‹ Le RégentChapitre 110 sur 196 · Sévelinges, t. I, p. 311 et suiv · texte numérisé non relu

Sévelinges, t. I, p. 311 et suiv

2. L. Stair à Craggs, Paris, 22 février 1720. En français. Rec. O/f., France, Vol. 361. Hardwicke Papers, vol. II, p. 607, 608.

En effet, il munit son ambassadeur de la lettre suivante pour George, véritable épître comminatoire en date du 23 février (1720).

« Monseigneur, J'envoye en diligence le comte de Senectere auprès de Votre Majesté pour lui représenter la situation dangereuse où m'a jette la réponse qui a été faite au nom de Y. M. sur la restitution de Gibraltar. Depuis que l'abbé Dubois m'eut écrit d'Angleterre que Y. M. lui avoit dit qu'elle me permettoit d'offrir cette condition au roy d'Espagne, je l'ay fait renouveller à ce Prince jusqu'à ce jour dans toutes les occasions qui se sont présentées, et même dans les manifestes que j'ai fait publier et répandre dans toute l'Europe.

« Ainsi je. consentirois aussi tost à ma perte entière qu'au déshonneur de manquer à un engagement si public, et je suis persuadé que, sans cette condition, l'Espagne essuyeroit encore des extrémités et qu'inutilement nous nous flatterions de consommer incessamment votre grand ouvrage de la paix.

« V. M. sait mieux que personne le prix de la fidélité et de la bonne foi, puisqu'elle s'est toujours distinguée par ces grandes qualités. Mais elle juge bien que si on pouvoit m'accuser en France d'y manquer dans cette occasion, je perdrais toute ma considération et tout mon crédit dont j'ai tâché toujours de faire usage autant pour l'interest de l'Angleterre que pour le mien.

« Déjà sur ce qu'on a su de la réponse de vos ministres par M. de Penterriedter et par la Hollande, j'essuye ici des discours fâcheux, et j'ai des motifs très puissans de suplier instament Y. M. de prendre les mesures que ses bontés pour moi et sa sagesse lui inspireront pour faire cesser cette importante difficulté et d'estre persuadée que je suis1.... »

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