LK UKliKNT, L'ABBK DIBOIS ET LES AXiiLAIS
n'est nullement votre faute, que la mauvaise conduite de mon fils, je vous assure de la continuation de mon estime. » (10 août 1696.)
« Je connais Monsieur, et comme il prend aisément jalousie de moi, c'est pourquoi je n'ai osé lui dire que je savais que vous aviez fortement parlé à mon fils. Pour moi je vous ai rendu toute la justice qui vous est due.... Ne doutez pas que le Roi qui sait tout ce qui se passe, et qui se fait, comme nous voyons,' informer de ce qui regarde mon fils, ne soit instruit de ce que vous lui dites tous les jours sur cela.... Ne vous affligez ni ne vous découragez pas, monsieur Tabbé. Plus vous voyez que mon fils a besoin de votre secours, plus il sera généreux à vous de ne le pas abandonner dans son ivrognerie de jeunesse, et plus vous aurez de gloire de le retirer de cet abîme où il s«» jette si à corps perdu.... » (17 août 1696.)
« J'ai une vraie joie de vous voir si content de moi, monsieur Tabbé, et de ce que mes lettres vous ont encouragé dans votre bonne œuvre; j'appelle ainsi de tâcher de corriger mon fils. » (29 août 1696.)
Ne semble-t-il pas que ce langage affectueux, si régulièrement soutenu, par lequel la mère se met de moitié avec le précepteur pour la moralisation de Télève, soit exclusif de rinfàme trahison dont on accuse le premier? Elle-même, et Monsieur, et le roi qui savait tout ce qui se paamit, auraient été bientôt mis au courant de ce mystère d'iniquité. Au camp, lesjyeux étaient ouverts sur Dubois. Les familiers du duc de Chartres étaient jaloux de lui, sa présence les gênait. Dès la première campagne, ils le dénoncèrent à Monsieur : la bonne compagnie s'éloignait, disaient-ils, de chez le duc de Chartres; on ne le servait pas avec assez de respect. Sur les vives objui^ations qu'il reçut de Monsieur (27 juillet 1691), l'abbé répondit que
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cela regardait le sous-gouverneur et non pas lui. On avait dit aussi au roi, et le monarque Tavait redit non sans humeur, qu'il faisait travailler le duc de Chartres six heures par jour. Dubois se justifia un peu ironiquement. Il était honteux, dit-il, d'être obligé d'avouer que, depuis que le duc était à l'armée, il n'avait pas lu une page. En général, il avait eu grand soin de n'être avec le prince qu'autant qu'il fallait pour le faire souvenir des sentiments qu'il devait avoir, et l'avertir des fautes qu'il avait faites*.
Tels sont les seuls témoignages authentiques, à notre c*onnaissance, de reproches adressés à Dubois. Evidemment, ils sont sans valeur. II existe aussi plusieurs lettres de Fénelon, soit précepteur du duc de Bourgogne, soit archevêque de Cambrai, remplies d'estime et d'amitié pour le précepteur du duc de Chartres ^
La vérité sur l'immoralité du duc de Chartres est plutôt ilans ces lignes de Saint-Simon, sauf les premières : « Le prince, n'ayant plus ce sage mentor ^,... tomba tout à fait entre les mains de l'abbé Dubois et des jeunes débauchés qui l'obsédèrent. Les exemples domestiques de la cour de Monsieur, et ce que de jeunes gens sans réflexion, las du
I. Dubois à Fénelon. Empline, 0 aoùl 1601. u Je crois, dit Dubois, que le secret de tout ceci est que M. le duc de Chartres s'étanl un peu découvert par sa conduite, des gens qui ont dessein de se rendre maîtres de lui, sachant qu'il a quelque faiblesse, voient distinctement que, dès que je ne serai plus auprès de lui, ils en seront les maîtres et qu'il leur sera f.-irile de le jeter dans toutes sortes de désordres, au lieu qu'ils ne sont ï>as si sûrs de la même chose, tant que je serai k portée de le faire souvenir de son devoir, de sa gloire et de ses véritables intérêts; qu'ainsi il faut m'éloigner par toutes sortes de moyens. Voilà, si je ne me trompe, -sur quoi il faut juger. >» Seilh.io, t. 1, p. 252, 255.
2. Fénelon à Dubois, mai, 18 juillet, 12 août 1691. — Dubois à Fénelon, 6 août 1691. — Fénelon à Mme Roujaul, femme de l'intendant de Maubeuge : « M. l'abbé Dubois, autrefois précepteur de Mgr le duc d'Orléans, est mon ami depuis un grand nombre d'années.... » Seilhac, t. I, n. VI. IX, XXIV. XXVI. Crll.' d.'rnirre Irltre est du 14 octobre 1711. Id.. i/jifi., p. 126, n.