EntriT' autres précautions suggérées par les fréquents séjours d Guillaume en Hollande et par son habitude de gratifier à Toxcès ses favoris hollandais, on avait statué que le sou — verain ne pourrait pas sortir du pays sans le consente — ment des deux Chambres, et que nul étranger ne serait apte à exercer des fonctions publiques dans le royaume,, ni à recevoir des terres de la couronne. George,, depuis deux années bientôt qu'il était venu recueillii^ riiéritage de la reine Anne, ressentait dans ce royaume- <\nil retenait avec tant do passion, les ennuis die l'exil. IL était si peu anglais qu'il n'avait pas même mis à profit^ les années écoulées depuis l'acte de Succession pour' apprendre la langue d'un peuple qui, d'avance, se don-

i. The art uf SetUemenly qui reriil la sanction du roi le 12 (23) juin HCM^

nÊPABT DE (iEORGE r POLR LE HANOVRE. 237

liait à lui. Son impatience do revoir le pays natal consterna le ministère britannique, autant qu*il réjouit ses ministres hanovriens, les barons de Bothmar et de Bernsdorf. i\es deux personnages avaient suivi leur maître en Angleterre, et, comme des vautours affamés, Vœil perçant, ies ongles recourbés *, ils s'étaient jetés sur cette proie opulente, se gorgeant de richesses. Mais ils avaient aussi des intérêts en Allemagne, plus ou moins menacés par les événements de la guerre qui se poursuivait contre la Suède. Ils poussaient de leur mieux au voyage de Hanovre. Hobetlion, réfugié français, secrétaire particulier du roi, les secondait, ainsi que les maîtresses allemandes, sans grâce, sans esprit et très rapaces, que George avait amenées avec lui, Melesina de Schulenbourg, qu'il créa successivement duchesse de Munster et duchesse de Kendal, et Sophie, baronne de Kilmanseck, qu'il créa comtesse de Darlington. Il n'y avait pas jusqu'à deux prisonniers turcs des guerres de Hongrie, Mahomet et Mustapha, restés au service de l'électeur, qui n'eussent leur part à ce festin d'oiseaux de proie, et leur influence dans la déconvenue du ministère anglais.

Lord Townshend jeta le cri d'alarme par une longue lettre à Bernsdorf pour dissuader le roi de son voyage *. Il en avait délibéré, disait-il, avec le lord chancelier (Cowper), les ducs de Devonshire et de Marlborough et le comte de Sunderland; et ils se croyaient obligés d'exposer au roi, avec toute la soumission possible, l'extrême préjudice qu'il pouvait causer à ses intérêts par cette absence. Alors, il montrait que, malgré la supériorité de ses armes sur les rebelles et le zèle du Parlement, l'ardeur et ta rage lie la faction jacobite étaient loin d'être domptées; que

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