‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 86 sur 209 · Seilhac, t. I, p. 104 et n. V, n«' XXXIV à XLVI · texte numérisé non relu

Seilhac, t. I, p. 104 et n. V, n«' XXXIV à XLVI

3. Saint-Simon se trompe lorsqu'il dit que l'abbé élait en Espagne avec le duc d'Orléans, t. XIH, p. 370.

238 LE RÉ(iENT, l'abbé DUBOIS KT LES ANGLAIS.

à Paris, le roi s'y opposa et Tabbé de ïhésut, frère du défunt, obtint la préférence *.

L'ancien précepteur avait aussi des ennemis dans la maison même du duc d'Orléans. Ils ne pouvaient souffrir qu'un liomme de si basse extraction eût une si grande part dans Tamitié et la confiance du prince; et ils lui suscitèrent des tracasseries à Tenvi. Alors, à plusieurs reprises, il se retira dans son abbaye d'Airvaux en Poitou; il y passa même l'année 1713 tout entière *. Le duc d'Orléans, brouillé irrémissiblement avec le roi, prit à tâche de l'offenser par la plus insolente débauche, en même temps qu'il poursuivait ses expériences téméraires de chimie. L(^ peuple y rattacha de confiance la mort foudroyante du duc el de la duchesse de Bourgogne, du duc de Bretagne^ leur lils aîné (1712), celle du duc de Beriy, frère puîné du duc de Bourgogne et gendre du duc d'Orléans (1714). Loi^s de cette dernière catastrophe, le duc d'Orléans sentant le besoin d'un serviteur fidèle et sur, rappela Tabbé de sa retraite. Dubois, revenu au Palais-Royal, y recouvra le crédit que la coterie adverse lui avait enlevé. Il étendait enfin la main sur ses hautes destinées.

1. Seilhar, t. I, p. 112. — Saint-Simon, t. VI, p. 180-181. • Dubois, dit Sainl-Simon, ne put jamais digérer cette exclusion. Il ne pardonna pas à son émule, qui était tout aussi honnête homme que son frère. > Celte honnêteté nu i'emi>écha pas de trahir auprès des jacobitcs les rapports secrct> <liî son inaitrc ave*' (îoorpc 1", comme nous Favons vu au commencement de cet ouvrage.

2. 11 sou (Trait dés lors d'une maladie de vessie que l'on a allribuée à SCS excès, mais qui peut s'explitiucr aussi bien par ses fatigues à la gucrrr cl son tempérament nerveux, trop ac<'essiblc aux soucis. Cette abba>«' d'Airvaux lui avait été donnée par le roi en IfiOO. Seilhac, t. I. p. 12 et n. 11.

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Avant d'aller plus loin, et d'aborder la Régence, l'irritant problème auquel nous avons nécessairement louché déjà, revient et nous défie : quelle était la valeur morale de Fabbé?

Saint-Simon en a tracé une peinture furieuse, avec les plus noires couleurs. Chacun voit ce petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, à mine de fouine, à physionomie d'esprit, ce sacre en un mot, puisque Texpression est restée, que l'indignation du grand seigneur livre à la Némésis de l'histoire; et tous les vices qui combattent en lui à qui en demeurera le maître, le bruit qu'ils y font et le combat continuel entre eux.

« Méchant d'ailleurs avec réflexion et par nature, et par raisonnement traître et ingrat, maître expert aux compositions des plus grandes noirceurs, effronté à faire peur étant pris sur le fait; désirant tout, enviant tout, et voulant toutes les dépouilles ^ »

Comment s'étonner si, avec tant de vices, et si énormes, il s'applique à détruire chez son élève toute morale et toute religion *?

Ce portrait ne suffît pas encore. Le Juvénal de cour y revient plus loin ' : en s'autorisant de ce que le duc d'Orléans lui a dit tant de fois de l'abbé, « et dans le moment même qu'il le déclara premier ministre, et encore depuis ». Mais ne peut-on pas rappeler que si, dans ses propos, le duc d'Orléans n'épargnait pas Dubois, il ne ménageait pas

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