‹ Le RégentChapitre 119 sur 196 · Rappelons la date : Hanovre 1er octobre · texte numérisé non relu

Rappelons la date : Hanovre 1er octobre

2. Schaub au colonel W. Stanhope à Madrid, Londres 17 (28) nov. 1720. En français. L. Manon, vol. Il, p. 392.

ment et simplement, sans vouloir entendre parler de rachat au moyen d'un équivalent. Ainsi posée, la question était insoluble.

La diplomatie anglaise ayant marché droit devant elle, conformément au génie de L. Stanhope, se voyait donc arrêtée court. Elle comprit que mieux valait s'entendre avec la France.

Le Régent, de son côté, cheminant d'abord par de tout autres voies, arrivait à l'égard des Anglais à la môme conclusion que les Anglais à l'égard de la France.

Au lieu d'attaquer de front, il avait opéré de savantes approches et tourné la position en se couvrant encore une fois du duc de Parme, par les mains duquel il avait naguère renversé Alberoni. Mais le prince italien pour qui toute la politique tenait dans le duché de Parme, traça un plan consistant à chasser les Autrichiens de l'Italie et, par conséquent, à renouveler la guerre générale, ainsi que le fit observer Dubois en déclinant ce métier de dupe (novembre 1720). Alors le Régent se rabattit sur des tentatives de négociation directe avec Philippe V pour une alliance entre les deux couronnes. Elles rencontrèrent chez le roi un accueil empressé, le vif désir d'un traité qui resterait secret; mais, de ce côté-là aussi, des exigences inacceptables, en ce qu'elles tendaient, comme celles du duc de Parme, à rallumer la guerre. Le Régent, sans se décourager, prit la peine de les discuter point par point. Quant à Gibraltar, éclairé enfin, il représenta au roi d'Espagne combien il importait de ne pas faire naître au parlement d'Angleterre des difficultés qu'il serait impossible de sur-

monter, quand même, disait-il finement, le roi de la Grande-Bretagne serait disposé à accorder au rétablissement de la bonne intelligence avec l'Espagne ce qu'il avait accordé au désir de prévenir la guerre *.

En même temps, il insinua l'idée d'un traité entre les trois puissances, Espagne, France, Angleterre, et promit d'y concourir « avec force » (décembre 1720). Il désirait que le roi d'Angleterre intervînt comme garant, car il craignait quelque soudaine incartade de Philippe Y, telle qu'un mariage du prince des Asturies avec une archiduchesse d'Autriche, dont, en effet, il avait été question2. De même, le gouvernement de George voulait à la fois ôter définitivement au Prétendant toute chance d'appui de l'Espagne à l'avenir; et de plus, par une entente avec cette dernière, empêcher l'Autriche de ranger finalement sous sa dictature l'Italie, où il l'avait rendue déjà trop puissante. Mais alors, instruit par l'inutilité de. ses efforts séparés pour se concilier cette cour de Madrid, si récalcitrante, il comprit qu'il n'aboutirait à rien, à moins de combiner ses démarches avec celles de la France. Du reste, la situation de l'Angleterre à l'intérieur lui en faisait une nécessité : c'était le moment de la chute de la Compagnie de la Mer du Sud, scandale épouvantable, moralement pire encore que la chute du système en France; et aux communes, un déchaînement de fureurs inouïes que la forme du gouvernement rendait extrêmement dangereuses. Comment y parler de restituer Gibraltar? Au moins à Paris, le Régent, aux prises aussi avec sa crise financière, n'avait-il à craindre tout au plus que les passagères émotions de la rue.

Stanhope se décida à lui demander de lui faire crédit d'un délai sur le chapitre de Gibraltar et de l'aider à en

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