Ces mots également en français
3. Craggs à L. Stair, Cockpit, 25 janvier (5 février) 1*20. En anglais. Stair Papers, Oxenf. C. vol XXIV. Stair Armais, vol. IL p. 411.
corriger de ceux que vous me reprochez. A mesure que je prends de l'âge, j'ai moins de vanité; et il n'est pas impossible que j'en sois moins dupe, en acquérant plus d'expérience. »
Cet exorde modeste n'est que le prélude de l'offensive. L'accusé se redresse et se défend du haut de son caractère, comme d'une citadelle.
« Mais vous m'imputez d'autres défauts, dont certainement je ne suis pas coupable. Jamais je n'ai été un homme fantasque en affaires; jamais je n'ai causé aucun accident par mes querelles particulières et mes animosités. J'ai toujours été l'ennemi franc et déclaré des cabales; jamais de la vie je ne suis entré dans une seule. Je me crois en droit de dire sans vanité que je me suis tenu dans la voie que je regardais comme la bonne, aussi fermement que qui que ce soit. De même, j'ai été inébranlable dans mes principes, fidèle à mes amis, s'il arrivait que la fortune fronçât le sourcil contre eux. En même temps, j'ai toujours vécu avec bienveillance, convenance, bon procédés à l'égard de ceux qui étaient du côté opposé *,
« Je ne saurais dire de quelles actions de ma part vous avez conclu que je serais homme à sacrifier le bien public et le service du roi à mon humeur et à mes ressentiments personnels. Je souhaite de tout mon cœur que chacun de ceux qui ont l'honneur de servir le roi soit autant que moi au-dessus de cette petitesse d'esprit.
« Quoique je sois fort loin de croire qu'on en ait bien usé avec moi, cependant lorsqu'il s'agit du bien de mon pays et du service du roi, vous me verrez toujours tout prêt à soutenir les ministres du roi et à leur donner un aussi loyal concours que ceux qui ont la bonne fortune d'être le plus en faveur. »
1. Souvent il avait rendu des services à des amis devenus jacobiles.
Mais Craggs n'est que le subordonné, l'instrument de Stanhope, chef du ministère; c'est à ce dernier que l'ambassadeur disgracié a affaire. 11 le prend à partie, et avec lui, il va lutter de clairvoyance et de hauteur.
« Quant à L. Stanhope, je l'ai toujours tenu en très haute estime et opinion; et, en toute occasion, j'ai tâché de lui donner les preuves les plus sincères de mon amitié et de mon fidèle attachement à sa personne; et j'ose dire, en toute vérité, que je ne lui ai pas donné la plus légère raison de se plaindre de moi personnellement. Je suis peiné de n'avoir pas su mériter son estime; mais je suis sûr d'avoir mérité son amitié, ou du moins sa bienveillance.
« Ce qui vient d'arriver m'a, je vous l'avoue, piqué au vif, surtout la façon de faire; mais je crois que cela provenait de ses vues en tant que ministre; et là, je vous le déclare franchement , je pense qu'il s'est totalement trompé.
« Je vous accorderai volontiers que si Sa Seigneurie a g"agné M. Law, si elle l'a décidé à renoncer à son mauvais vouloir et à ses mauvais desseins contre sa patrie, elle a eu grandement raison de lui faire toutes sortes d'avances, de donner un régiment à son fils1, de s'engager à faire entrer L. Banbury à la Chambre des Lords, de lui sacrifier l'ambassadeur du roi. Si j'avais cru à la possibilité de gagner M. Law, j'aurais conseillé de bon cœur de faire tout cela, et beaucoup plus encore. Mais si S. S. n'a pas gagné M. Law, je crains que nous ne trouvions pas notre compte à ce que L. Stanhope l'ait soutenu quand il était au moment de tomber; à ce qu'il l'ait fait premier ministre2;