Envoyé le 20 mars à M. de Senneterre, à Londres
où il s'efforçait de présenter la promesse du duc d'Orléans au roi d'Espagne comme l'exercice d'un droit acquis en raison des services qu'il avait rendus à George Ier en épousant sa querelle contre Philippe V.
« Quoique les engagements pris par le Roi de la Grande- Bretagne avec l'Empereur par le traité conclu entre eux le 25 may 1716, eussent plus de part à l'envoy et aux hostilités de la flotte anglaise dans la Méditerranée que les mesures prises parla Quadruple-Alliance, le duc d'Orléans, pour ne pas laisser l'Angleterre dans le danger, a déclaré la guerre à l'Espagne ». Le mémoire rappelle les diverses circonstances où le duc s'est bien montré pour l'Angleterre, et aborde ensuite le chapitre de la récompense qu'il se croyait fondé à en attendre.
Le roi avait dit à Dubois, le 10 mai 1718, que le Régent pouvait offrir Gibraltar au roi d'Espagne, s'il voulait accepter la paix ; et le Régent l'avait insinué à Alberoni, après permission du roi ; il pensait ébranler l'obstination de ce ministre.
Cette offre, le Régent l'avait renouvelée; car, depuis, rien ne lui avait donné lieu de croire que le roi d'Angleterre eût changé de sentiment, surtout que la France avait le plus combattu et dépensé dans la guerre. Il était constant, affirmait Dubois, que la France n'avait été menacée d'une guerre civile qu'en haine des engagements pris avec le roi d'Angleterre pour la Quadruple-Alliance. Le Régent réclamait donc l'exécution de la promesse faite, comme à un prince ami entre les mains duquel il pouvait déposer sa gloire et son honneur \
Dubois, pour le besoin de sa cause, allait trop loin. Car à prendre son plaidoyer au pied de la lettre, le duc d'Or-