ViPiix styl»»: 30 mars (1716), nouveau slylc
i276 LE RÉGENT, L'ABBK DUBOIS ET LES ANGLAIS.
venir d'un ancien ami, dans lequel je vous assure que vous trouverez toujours beaucoup de franchise et une véritable estime pour vous. Je suis très aise d'apprendre d'aussi bonne part Theureuse disposition de votre cour. Les apparences véritablement commençaient à nous alarmer; mais comme nous savons très certainement que non seulement nos intentions, mais toute notre conduite n'a pu donner aucun fondement aux bruits que certaines gens ont affecté de publier par tout le monde, comme si le roi voulait la guerre, et qu'il fit agir auprès d'autres puissances pour les y porter, nous voulons bien croire que ces bruits n'ont point été autorisés ni débités à dessein de colorer les projets qui se pourraient former contre nous. Nous voulons bien croire aussi, sur ce que vous nous faites dire, que tous les bruits d'une influence secrète de votre cour pour l'entreprise du Prétendant, n'ont été qu'une pure invention des jacobites pour animer leur parti. Quelques soupçons que Ton ait pu avoir par le passé, il est sur qu'il n'y a rien <le si aisé pour l'avenir, que de se convaincre les uns les autres que l'on veut vivre en paix, si tant est que véritablement on le souhaite.
{< Pour d'ici, je vous en réponds; et il faut espérer qu'un prince aussi éclairé que monseigneur le Régent, ne sera point la dupe de nos malheureux fugitifs, qui lui attireront très certainement de mauvaises affaires, pour peu qu'il leur prête l'oreille. La France aussi bien que l'Angleterre serait bien à plaindre si de pareilles gens étaient capables de nous brouiller. Mais je veux espérer qu'il n'en sera rien. et que de part et d'autre, comme vous le dites très bien, on no négligera rien de ce qui peut contribuer non seulement à la correspondance, mais à une étroite amitié entre nos maîtres : j'ose vous assurer hardiment que votre conduite h cet égard sera la règle de la nôtre. Pour mon par-
liculicr, je souhaiterais par-dessus toutes choses de contribuer à une telle correspondance.
a Vous savez ce qui nous blesse, et vous êtes les maîtres de faire cesser tout fondement de jalousie. Quand monseigneur le Régent y aura bien fait attention, je suis persua<lé qu'éclairé comme il est, il trouvera que c'est une très mauvaise politique, et très contraire à ses intérêts personnels, que de nous obliger d'être toujours dans un état plus violent que n'est celui d'une guerre ouverte. Vous voyez que je vous tiens parole et vous parle franchement : je crois que c'est toujours le meilleur que de savoir à quoi s'en tenir.
« Au reste, monsieur, quelque parti que prennent nos maîtres, je vous prie de croire que je suis avec une passion très sincère, etc. *. »
On était au plus fort de la contention entre les deux cabinets, l'un exigeant, l'autre refusant l'expulsion préalable du Prétendant. Stanhope faisait assez clairement ses conditions. Le Régent voulut tenter encore un effort par la même voie; et, le 10 avril (1716), Dubois écrivit une seconde battre.
« Milord, votre lettre du 19 mars me fait voir clair au travers des nuages, que mille bruits confus, produits par divers intérêts, et peut-être par le zèle de quelques acteurs, avaient répandus, et je suis ravi de savoir par un canal aussi sur que le vôtre, les véritables intentions de votre gouvernement. Je crois pouvoir vous répondre que celles (lu nôtre sont bonnes et droites. Le caractère de notre Régent ne laisse pas lieu de craindre qu'il se pique de jierpétuer les préjugés et le train de notre ancienne cour; ot comme vous le remarquez vous-même, il a trop d'esprit |>our ne pas voir son véritable intérêt.