‹ Le RégentChapitre 102 sur 196 · Gendre · texte numérisé non relu

Gendre

2. Par l'appui moral qu'il lui donna et qui sanctionna en quelque sorte son élévation au contrôle général.

à ce qu'il ait détruit le crédit que j'avais auprès du Régent; à ce qu'il me rappelle de cette cour, où mon long séjour me mettait à môme de juger de leurs desseins et de leur manière d'y travailler, mieux probablement qu'un nouveau venu, fut-il de plus grande capacité. Un court espace de temps montrera qui aura le mieux jugé. »

Il souhaite de toute son àme que la suite prouve que l'erreur était de son coté; mais, chaque jour, ce qu'il voit le confirme dans son opinion. Il se défend énergiquement contre un des reproches de Craggs :

« Vous me faites grandement tort quand vous dites que je conseillais de rompre avec le Régent, s'il ne consentait pas à se séparer de M. Law. Vous ne trouverez rien de pareil dans aucune de mes lettres. Vous y trouverez que je croyais utile d'ébranler son crédit auprès de son maître; d'inspirer à celui-ci de la défiance de l'ambition de M. Law, de l'inquiétude sur les dangers où sa présomption pouvait aboutir et je croyais qu'il convenait de lui barrer le chemin le plus possible, de l'empêcher de gagner un pouvoir absolu sur l'esprit du Régent et de devenir premier ministre; je pensais qu'il convenait de faire perdre à M. Law tout empire sur lui-môme, de le faire agir par passion et rage. Je n'avais pas (encore) réussi dans toutes ces vues, lorsque L. Stanhope arriva et jugea à propos de me démolir d'un coup, moi et mon travail.... »

... « Mais vous me faites encore plus de tort quand vous dites que les représentations que j'ai faites sur les dangers où nous étions provenaient uniquement de mon ressentiment contre certaines personnes. » Stair proteste contre ces blessantes insinuations. Il méritait, dit-il, sous tous les rapports, d'être mieux traité. Si l'on continue , il sera obligé de parler pour se justifier. Quel procédé blessant que de divulguer ses lettres confidentielles! A ce compte,

il sera difficile de trouver des ambassadeurs. Et, vraiment, après la manière dont on a agi envers moi, je ne m'étonne pas de voir si peu d'amis à nos ministres1, puisqu'ils ont si peu d'égards et de ménagements pour ceux qui s'attachent à leur parti.

« Relativement à M. Law, je n'ai aucun mauvais vouloir contre lui ; mais je le considère comme un dangereux ennemi de ma patrie...

« Quant à mon rappel, si, par hasard, j'avais conçu l'idée de séjourner dans ce pays-ci, vous l'avez rendue impraticable. Vous avez pris tous les moyens imaginables les plus efficaces pour détruire le crédit que j'avais personnellement auprès du Régent. Vous avez rendu évident à ses yeux que je n'ai pas de crédit auprès du roi, c'est-à-dire auprès de ses ministres. L. Stanhope a déclaré à M. Law que je serai rappelé. Ce n'est donc plus une question. Yous êtes dans la nécessité d'envoyer un autre ministre à cette cour.

« Quant à la façon de mon rappel, je n'ai nulle envie de faire la grimace 2 de le demander pour quelque motif supposé. Je vous déclare qu'à mon retour, je n'attends rien. Je ne crains rien. » Il réitère d'ailleurs qu'il sera toujours un fidèle serviteur du roi et qu'il se comportera en homme chez qui le patriotisme est au-dessus de toute autre considération 8. »

Six jours après cette lettre, le 20 février, Stair demande formellement son rappel, « parce qu'on a jugé qu'il convenait aux intérêts du Roy que le ministre de S. M. à cette cour soit en étroite liaison et en amitié avec M. Law, et

Page 1